Mr P. Lannoye
I- LES PREMIERS TRAVAUX ET LEUR
REPRISE
II- LA RECHERCHE PHYSICO-CHIMIQUE
III- DIRECTIONS ACTUELLES DE LA RECHERCHE EXPERIMENTALE DANS
LE MILIEU VIVANT
IV- LE GIRI
V- CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE ET RECENSEMENT DES DIFFERENTES PUBLICATIONS
I- LES PREMIERS TRAVAUX ET LEUR REPRISE DANS DES EXPERIMENTATIONS ACTUELLES
Jusqu'aux années 1950, beaucoup de chercheurs souvent isolés, aux moyens limités,
vont fournir des travaux restés le plus souvent sans lendemain. Au travers des
critères scientifiques d'aujourd'hui, aucun de ces travaux, excepté celui de
Boyd, ne peut être retenu comme significatif ou déterminant. Tous cependant
ont contribués à faire évoluer les mentalités . Ils nous ont fait comprendre
que la recherche clinique qui doit permettre de vérifier la doctrine, ne nous
donnera jamais d'explications sur les mécanismes d'action des remèdes homéopathiques.
Ce n'est que par l'expérimentation pharmacologique de laboratoire, en acceptant
la simplification de son approche, que l'on est capable de démontrer et d'étudier
l'activité biologique de ces remèdes. La notion de maladies chroniques engendrée
par des miasmes et celle de l'énergie vitale sont des interprétations théoriques
établies à partir d'observations empiriques qu'il est impossible de vérifier
aujourd'hui par l'expérimentation scientifique induite par une explication mécanistique
des phénomènes. Dans cette logique, ce sont donc la notion d'infinitésimalité,
le principe de similitude puis l'utilisation de l'identique ont inspiré la plupart
des travaux et sont à l'origine de tous les expérimentations.
Trois types de modèles expérimentaux antérieurs aux années cinquante sont repris
actuellement. Les nouvelles publications, postérieures aux années 80, présentant
bien sur toutes les garantie nécessaire à la validation des travaux: utilisation
de témoins, interprétations mathématiques des résultats... Il s'agit de travaux
portant sur la croissance de jeunes plantules, d'études en enzymologie et d'obser-vations
réactionnelles sur des organes isolés. Respectivement en 1923 et 1928, en Allemagne
puis en Suisse, Mme Kolisko publie en deux opuscules les résultats de ses recherches
sur l'influence de dilutions homéopathiques de nitrate d'argent, de sulfate
de fer, de cuivre et de trioxyde d'antimoine sur le développement de grains
de blé et d'autres semences. Elle arrose les graines tous les deux jours avec
des solutions diluées de sel de cuivre jusqu'à la 30 DH. Au bout de 15 jours
les plantules sont enlevées du pot, mesurées et pesées. Les jeunes pousses arrosées
avec de l'eau distillée servent de contrôle. Elle constate que la croissance
est tantôt favorisée, tantôt défavorisée par des dilutions croissantes. Dans
sa seconde expérience Mme Kolisko utilise avec succès jusqu'à des 180 DH. L'observation
des courbes obtenues peut laisser la désagréable impression de l'enregistrement
d'un simple "bruit de fond", aucune analyse mathématique sérieuse n'accompagnant
les résultats rapportés Dès 1928 ces travaux sont repris et confirmés par Junker.
Ils le seront à nouveau par Pélican et Unger en 1971 de façon rigoureuse avec
fiabilité de l'étude statistique et reproductibilité des résultats. Ils étudient
l'action de dilutions de nitrate d'argent sur la croissance des grains de blé.Chaque
dilution de 8 à 19 DH est expérimentée 40 fois par rapport à un lot témoin.Ils
observent toujours le même type de courbe en trois parties: une phase ascendante
de la 8 DH à la 14 DH fortement potentialisatrice, une phase décroissante jusqu'à
la 16 DH qui est sans effet significatif, une phase ascendante nouvelle de la
16 DH jusqu'à la 18 DH. L'aspect pseudo-sinusoïdal de la courbe d'activité est
plus significatif que dans les travaux princepts de Mme Kolisko. Quand ils reprendront
cette étude en 1980, Jones et Jenkins confirment ces résultats. Dans cette publication,
les auteurs constatent également l'efficacité de dilutions décimales et centésimales
de carbonate de potassium. Les résultats diffèrent pour une même concentration
théorique, ce qui souligne les pénomènes toujours non résolus de l'influence
de la dynamisation. Les travaux de Mme Kolisko sont partiellement repris par
Pongrantz et coll. en 1992. Les auteurs observent une stimulation de croissance
de la tige des plantules avec une 24 DH de nitrate d'argent. Avec des dilutions
d'acide indole butyrique, un facteur de croissance, la courbe dilution / réponse
de développement des racines de plantules de Tradescantia présente un aspect
pseudo-sinusoidal pour des dilutions comprises entre 13 et 33 DH. Frappé par
les résultats obtenus par Persson, qui étudiait l'influence de dilutions homéopathiques
de substances chimiques sur des vitesses de réactions enzymatique, Boyd entre
en correspondance avec ce dernier dès 1934 et établit un plan de recherche.
Les expérimentations de Boyd sur les systèmes enzymatiques sont effectuées dès
1937 dans des conditions très rigoureuses impliquant un contrôle de la propreté
du matériel, une formation des techniciens, de nombreux contrôles expérimentaux
et des analyses statistiques. Pendant plusieurs années, Boyd observe l'activité
de dilutions allant de la 9 DH à la 60 CH de chlorure mercurique sur l'amylase.
Ce remarquable travail avec des courbes dose-réponses à l'allure "sinusoïdale"
mainte fois retrouvée dans les travaux les plus récents reste un modèle toujours
d'actualité. D'autres travaux sur des systèmes enzymatiques seront ensuite effectués
notamment par Krauss, Aubin et coll. dans les années soixante mais dans ces
expérimentations les analyses statistiques n'ont pas été effectuées. En 1986,
Dubost et coll. étudient l'influence de dilutions de nitrate mercurique sur
la cinétique d'une réaction chimique enzymatique partiellement bloquée par ce
toxique administré à dose pondérale. Les auteurs prennent comme modèle l'oxydation
du gaïacol lors de la décomposition de l'eau oxygénée par une peroxydase. Les
résultats négatifs observés dans ce protocole expérimental amènent les auteurs
à conclure à que le phénomène homéopathique ne peut vraissemblablement être
mis en évidence que chez des organismes vivants, à partir du moment où un "soi"
existe.
On peut associer a ce niveau de réflexion les travaux de Petit et coll. qui
concernent l'inhibition de plusieurs activités enzy-matiques par des toxiques
dilués au niveau d'organites cellulaires isolés ( appareil de Golgi, microsomes
...). Ce travail confirme que les principes de l'homéopathie ne peuvent être
vérifiés que sur du matériel vivant organisé et non sur des organites .
En 1990, Kretschmer et Harish obtiennent des résultats positifs dans un protocole
ou des remèdes homéopathiques sont administrés par voie intra-péritonéale chez
le rat. Des analyses biochimiques sont effectuées aprés le traitement sur des
cellules prélevées et isolées. Des dilutions 12 DH d'Arsenicum album et de Ferrum
phosphoricum présentent une activité significative sur l'activité enzymatique
des glucosaminidases et des protéases lysosomales.
Le Dr Jarricot s'occupera dès les annès 1925 et pendant plus de 30 ans de recherches
expérimentales sur les dilutions homéopathiques1. Il a le premier l'idée de
travailler sur des organes isolés, un protocole expérimental particulièrement
intéressant aujourd'hui repris par de nombreux auteurs. Jarricot étudie plus
particulièrement dans les années 30 l'action de dilutions de vératrine et obtient
des résultats sur les contractions du coeur de tortue, du coeur isolé et du
muscle gastrocnémien de la grenouille.
En 1981, Pennec étudie les effets de hautes dilutions(10-5 à 10-10 M ) d'aconitine
et de vératrine sur le coeur isolé d'anguille puis sur sur le coeur isolé de
rat moins résistant mais moins soumis aux variations individuelles. Il observe
une intoxication sévère avec la plus faible dilution ( 10-5 ) acompagnée de
tachycardie et une légère bradychardie avec une dilution de 10-7. Nous pouvons
déjà dire que ce travail illustre la "Loi" d'Arndt-Schultz sur laquelle nous
reviendrons. D'autre part, l'auteur rétablit la durée normale du cycle cardiaque
d'un coeur préalablement intoxiqué par de fortes doses de vératrine ou d'aconitine
en utilisant des dilutions 9 CH du même toxique. Aubin, Bildet et coll., afin
de compléter une étude précédente de 1974 sur Phosphorus, placent des fragments
de foie de rat en culture organotypique sur milieu artificiel après intoxication
par le tétrachlorure de carbone. Lors de cette étude en double aveugle, les
dilutions de Phosphorus 7 et 15 CH entraînent une régression des caractères
cytologiques de l'intoxication dans respectivement 21 et 27% des cas. Ce travail
à l'aube des années 1980 confirme le travail précédent des auteurs effectué
sur l'animal entier en application du principe de similitude mais aucune étude
statistique n'a été effectuée. En neurobiologie, deux types d'expérimentations
sont réalisées dans le but de préciser l'impact des dilutions homéopathiques.
Ils prennent en compte la notion de récepteurs et le devenir de neuromédiateurs.
Une partie de ces travaux concerne la technique de l'organe isolé En 1980, Pacheco
et coll. étudient l'action de Gelsemium sur la capture des neurotransmetteurs
au niveau de préparations synap-tosomales de différentes fractions du cerveau
de rat. Différents auteurs ont montré que l'action pharmacologique des neuroleptiques
se faisait à ce niveau de capture des neurotransmetteurs. Le parallélisme qui
existe entre les indications de certains neuroleptiques et l'emploi de Gelsemium
selon la matière médicale homéopathique ont amené les auteurs à étudier l'effet
de la teinture mère de Gelsemium et de ses dilutions sur la capture de différents
neuro-transmetteurs: noradrénaline , dopamine et sérotonine. Les auteurs tentent
de vérifier si les dilutions homéopathiques agissent selon un mécanisme biochimique
mis en évidence avec certaines substances utilisées à dose pondérales. Une première
série d'expérimentations est effectuée "in vitro": à partir de différentes fractions
du cerveau (cortex, tronc cérébral, mésen-céphale, hypothalamus). Les auteurs
étudient l'inhibition du recaptage. Pour les dilutions allant de 10-2 à 10-5,
on enregistre une inhibition de recaptage des trois neuromédiateurs par les
différentes fractions cérébrales. Par contre, pour des dilutions plus élevées,
10-7 à 10-11, on constate au contraire un accroissement de recaptage se traduisant
par une disparition plus rapide du médiateur. Cela revient à dire que l'effet
optimal se trouve entre la 4 et la 5 CH, ce qui confirme les observations de
divers auteurs ayant étudié ce remède en psychopharmacologie. Les travaux se
poursuivront ensuite "in vivo"avec utilisation de la teinture mère de Gelsemium
sur des rats.
En 1981, Guillemain et coll. étudient les liaisons "in vitro"de dilutions d'Ignatia
et Strychninum aux récepteurs glycinergiques. Le rôle des acides aminés en tant
que neuromédiateurs est connu. Parmi eux, la glycine possède exerce un effet
sédatif, inhibiteur au niveau de la moelle et du tronc cérébral. Il possède
comme antagoniste spécifique la strychnine. Par ailleurs il est démontré qu'il
existe une bonne corrélation entre le nombre de sites récepteurs occupés par
la strychnine marquée "in vitro" et les manifestations "in vivo" chez l'animal.
Les auteurs observent que'"in vitro" (sur culot d'ultracentrifugation de moelle
osseuse de rat permettant d'isoler des membranes synaptiques), des dilutions
3 DH d'Ignatia et 3 CH de Strychninum entraînent un déplacement de la strychnine
marquée présente sur les récepteurs glycinergiques. D'après ce travail les dilutions
agiraient au niveau des récepteurs spécifiques de la glycine et les auteurs
tentent une généralisation:"un message chimique ne peut être reçu que s'il existe
au niveau cellulaire un site sensible ou récepteur sur lequel les substances
actives peuvent se fixer". En ce qui concerne les dilutions supérieures à la
limite du nombre d'Avogadro, il est certain que d'autres mécanismes ou d'autres
"types" de récepteurs " sont concernés.
En 1990, A Cristea et coll. conduisent des expérimentations sur le modèle classique
en pharmacologie de l'intestin de rat isolé et conservé dans un liquide de Thyrode.
Des fragments de deux centimètres de duodénum sont maintenus à 37°C et oxygénés.
L'activité motrice est enregistrée sur un cylindre tournant. L'action de dilutions
successives de Belladonna préparées soit classiquement, soit par la méthode
centésimale hahnemannienne est observée dans le milieu de survie seul ou enrichi
par de l'acéthylcholine. Cette dernière engendre un spasme qui se traduit à
l'enregistrement par un plateau. Sur le tonus normal du duodenum, les dilutions
classiques non agitées de Belladonna présentent une activité monophasique d'hypotonicité
et sont actives jusqu'à 10-12 M c'est à dire l'équivalent d'une 6 CH. Les dilutions
dynamisées présentent une activité biphasique: hypotoniques jusqu'à la 25 CH,
hypertonique au delà. Sur le spasme induit par l'acéthylcholine, les dilutions
homéopathiques présentent une action polyphasique se traduisant par une courbe
d'activité de type pseudo-sinusoïdale, la 75 ch permettant la plus forte potentialisation
du spasme et la 200 CH présentant le plus grand effet d'antagonisation de ce
même spasme. Sur un fragment d'intestin préalablement traité par une dilution
1 CH de Belladonna induisant une réaction d'hypotonicité, des dilutions de 5
à 200 CH de Belladonna provoquent une réduction sensiblement identique de cette
hypotonicité. Les dilutions non dynamisées sont sans effet. Les auteurs, dans
leurs conclusions insistent sur plusieurs points: - l'inversion d'effet, l'action
polyphasique n'est observée que pour des préparations dynamisées - la dynamisation,
potentialise l'activité d'une dilution -seules les dilutions dynamisées sont
actives au delà de la fameuse limite du nombre d'Avogadro -seules les dilutions
dynamisées permettent de vérifier l'action de l'identique en très hautes dilutions.
Tout se passe comme si la dynamisation apportait une nouvelle forme d'information
spécifique à laquelle la matière vivante est sensible. Ce travail très intéressant
mérite comme c'est toujours le cas d'être repris par d'autre équipes pour se
voir confirmer. La chose est d'autant plus facile que le protocole expérimental
est simple.
En 1991, Hadji, Arnoux et Benveniste reprennent le modèle du coeur isolé. Ce
travail n'est que partiellement publié et nous faisons référence au résumé des
travaux accepté au Faseb. Les auteurs attendent que d'autres équipes spécialisées
dans le domaine de la physiologie cardiovasculaire puissent confirmer leurs
résultats. Les auteurs se placent dans la cadre d'une recherche sur les très
hautes dilutions uniquement. Ces travaux étant susceptibles aujourd'hui d'intéresser
des chercheurs n'ayant aucune "sensibilité" pour l'homéo-pathie, les concentrations
ne sont plus exprimées en CH mais en logarithme: exemple, une concentration
log 30 correspond à une 15 CH. Le titre du poster présenté au Faseb s'intitule:
" Effet de l'histamine diluée sur le flux coronarien du coeur isolé de cobaye.
Inhibition des champs magnétiques" Citons les auteurs : "Que les expériences
soient réalisées en ouvert ou en aveugle, le flux coronarien de coeurs isolés
de cobayes perfusés selon la préparation de Langendorff, a augmenté de 32,6
± 4,5% après injection d'un pool de dilutions d'histamine log 31-41 réalisée
à partir d'une concentration d'histamine 1 mM (log 31-41 équivaut à un mélange
équimoléculaire de 11 dilutions de 10-31 à 10-41 M)". En 1992, le Docteur Benveniste,
lors d'un congrès médical homéo-pathique1 confirme son précédent travail et
précise que des modifications de tension maximale et de fréquence cardiaque
sont enregistrées sur le coeur de cobaye ou de rat lors de l'injection de hautes
dilutions d'histamine et de sérotonine. Ces résultats sont confirmés par deux
équipes de pharmacologues indépendants de son unité de recherche. Sur des coeurs
provenant d'animaux convenablement immunisés au préalable par de l'ovalbumine,
un pool de dilutions d'ovalbumine (log 31-41) provoque également une augmentation
de débit des artères coronaires. L'auteur démontre ainsi qu'une réaction anaphylactique
locale peut être déclenchée par des hautes dilutions de l'antigène. De nombreux
contrôles ont été mis en oeuvre dans cette série d'expérimentations.
En 1992, Ruff présente les premiers travaux de son équipe concernant l'effet
de différents agents pharmacologiques en hautes dilutions sur la broncho-motricité.
Il teste des b sympathomimétiques comme l'Isoprotérénol, le Salbutamol et le
Tulobutérol sur des fragments isolés de trachée de cobaye et de bronches humaines
prélevées sur des pièces d'exérèse chirurgicales. L'arbre respiratoire contient
électivement des récepteurs qui peuvent être stimulés par des agonistes spécifiques,
les sympathomimétiques qui vont être responsables d'une relaxation des muscles
lisses des voies aériennes. C'est cette relaxation trachéo-bronchique qui prévient
ou inhibe la bronchoconstriction induite par un conflit antigène-anticorps.
Ce travail est réalisé sur des modèles couramment utilisés in vitro ou ex vivo
pour le screening pharmacologique de molécules broncho-constrictives ou bronchodilatatrices.
Les expérimentations sont en cours et les résultats, pour l'instant ne portent
que sur le relâchement du tonus de base et ne concernent pas le relâchement
d'un organe contracté.. Les trois molécules étudiées entraînent une diminution
du tonus de base pour de très hautes dilutions.
II - LA RECHERCHE PHYSICO - CHIMIQUE
De nombreux auteurs ont eu l'idée de contrôler l'influence de divers facteurs
physico-chimiques sur les modèles expérimentaux qu'ils ont mis au point. Ainsi
ont été relevés l'influence de la chaleur, du mode de dilution, de la distillation,
des ultra - sons et du champ magnétique dans un nombre considérable de publications.
Le problème est qu'aucun modèle n'est encore assez fiable pour être repris aisément
par d'autres équipes de chercheurs, ce qui limite en intéret ces observations.
L'analyse physico chimique des remèdes suit les progrès technologiques modernes.
En quarante années, nous sommes passés de l'utilisation des radio - isotopes
a l'interprétation des spectres de la RMN.
Dès 1945, Daudel et Robillard retrouvent la trace de molécules marquées avec
des indicateurs radio-actifs jusqu'à la 9 CH d'une dilution de bromure de Potassium.
En 1954, Bonnet-Maury et coll. en employant la même technique étudient des dilutions
korsakoviennes de l'acide phosphorique. Ils détectent la présence de substance
radio-active après la 1000ème dilution, à laquelle on ne devrait plus trouver
de trace de l'acide phosphorique. les auteurs supposent l'existance de phénomènes
d'adsorption de la solution mère sur la parroi du flacon.
Deux physiciens vont mettre au point des appareils jugés trop complexes aujourd'hui
si l'on envisage tous les paramètres qu'il faut maîtriser. En 1948, Gay mesure
avec un appareillage très complexe les variations de la constante diélectrique
entre des dilutions de solvant pur et des dilutions de Natrum muriaticum. L'auteur
déclare reconnaître une dilution 27 CH de Natrum et une dilution 27 ch de solvant
en affichant une reproductibilité parfaite du phénomène. Heintz avait étudié
dès 1942 des dilutions d'une quinzaine de souches différentes en spectroscopie
infra-rouge. Il avait observé des variations d'absorption mais l'année suivante
il réfutait ses obervations lui même, persuadé de ne pas maîtriser tous les
paramètres. En 1960, il étudie d'abord le comportement de divers animaux d'aquarium
face à des hautes dilutions de substances odorantes. Il trace des courbes d'attraction/répulsion.
Ensuite, il mesure, à l'aide d'un appareil de sa fabrication dérivé de la technique
du pont de Weatstone, l'activimètre, les variations de force électromotrice
engendrées dans le système par des concentrations variables de solutions salines
hautement diluées. Il effectue un tracé qu'il compare avec ses courbes précédentes
est il est frappé par l'analogie entre les deux types de courbes d'aspect pseudo-sinusoïdal
qu'il interprète comme une correspondance d'effet. Il va emmettre une hypothèse
intéressante en affirmant que les variations enregistrées par son activimètre
sont en rapport avec le degré d'hydratation des ions de la solution. L'eau directement
en contact avec un ion a une autre structure que l'eau témoin et les efets obtenus
au delà du nombre d'Avogadro s'expliqueraient par des dilutions de cette eau
structurée dans le témoin.
Luu et coll. utilisent la spectroscopie Raman-laser dès 1974. Ils étudient les
variations du spectre de l'éthanol à 70° sous l'effet des dilutions successives
de deux substances, Bryonia et Aesculus, de la 1 CH à la 30 CH.en prenant comme
critère les cinq raies les plus caractéristiques de l'éthanol, ils observent
avec Bryonia trois zones distinctes: de 1 CH à 7 CH accroissement progressif
de l'intensité correspondant à la déconcentration moléculaire proposée, de 7
CH à 10 CH maintient de l'intensité en plateau, de la 10 CH à la 30 CH: décroissance
lente de l'intensité sous la forme d'une courbe arrondie. Hors théoriquement
l'intensité aurait dû continuer à s'élever. Selon Mme Luu, ces variations spectrales
seraient dues à des variations de la constante diélectrique de l'éthanol qui
serait elle même le reflet de la nature du principe actif et de la hauteur de
la dilution. Dans une seconde expérience, en utilisant Aesculus, Mme Luu observe
une influence du nombre de dynamisations dont le nombre optimal dans les conditions
expérimentales serait de 275. Hélas les résultats des travaux de Mme Luu n'ont
pu être confirmés. Ces travaux se sont avérés non reproductibles, notamment
lors de travaux réalisés à Reims par V.Sportouch en 1986.
Dans les années 1960, Boericke et Smith effectuent aux USA des travaux en résonance
magnétique nucléaire (RMN). Ils observent successivement. a) qu'une dilution
12 DH de soufre exerce un effet différent du solvant (éthanol 87%,eau 13%).
b) qu'une dilution 30 CH de soufre entraîne des modi-fications du spectre du
groupement hydroxyle (OH) par rapport au solvant. c) qu'une dilution de 30 CH
de triacétate de bradykinine présente des modifications du spectre des groupements
OH sous l'effet de dynamisations successives de cette même dilution. Selon les
auteurs, il pourrait s'agir d'une modification physique du solvant due à la
formation de polymères stéréospécifiques. Ces travaux ont été menés sans étude
statistique. De 1965 à 1978, Baranger et Filler mesurent l'efficacité thérapeutique
de dilutions de cantharidine réputée pour avoir des propriétés anti-leucémiques
sur la lymphomatose ou leucémie aviaire du poulet induite par injection du virus
ES 4. Ils obtiennent 50% de guérison avec l'utilisation de la 10 CH et étudient
alors l'effet de dilutions identiques de neufs analogues structuraux de la cantharidine.
Ils observent ainsi que de faibles modifications de structures comme une double
liaisons ou l'adjonction d'un radical méthyl entraînent une perte totale d'activité
du produit. L'activité des médicaments homéopathiques serait donc reliée directement
à la structure moléculaire des constituants. Sur le même modèle, ils observent
une meilleure activité des dilutions préparées en milieu aqueux que de celles
effectuées en milieu alcoolique (éthanol à 90°). Toujours sur le même modèle,
les auteurs observent l'action continue mais de type périodique des dilutions
de cantharidine sur le délai de survie des animaux jusqu'à la 45 CH.
Il faut attendre 1989 pour trouver une nouvelle publication . Une équipe de
chercheurs, Lasne, Duplan, Fenet présentent le résultat de 7 années d'observation
en RMN (Résonnance Magnétique Nucléaire). Ils sont aidés dans ce travail par
Picard. Les auteurs mesurent les effets de la résonance magnétique nucléaire
sur les dynamisations homéopathiques. La structure intrinsèque des solutions
aqueuses à examiner s'effectue par la mise en vibration des protons du liquide
à examiner par bombardements avec des ondes magnétiques de longueur variables
et que l'on impose pendant un temps très court. On mesure le temps de retour
du proton à la stabilité: c'est le temps de relaxation. On distingue le temps
de relaxation longitudinal T1 ou spin-réseau et le temps de relaxation transversal
T2 ou spin-spin. Les mesures ne concernent dans ce travail que la mesure des
T2. Il est procédé à l'examen de Sulfur, Histaminum, Kali iodatum. sur 5 dynamisations;
4, 7, 9, 15, 30 CH. Il en ressort deux notions fondamentales. Les auteurs observent
une variation importante des réponses en fonction de la hauteur des dynamisations,
avec une reproductibilité statistiquement significative. Ils constatent des
différences significatives dans les réponses entre des dynamisations identiques
faites à partir de substances mères différentes, ce qui nous permet de dire
qu'il est possible de dresser une cartographie factorielle pour chaque substance
de la matière médicale. Ils effectuent ensuite des variations de mesures en
changeant tour à tour les paramètres: en prenant des points de mesures plus
rapprochés, latracé devient chaotique, une agitation en colonne"vortex" ne donne
pas du tout la même réponse qu'une succussion faite selon les préconisations
d'Hahnemann, la même substance, dynamisée dans un flacon à paroi dure (verre)
et dans un flacon à paroi souple ( téflon ) ne donne pas la même réponse en
RMN. D'autre part,15 minutes d'exposition à l'ensoleillement suffisent pour
ramener au niveau de l'eau , le signal fourni par une dilution homéopathique.
Même remarque après exposition aux ultra sons. Si on soumet les dynamisations
à des températures croissantes, on retrouve entre 80 et 100 °C un temps de relaxation
T2 identique à celui de l'eau de référence. les variations de champs magnétiques
n'entraînent aucun changement des profils de T2. Le plus important à noter est
que des atténuations korsakoviennes donnent des T2 toujours nettement supérieure
à celui que l'eau de référence. Les auteurs émettent des hypothèses. a) La dynamisation
fabrique des amas de molécules d'eau liées entre elles par des pont hydrogène.
b) L'organisation dans l'espace de ces amas est spécifique du corps chimique
qui a été mélangé à l'eau pure. Il y a une organisation spécifique pour chaque
"remède de la matière médicale. c) Au fur et à mesure des dynamisations ces
amas évoluent sous forme de contraction puis d'explosion suivie d'une nouvelle
contraction.
En 1992, Demangeat et coll. rapportent dans le Medical Nuclear Biophysic Journal,
leurs observations sur le temps de relaxation RMN des protons du solvant dans
les très hautes dilutions salines de silice/lactose. Ce travail concerne la
comparaison des deux temps de relaxation T1 et T2. Une élévation du temps de
relaxation T1 du proton à 4 MHz sans variation significative de temps de relaxation
T2 est observée par rapport au solvant Nacl o,9 % dans des hautes dilutions
d'un mélange silice/lactose préparée selon la pharmacopée homéopathique française.
Le lactose n'est qu'un excipient dont l'absence d'activité a été vérifiée préalablement.
Les temps de relaxation T1 et T2 des protons de l'hydrogène, ainsi que leur
rapport T1/T2 sont liés à la dynamique des molécules d'eau.T1 est égal à T2
dans l'eau liquide à température ambiante. L'abaissement de température ou l'introduction
d'un soluté provoquent une organisation des molécules d'eau qui accélère la
relaxation de façon différentielle: T2 diminue d'avantage que T1 et le rapport
T1/T2 s'élève. Ce sont des modifications d'autre nature, significatives du point
de vue statistique, que les auteurs décrivent. Comparant Nacl O,9% à l'eau d'une
part et silice/lactose à Nacl O,9% d'autre part, les temps de relaxation paraissent
d'amplitude équivalente mais d'autre nature dans les deux cas. La présence du
soluté élève le rapport T1/T2 dans les deux cas mais le paramètre affecté n'est
pas le même. Il existe également un comportement opposé avec le hauteur de dilution.
Les facteurs physiques capables d'influencer l'opération sont analysés et leurs
effets sont compensés par des précautions prises pendant le déroulement du protocole
expérimental. L'oxygène atmosphérique dissous dans les échantillons étant un
puissant agent de relaxation du proton, les manipulations sont effectuées sous
hotte à flux laminaire à température constante et équilibrée, dans un délai
très court et dans du matériel nettoyé par des solvants du même lot. On évite
toute intrusion d'air. Les résultats tiennent compte des variations de la pression
en oxygène liées à l'agitation des solutions à diluer au vortex ainsi que de
la variation journalière de la pression atmosphérique. Des résultats significatifs
sont observés jusqu'à log (dilution) = 30 c'est à dire une 15 CH, ce qui correspond
à 10 -17 mol/l de silice et 10 -15 mol/l de lactose Cette étude met en évidence
des modifications du temps de relaxation T1 et du rapport T1/T2 de NaCl 0,9%
en présence de très hautes dilutions de silice.et de lactose. Les auteurs démontrent
que les résultats constatés ne peuvent pas s'expliquer par un effet magnétique
direct du soluté silice/lactose. Il faut rechercher d'autres explications. Les
modifications observées (T1 et T1/T2 élevés, T2 inchangé pour les dilutions
silice/lactose) sont inattendues. La valeur de T1, trouvée nettement plus élevée
que dans l'eau pure, semble en faveur d'une déstructuration de l'eau, alors
que l'élévation de T1/T2 suggère l'inverse. Ces résultats paradoxaux conduisent
les auteurs à une analyse critique du protocole expérimental qui les conduit
à affirmer qu'il n'y a pas de biais expérimental évident à l'origine de l'élévation
isolée du T1 au delà de la valeur de l'eau pure dans les dilutions salines du
mélange silice/lactose. Une explication doit être recherchée au niveau de facteurs
susceptibles de modifier différentiellement T1 et T2. Selon les auteurs, quatre
facteurs peuvent être évoqués: 1) le pH ne peut être retenu puisque seul T2
est pH-dépendant; 2) les substances paramagnétiques; 3) l'oxygène moléculaire
dissous par une réduction des effets relaxants: par exemple comme conséquence
d'une diminution de la solubilité de l'oxygène ou d'une adsorption de cet oxygène
et éventuellement des ions paramagnétiques contaminant NaCl par les particules
de silice ou par des agglomérats silice-lactose en suspension qui précipitent.
4) la modification du solvant dans le sens d'une déstructuration avec cassure
des liaisons hydrogène."T2 est fortement influencé par l'eau d'hydratation des
ions Na+ et Cl- alors que T1 est dominé par la fraction de l'eau libre.une déstucturation
spécifique de l'eau libre pourrait ainsi élever T1 d'avantage que T2."
III - DIRECTIONS ACTUELLES DE LA RECHERCHE EXPERIMENTALE
Pharmacologie végétale.
La mesure de la consommation d'oxygène est un bon reflet du métabolisme végétal
et a été utilisé dans les années 60 par certains auteurs comme critère d'évaluation.
Différentes dilutions de chlorure de cobalt, d'arséniate de sodium sont ainsi
testés sur des coléoptiles de blé. Les auteurs observent des zones d'amplification
et des zones d'inhibition en fonction des dilutions, certaines de ces dilutions
étant inactives. Selon des modèles identiques des travaux sont effectués sur
des plantes préalablement intoxiquées par du sulfate de cuivre, notamment sur
une algue unicellulaire de la famille des Chlorella affaiblie par 1 ppm de CuSO4
qui est détoxifiée par une 15 CH de ce même sel de cuivre. Ces travaux, comme
beaucoup d'autres qui leur sont contemporains présentent une analyse statistique
insuffisante. Une expérimentation en Belgique a fait l'objet d'une évaluation
statistique rigoureuse. Noiret et Glaude, en 1976, étudient l'influence de dilutions
5 et 15 CH de sulfate de cuivre sur le fonctionnement enzymatique de grains
de froment préalablement intoxiqués par cette même substance. Ils observent
la modification de fonctionnement de cinq enzymes après l'administration des
deux dilutions: - inhibition de l'activité de la malate déshydrogénase et de
l'isocitrate déshydrogénase - stimulation de l'activité de l'amylase, de l'aldolase
et de la pyruvate kinase. Actuellement, Bruno et coll. étudient l'activité de
dilutions centésimales et korsakoviennes de Calcarea carbonica sur la consommation
d'oxygène de radicelles de maïs. Seule la dilution I000 K réduit de façon significative
la consommation d'oxygène ( p<0,01). Certains travaux fort rares sont effectués
sur des plantes malades, confirmant l'activité thérapeutique des traitements
homéopathiques utilisés. Ils s'agit certainement d'une voie d'avenir. En 1977,
Khanna et Chandra étudient l'effet de très hautes dilutions dilutions inhabituelles
en Europe. Ils observent entre autre des inhibitions significatives sur le développement
des moisissures de la tomate avec des 149 CH de Kali iodatum et sur le développement
des moisissures de la mangue avec Lycopodium 190 CH. Ils observent également
qu'Arsenicum album 199 CH inhibe la germination des spores du champignon Alternaria
altenaria...
En 1982, Auquière et coll. étudient de façon simple et rigoureuse l'action d'une
dilution 14 DH de sulfate de cuivre sur la croissance des graines de moutarde.
Ils observent une action significative de cette dilution sur le développement
des graines qu'elles soient ou non intoxiquées par le sulfate de cuivre. En
1984, Projetti et coll. reprennent le modèle de l'intoxication d'un végétal
par le sulfate de cuivre. L'étude porte sur l'activité de dilutions de sulfate
de cuivre sur des jeunes racines de lentilles préalablement intoxiquées par
ce même sel. Comme dans tous les travaux récents, postérieurs aux années 80,
une analyse statistique rigoureuse des résultats est menée.(Test t, test de
l'écart réduit ..). La 15 CH est inactive ou présente une action négligeable
aussi bien en préventif qu'en curatif, la 5 CH présente un effet curatif. Une
reprise de la croissance des racines, statistiquement significative est observée
avec la 5 CH après une intoxication courte de six heures de ces dernières par
une solution de CuSO4 à 500mg / L.
Psychopharmacologie.
En 1960, Tetau réalise le premier travail en psycho pharmacologie avec la souche
Thuya. L'administration de Thuya 9 CH permet à des rats ayant suivi l'apprentissage
d'un réflexe conditionné, de récupérer la qualité de leurs réflexes modifiés
par l'administration de Thuya TM. (On retrouve dans la pathogénésie de Thuya
, nervosisme et inquiétude.) Binsard, Guillemain et coll., de 1978 à 1980, étudient
l'activité de type anxiolytique de Gelsemium et Ignatia sur le rat. Les deux
remèdes sont confrontées à trois produits allopathiques de référence: chlordiazepoxide,
diazepam, méprobamate. Quatre test classiques en pharmacologie sont utilisés:
le test des quatre plaques, le test de conditionnement, le test de la planche
à trou et le test du rota-road. Les travaux sur les deux derniers tests sont
réalisés en aveugle et sont accompagnés d'une étude statistique. Des dilutions
3 et 5 CH d'Ignatia et de Gelsemium présentent un effet anxiolytique proche
de celui des produits de référence sans pour autant en présenter certains aspects,
notamment baisse de vigilance et des performances.
En 1988, Guillemain et coll., sur des tests comportementaux classiques recherchent
l'activité d'Ignatia, Gelsemium et Sempervirine 5 CH comparativement à celle
d'une benzodiazepine administré à raison d'1 mg/Kg par voie intra-péritonéale
chez la souris . Toutes les souris sont traitées par un antagoniste des sites
récepteurs des benzodiazépines créant un fort effet anxiogène. L'activité des
divers traitements sont évalués au moyen du test des quatre plaques et du test
du labyrinthe. L'étude est menée en aveugle contre solvant Sur le premier test,
seul le Nitrazepam et Sempervirine 5 CH s'opposent de façon significative à
l'effet anxiogène (p < 0,005). Sur le second test, tous les traitements s'opposent
significativement à l'effet anxiogène du RO-3505, à l'exception de Gelsemium.
Ignatia et Sempervirine semblent donc bien agir au niveau des récepteurs centraux
des benzodiazépines.
Les mêmes auteurs en, 1990, rapportent les effets de la Sempervirine 5 CH sur
un nouveau modèle associant stress et agressivité. Rappelons que la sempervirine
à forte concentration (10mg/Kg) est capable de provoquer un état d'inhibition
chez la souris alors qu'en 5 CH elle se montre anxiolytique. Différents traitements
anxiolytiques administrés en intra-péritonéal ou dans l'eau de boisson sont
comparés au niveau des modifications comportementales de souris rendues agressives
à la suite d'un isolement . On apprécie, au moyen d'une échelle de cotation
standardisée, l'agressivité d'une souris résidante mise en présence d'une souris
intruse pendant trois minutes.(Mesure du temps de première attaque et de l'intensité
des attaques). Quelle que soit la voie d'administration, la Sempervirine 5 CH
diminue significativement l'agressivité des animaux par rapport au témoin Cancérologie
expérimentale.
Roberfroid coll., en tenant compte des travaux de Jenaer en clinique, confirment
en 1977 un effet protecteur des dilutions 9 CH et 15 CH d'ARN et d'ADN extraits
du thymus de veau, d'abord sur la tumeur de Landschütz induite par une intra-péritonéale
d'ascite néoplasique puis sur le carcinome hépatique du rat chimiquement induit
par une substance cancérigène introduite dans la nourriture: le 2 acéthyl-amino
fluorène (2 AAF). Il prolongent ensuite leurs expériences (1979/80) par l'emploi
du même ARN, de 2 acéthyl-amino-fluorène, de plomb et d'eau dynamisée, le tout
en 9 CH administré dans l'eau de boisson de rat rendus artificiellement cancéreux
par utilisation de 2 AAF pendant un temps plus court que précédemment. Cette
évolution dans le protocole permet d'éliminer l'activité toxique associée à
l'activité cancérigène. L'administration d'ARN 9 CH a permis de retarder et
celle du plomb 9CH de diminuer de 50% l'apparition d'hépatocarcinomes malins
chez le rat. Les autres produits testés ne donnent pas de résultats significatifs.
En 1989, Pantaloni et coll. étudient les propriétés cytostatiques de dilutions
de thuyone purifiée, un des principaux composants de Thuya occidentalis. Les
auteurs montrent que les dilutions 4, 9 et 15 CH de thuyone sont capables de
bloquer in vitro les cellules leucémiques L 1210 asynchrones ou synchrones en
phase "S" du cycle cellulaire. Les résultats sont obtenus par cytofluorométrie.
Ils reprennent ces mêmes dilutions sur le modèle in vivo de la leucémie L1210
de la souris DBA2. Les dilutions 9 et 15 CH de thuyone se sont révélées aussi
efficaces (Mean Survival Time > 125%) que 200 mg de 5-fluorouracile utilisé
comme témoins (MST > 135%).
Depuis 1988, Bonavida, Gan et coll. explorent l'effet biologique de certaines
molécules capables de modifier la réponse tumorale de plusieurs lignées de cellules
cancéreuses cultivées in vitro. Les auteurs utilisent ainsi des antimitotiques
comme le Tumor necrosis factor a ou TNFa qui est une cytokine cytotoxique, l'Adriamycine,
le cis-Diaminedichloroplatinum (Cisplatine) et la toxine diphtérique en les
diluant bien au delà des doses thérapeutiques classiques jusqu'aux environs
du picogramme/l, équivalent à la dilution homéopathique de 7CH. Ils associent
entre eux ces agents antimitotique et observent qu'aux doses très faibles de
la picopharmacologie, il est possible de vaincre par de telles associations
médicamenteuses certaines résistances, qu'elles soient acquises ou non, des
cellules tumorales. Ainsi une résistance tumorale est vaincue par l'association
de deux faibles doses d'agents mitotiques inefficace quand ils sont employés
séparément à dose thérapeutique. Ces observations sont importantes en cancérologie.
Ces travaux laissent envisager que l'on peut vaincre par de telles associations
médicamenteuses certaines résistances, qu'elles soient acquises ou non, des
cellules tumorales. Les travaux de Bonavida et coll. sont en fait un exemple
parmi tant d'autres de la pharmacologie des faibles doses de substances qui
connaît actuellement un grand développement. Il s'agit d'une branche de la pharmacologie
classique, orientée vers la cancérologie, qui rejoint la recherche expérimentale
actuelle en homéopathie.
Expérimentations selon le principe de similitude.
En 1964, Lalouette et coll. observent une diminution de l'oedème de la patte
de rat induit par la toxine staphylococcique sous l'action d'Hepar sulfur 4
et 5 CH. Dans la pathogénésie d'Hepar sulfur on trouve parmi les signes cliniques
oedème et inflammation: il s'agit bien de l'application du principe de similitude.
Les résultats sont inconstants et les auteurs posent le problème de l'interaction
entre la sensibilité individuelle et l'application de la similitude. Aubin et
coll. étudient à partir de 1975 l'action d'Apis mellifica sur l'érythème UV
du cobaye. Il existe une analogie symptomatique entre la réaction allergique
aux UV et la réaction symptomatologique clinique d'Apis. Nous sommes toujours
dans la similitude. L'effet protecteur d'Apis 7 CH s'avère comparable à celui
de 155mg/Kg d'aspirine. A partir de 1974, Bildet et coll. étudient l'effet de
dilutions de Phosphorus sur l'hépatite du rat provoquée par le tétrachlorure
de carbone. Nous en avons déjà parlé puisque ce travail a eu pour conséquence
une expérimentation sur l'organe isolé. En 1988, sur le même modèle, Dorfman
et coll. observent que des dilutions 15 CH d'alpha-amanitine et de rifampicine
ont un rôle protecteur par pré traitement sur les hépatocytes de souris.
En 1990 Labrecque et coll. vérifient l'efficacité de Bryonia 4 DH, 4 et 9 CH
dans l'arthrite expérimentale du rat provoquée par l'adjuvant de Freund . Dans
l'observation des symptômes pathogénésiques de Bryonia on remarque une inflammation,
des douleurs, une exsudation des séreuses et des synoviales. Ce remède est choisi
selon le principe de similitude pour améliorer l'arthrite expérimentale qui
peut être appréciée à deux niveaux: retentissement général sur les animaux qui
perdent du poids et localement au niveau de l'articulation lésée par une diminution
de la force de préhension. L'efficacité de Bryonia est comparé a celle d'un
anti-inflammatoire classique administré à raison de 5 mg/Kg et d'une solution
tampon servant de témoins. Sans toutefois avoir une efficacité comparable à
l'Indométacine, les dilutions homéopathiques de Bryonia s'avèrent significativement
plus efficace qu'un placebo. Ce travail confirme les observations cliniques
observée lors de l'utilisation de Bryonia quand ce remède est convenablement
administré selon les règles de la similitude.
En 1990, De Caro et coll. étudient l'hypertrophie de la glande salivaire induite
par l'isoprotérénol chez le rat sous l'influence de solutions ultra diluées
d'Elédoisine. L'Elédoisine, à dose pondérale induit le même phénomènes que l'isoprotérénol
chez l'animal sain. Il s'agit bien de similitude. Les trois dilutions testées
15, 8 et 4 CH d'élédoisine traduisent un effet protecteur significatif vis à
vis de l'augmentation de poids des glandes salivaires
En 1990 , Santini et coll. rapportent leurs observations concernant l'effet
de Cuprum 4 CH sur le transit intestinal de la souris. La néostigmine est un
para sympathomimétique indirect qui produit une stimulation de la musculature
lisse digestive et par là, accélère le transit. Cuprum est choisi selon la similitude
puisque la diminution des spasmes intestinaux fait partie de ses indications
pathogénésiques. Le pré-traitement par Cuprum réduit de façon significative
l'effet facilitateur de la néostigmine sur le transit intestinal (Kruskal-Wallis:
p < 0,02) .
En 1991, Oberbaum et coll. étudient l'effet de dilutions homéopathiques de silice
sur la cicatrisation de blessures expérimentales persistantes effectuées à l'aide
d'un crochet de métal utilisé en dentisterie sur des oreilles de souris. La
silice est utilisée selon ses indications classiques en homéopathie (similitude)
concernant le traitement des blessures chroniques, des ulcères, des abcès...
Dans sept expériences sur dix, les dimensions des trous des oreilles des animaux
traités par les dilutions homéopathiques de silice sont significativement plus
petits (p < 0,05-0,001) et cicatrisent plus vite que ceux traités par la solution
saline. L'effet thérapeutique est directement liée à la dilution utilisée, la
200 CH étant la plus active, la 5 CH la moins active. Les dilutions homéopathiques
de silice (aussi bien au delà du nombre d'Avogadro) ont un effet thérapeutique
clair sur la cicatrisation des blessures. Etudes en pharmacologie humaine. De
1986 à 1992, une série de travaux sur des doses homéopathiques d'acide acétyl
salicylique (aspirine) sont menés par Doutremepuich et coll. Les premières expérimentations
portent sur la variation du temps de saignement après administration d'acide
acétylsalicylique à différentes posologies chez le volontaire sain. D'abord
les auteurs démontrent que de faibles doses d'aspirine, des 5CH induisent une
diminution du temps de saignement significative chez des sujets sevrés depuis
huit jours de la prise de salicylés, d'anti-inflammatoires et de médicaments
anti-agrégants plaquettaires (utilisation du test t de Student pour l'étude
statistique). Il s'agit d'une inversion d'effet par rapport à de fortes concentrations
d'Aspirine. Ainsi, dans leurs conclusion, les auteurs affirment que l'Aspirine
à très faible dose, n'inhibe pas l'agrégation plaquettaire sur plasma enrichi
mais induit une diminution du temps de saignement et pourrait être utilisée
dans les saignements postopératoires. Le protocole est ensuite repris pour essayer
de comprendre le mécanisme d'action de cette effet opposé à celui des doses
élevées de l'aspirine. Actuellement ces travaux se poursuivent.
Travaux en endocrinologie.
De 1952 à 1955, Bagros et coll. effectuent des travaux rigoureux en endocrinologie.
Ils observent que des dilutions 7 CH de Folliculinum inhibent l'oestrus de la
souris impubère et que les dilutions 9 et 30 CH contrarient l'inhibition de
l'oestrus provoqué par des dilutions d'oestradiol. En 1972, Jeannes et coll.
effectuent une expérience de pharmacologie animale sur le lapin en se référant
aux observations du Dr Fouché qui a constaté dans un premier temps que la progestérone
à dose pondérale donnait des résultats intéressants dans le traitement de la
colibacillose urinaire. Il s'agit alors de démontrer qu'en freinant par des
dilutions homéopathiques la sécrétion de folliculine, on provoquerait une élévation
du taux de progestérone et ainsi on obtiendrait l'effet thérapeutique désiré.
Folliculinum 9 CH ne donne pas de résultats par voie orale. Par contre l'administration
de FSH 9 CH en injection sous cutanée ou en suppositoire entraîne une baisse
des diarrhées et la diminution de l'inflammation de la vessie des animaux à
qui l'on avait préalablement inoculé la souche pathogène de colibacilles.
En 1991 également, Endler et coll. étudient l'influence de hautes dilutions
d'une hormone thyroïdienne, la thyroxine sur la métamorphose du batraciens Rana
temporaria. La dilution 30 DH de thyroxine (pentahydrate de tétra-ïodo-thyronine)
est utilisée. Des résultats significatifs sont observés en ce qui concerne le
passage des têtards du stade 2 pattes au stade quatre pattes, de la transition
du stade têtards à quatre pattes au stade jeune batracien adulte. La thyroxine
à forte dose accélère la croissance et favorise la métamorphose des batraciens.
Les auteurs observent que de très hautes dilutions de cette hormone ont un effet
inverse. La thyroxine administrée en 30 DH favorise un retard de croissance.
Elle inhibe la métamorphose dans 10 à 20% des cas. Les mêmes auteurs reprennent
cette expérimentation en introduisant dans les récipients contenant les têtards
non plus quelques gouttes de la dilution du remède mais une ampoule de verre
contenant ce même remède. Ni le milieu de survie, ni les larves de batracien
ne sont en contact direct avec la dilution de thyroxine. Les mêmes résultats
significatifs que précédemment sont observés, ce qui semble confirmer l'hypothèse
d'action d'un champ électro-magnétique dans l'échange dilution/organisme.
Toxicologie.
Ces travaux aujourd'hui nombreux ont été initialisés par Mme Wurmser et coll.
en 1955. Ils ont pour but de démontrer que de hautes dilutions d'un toxique
sont capables de modifier l'élimination de ce toxique ou les conséquences de
son intoxication. Il s'agit de l'exploitation en pharmacologie de la notion
d'identique. Dans leur premier travail Wurmser et coll. montrent que des cobayes
ayant reçus des doses subtoxiques d'arséniate de sodium vont éliminer plus facilement,
de façon significative, le toxique par les urines quand ils sont traités par
Arsenicum 7 CH. Ensuite les mêmes auteurs renouvellent l'expérimentation avec
le bismuth et obtiennent des résultats analogues. Des hautes dilutions d'arsenic
seront inefficaces sur le modèle bismuth ce qui confirme la spécificité d'action
des remèdes. Cier et coll. reprennent en 1962 ce modèle expérimental avec utilisation
d'antimonio-tartrate de sodium. Ils obtiennent une meilleure libération d'antimoine
urinaire après la prise de dilutions 7 CH d'antimonio-tartrate. Il vient alors
à l'idée de ces auteurs d'étudier la modification des conséquences d'une intoxication
par pré-traitement des souris que l'on va rendre diabétique par ingestion d'un
agent diabétogène: l'alloxane. Une dilution 9 CH d'alloxane administrée 6 jours
avant l'intoxication permet d'observer une diminution importante du nombre de
souris diabétiques par rapport à des lots témoins.
De 1979 à 1987, Cazin et coll. reprennent le modèle expérimental de l'intoxication
par l'arsenic de façon rigoureuse. Il vérifient l'élimination urinaire et fécale
du toxique . Les rats qui reçoivent une dose d'Arsenicum album 12, 24 et 36
heures après l'intoxication présentent une plus faible concentration sanguine
en arsenic que le groupe témoins et une plus forte concentration en ce toxique
dans les urines et les fèces. L'exploitation des résultats et la modélisation
de ce travail est contrôlée par un statisticien du laboratoire de mathématique
de l'Université de Paris VI.
En 1982, Fisher rapporte l'effet d'une dilution 200 CH de plomb sur l'élimination
de ce toxique par le rat préalablement intoxiqué par ce métal. Les résultats
positifs observés ne seront pas retrouvés par l'auteur dans une expérimentation
plus récente (1986).
Depuis 1984 Cambar et coll. poursuivent toute une série d'expéri-mentation en
toxicologie. En 1984 ils étudient l'action de dilutions de chlorure mercurique
(Mercurius corrosivus) sur la néphrotoxicité due à ce même toxique à dose pondérale.
Des 5 et 9 CH de Mercurius cor. entraînent une diminution de la mortalité de
l'ordre de 20%. En 1986, les auteurs remarquent que les résultats obtenus avec
des 9 et 15 CH du même toxique sur le même modèle dépendent de la dose administrée
au moment de l'intoxication. Les auteurs, sensibilisés par un travail de Dorian
et Cambar la même année, soulignent l'importance des facteurs chronobiologiques
dans ce type d'expérimentation. Actuellement, Cambar, Delbancut et coll. étudient
sur des cultures cellulaires rénales la toxicité de deux métaux ayant un fort
tropisme rénal: le cadmium et le cisplatine qui est utilisé dans les chimiothérapies
anticancéreuses. Des dilutions de dynamisées de 10-20 à 10-40 M de ces deux
métaux sur des lignées cellulaires intoxiquées par des concentrations 10-5 M
du même toxique engendrent un effet protecteur, diminuant sensiblement la mortalité
des cellules en culture. Les auteurs ont l'idée de vérifier le principe de similitude
en pré traitant une culture de cellules rénales avec une dilution 10-40 M de
cadmium avant de procéder à une intoxication par le cisplatine. Le résultat
de cette expérimentation est négatif ce qui ne doit pas nous surprendre si l'on
sait que les deux métaux n'ont pas la même cible au niveau cellulaire. l'activité
des deux toxique n'est en fait pas assez superposable.
Travaux en immunologie.
Dans ce domaine, les premiers travaux spécifiques à l'homéopathie ne remontent
qu'en 1975. Cette apparition tardive est due essentiellement à un obstacle théorique:
la cellule était considérée comme un système trop parcellaire pour étudier l'homéopathie
qui est avant tout une médecine globale. On connaît depuis peu la complexité
de l'organisation d'une cellule avec son ADN et ses organites, ses circuits
de contrôle et d'autorégulations modulant son activité. On sait maintenant qu'une
cellule est un univers suffisamment complexe pour se prêter à des expérimentations
pharmacologiques en homéopathie.
En 1975, Colas, Aubin et Picard utilisent les propriétés d'une glycoprotéine
contenue dans Phytolacca americana : le pokeweed mitogène. Cette protéine est
connue pour induire "in vitro" la transformation lymphoblastique. Dans ce travail,
le principe de similitude est pris comme hypothèse: est-ce que un produit provoquant
à dose pondérale la transformation lymphoblastique est capable, en dilution
infinitésimale, d'inhiber cette même transformation provoquée par une autre
substance? Le phytomitogène d'action mitogène analogue au pokeweed utilisé est
la phytohémaglutinine (PHA). Sur des lymphocytes de lapins au repos, les dilutions
5, 7, 9, 15 CH de Phytolacca n'exercent aucun effet mitogène. Sur des lymphocytes
stimulés par la PHA, on observe une inhibition de la transformation lymphoblastique
après adjonction 15 minutes avant le mitogène des dilutions de Phytolacca :
les dilutions 9 et 15 CH exercent un effet inhibiteur net. Travaux sur les médiateurs
de l'inflammation. En 1983, Poitevin, Aubin et coll. étudient l'effet de hautes
dilutions de substances utilisées par les homéopathes dans l'inflammation aiguë
(Apis mellifica, Belladonna, Ferrum phosphoricum) sur des polynucléaires neutrophiles
humains (cellules isolées). La stimulation des polynucléaires neutrophiles entraîne
la formation de radicaux oxygénés libres qui sont impliqués fortement dans les
mécanismes du processus inflammatoire. La libération de ces radicaux libres
est mesurée par la technique de la chimioluminescence. Sur 17 expériences, des
pourcentages d'inhibition significatifs sont observés en présence de Belladonna
et Ferrum phos 5 et 9 CH (environ 20% ). Apis est sans effet significatif. L'inhibition
due à Belladonna et Ferrum phos est cependant moins importante que celle due
à l'indométacine (41,8% ) et à la dexaméthasone (34,5% ).
De 1982 à 1986 dans l'unité U 200 de l'INSERM dirigée par le Dr Benveniste dont
le secteur de recherche est l'immuno-pharmacologie de l'allergie et de l'inflammation.
une étude est menée sur l'effet de la silice sur le métabolisme des macrophages
de souris. Davenas et coll. publient leurs résultats en 1987. Ils concernent
l'effet de hautes dilutions de silice sur la production par les macrophages
péritonéaux de souris d'un ether-lipide médiateur de l'inflammation: le paf-acether
. Ce travail est inspiré au départ de la clinique homéopathique ou l'on a observé
l'effet de Silicea dans les inflammations à répétition et certaines suppurations
chroniques. Le macrophage est une véritable plaque tournante de l'immunologie
et de l'inflammation, par sa double capacité de phagocyter des éléments étrangers,
ce qui sollicite les réactions inflammatoires, et de présenter les antigènes
aux lymphocytes, ce qui met en jeu la réaction immunitaire. Le macrophage semble
pour ces auteurs une cible intéressante pour l'étude des substances utilisées
dans les inflammations chroniques et dans les inflammations à répétition. Or
la Silice est très toxique pour le macrophage. Elle entraîne, in vitro, la production
par les macrophages péritonéaux de souris de différents médiateurs dont le paf-acether
La synthèse de paf-acether reflète l'activité métabolique du macrophage. Dans
les trois séries d'expérimentations qui seront menées, la synthèse de paf-acether
par les macrophages est augmentée de façon significative chez les souris traitées
par Silicea 9 CH. Travaux en allergologie. Les basophiles contiennent des granules
riches en médiateurs comme l'histamine. Lorsqu'ils rentrent en contact avec
un allergène auquel ils sont sensibilisés par fixation d'anticorps IgE spécifiques,
ils relarguent leurs granules et ces derniers libèrent l'histamine et les médiateurs
qu'ils contiennent. On parle de la dégranulation des basophiles. De nombreux
travaux récents reposent sur le test de dégranulation des basophiles humains
proposé par Benveniste pour mettre en évidence le phénomène. Le lecteur intéressé
pourra lire la nombreuse littérature concernant ce test.
En 1986, Poitevin et coll. reprennent des travaux précédents sur Apis et observent
que la dégranulation des basophiles induite par l'anticorps anti IgE 1,66 10-9
M est significativement inhibée en présence de Poumon Histamine 5 et 15 CH (respectivement
28,8 et 28,6%) et en présence d'Apis mel 9 CH ( 65,8% ). La dégranulation des
basophiles induite par l'anticorps anti IgE de 1,66 10-16 à 1,66 10-18 M est
aussi inhibée par les hautes dilutions de Poumon Histamine et Apis mel avec
une inhibition proche de 100% avec Poumon Histamine 18 CH et Apis 10 CH. Une
alternance de zones d'inhibitions et de stimulations est observée lorsque les
basophiles sont incubés en présence de dilutions successives de Poumon Histamine
et Apis mel, fournissant des courbes d'allure pseudo-sinusoïdale. La même année,
en 1988, Sainte Laudy et coll. ont l'idée de vérifier le pouvoir d'inhibition
de la dégranulation des basophiles par des fractions diluées et dynamisées du
sang total lysé de sujets allergiques. Les fractions de sang lysé sont efficaces
à un degré de déconcentration de 10-7 correspondant à une teneur en histamine
de seulement 10-14M. Le Dr Benveniste directeur de l'unité U 200 de l'INSERM
s'intéresse de plus près aux travaux précédents de Poitevin, Davenas et coll.
réalisés dans son laboratoire. Son but est alors de prouver non pas l'efficacité
d'une dilution homéopathique par le moyen du test de dégranulation des basophiles
dont il est l'inventeur mais l'activité de dilutions immatérielles de substances
au delà de la limite du nombre d'Avogadro, c'est à dire du pondéral. Cette recherche
s'inscrit dans une logique du biologique où est recherché l'effet direct de
substances biologiquement active à des dilutions ou n'y a plus de présence de
molécule théorique. La combativité et le dynamisme de Benveniste est à l'origine
de la publication dans "Nature", une des plus grandes revues scientifiques internationale
à comité de lecture, en 1988, du fameux article intitulé: " Dégranulation des
basophiles humains induite par de très hautes dilutions d'un sérum anti IgE".
L'article est signé par Davenas, Beauvais, Amara, Oberbaum, Robinzon, Miadonna,
Tedeschi, Pomeranz, Fortner, Belon, Sainte Laudy, Poitevin, Benveniste. Les
basophiles humains sont stimulés spécifiquement par des agents immunologiques,
tels que les allergènes ou l'antisérum anti-IgE, capable de ponter les molécules
IgE des membranes. L'intérêt de l'anti IgE réside dans le fait qu'il est "reconnu"
par toute les "serrures "IgE des basophiles humains. On peut le comparer à un
"passe" capable de faire dégranuler presque tous les basophiles qu'ils proviennent
ou non d'une personne allergique. Ces chercheurs ont l'idée d'observer la réaction
des basophiles à l'anti IgE, lorsqu'on remplace les doses normales par des doses
infinitésimales préparées selon la technique homéopathique Logiquement les mesures
sont faites par l'utilisation du TDBH ( test de dégranulation des basophiles
humains ). Les auteurs observent une nouvelle fois de courbes pseudo-sinusoidales
pour des concentrations en anti-sérum diluée de façon décimale jusqu'à des concentrations
de 10-60 M et pour dilutions de l'antisérum de façon centésimales jusqu'à des
dilutions de 10-120 M! L'expérience à aussi été effectuée avec un autre anticorps,
l'anti IgG, qui normalement ne provoque pas de dégranulation. Or les hautes
dilutions d'anti IgG n'ont pas fait dégranuler les cellules. Cela met en évidence
la spécificité du phénomène observé Tous les phénomènes observés interviennent
en l'absence de toute molécule anti IgE et seulement lorsque les dilutions successives
sont vigoureusement agitées, ce qui suggère que l'information biologique spécifique
pourrait être reliée à une organisation moléculaire de l'eau.
En 1991, lors d'une réunion du GIRI, Ovelgöne, van Wijk et coll. déclarent ne
pas obtenir de résultats en reprenant le modèle expérimental de Benveniste.
La reproductibilité des résultats par d'autres équipes que celles de l'INSERM
U200 semble difficile. Le test de dégranulation des basophiles est un test morphologique
basé sur le dénombrement microscopique des cellules et ne peut de ce fait, être
considéré comme un système de mesure optimal. Certains travaux entrepris dès
1987 utilisent des méthodes fluorométriques pour doser l'histamine libérée.
Dès 1988, Ruff et coll. proposent de remplacer le test de dégranulation des
basophiles par une mesure directe, réalisée in vitro sur sang total, de l'histamine
libérée afin de vérifier les modifications du phénomène de l'hypersensibilité
immédiate. La libération de l'histamine par les basophiles est directement mesurée
par la méthode fluorométrique automatisée mise au point par les auteurs Cette
méthode est utilisée sur le sang de 20 personnes sensibles à divers allergènes
traités par des dilutions homéopathique d'Histaminum 7 CH, Pollen 9 CH et Arsenicum
album 15 CH. Ce dernier remède étant choisi selon des critères pathogénésiques.
Les résultats sont peu significatifs. Selon l'avis même des auteurs, ce travail
devrait se poursuivre par une étude ex vivo sur des patients présentant une
rhinite allergique afin, d'une part, d'étudier l'évolution de l'histamino-libération
sous traitement homéopathique et, d'autre part, de corréler les manifestations
cliniques à l'histamino-libération avant et après traitement.
En 1988, Fletcher et Halpern étudient l'effet de Bryonia 4 et 9 CH et de Poumon-histamine
sur l'activation des polynucléaires neutrophiles humains (PMN) évaluée par cytométrie
de flux . Des PMN purifiés à 95% et provenant de sujets normaux sont capables
in vitro de réagir devant un chimioattractant, le FMLP (chemotaxin-F-Met-Leu-Phe).
Ce phénomène se traduit par une modification du potentiel membranaire qui est
mesurable. Les auteurs observent également des phénomènes oxydatifs comme la
production intra-cellulaire d'eau oxygénée. Enfin l'activité phagocytaire est
évaluée par cytométrie de flux. Les PMN purifiés sont remis en suspension 30
minutes à 37°C directement dans les solutions homéopathiques testées. Bryonia
4 et 9 CH stimulent directement les PMN Après stimulation au, on observe une
augmentation de la réponse oxydative des cellules traitées par les dilutions
de Bryonia par rapport à un témoin. Poumon-histamine ne montre pas d'action
directe. La dilution 4 CH seulement entraîne une légère diminution de la réponse
oxydante. Les deux dilutions 4 et 9 CH sont capables d'inhiber les variations
de potentiel membranaire induites par le FMLP. Ce travail nous montre que des
dilutions homéopathiques 4 et 9 CH de Bryonia et d'histamine ont un effet significatif
sur l'activation des neutrophiles humains.
En 1990, Chirila et Coll., réalisent une expérience in vitro en utilisant le
test de chimioluminescence en présence de PHA stimulés par du zymosan opsonisé
Les résultats positifs concernent des lymphocytes et des polynucléaires neutrophiles
humain (PMN) ou granulocytes provenant de sujets allergiques au venin d'abeille.
Un témoins est constitué par des lymphocytes provenant de sujets immuno-déprimés
par un cancer. Aucune réaction positive ne sera observée dans ce lot dans tout
le protocole. Cette équipe à mis en évidence un effet inhibiteur maximal sur
la réponse proliférative des lymphocytes des sujets allergiques stimulés in
vitro quand ils sont en présence de la plus haute dilution de venin d'abeille
testée, une 30 CH. Ces mêmes cellules régissent à une très haute dilution de
cortisone, bien au delà du nombre d'Avogadro, une 30 CH. La réponse, inhibition
ou activation est toutefois très variable d'un sujet à l'autre soulignant comme
c'est souvent le cas la difficulté de reproduire un travail sur les très hautes
dilutions vu la complexité des facteurs mis en jeux: importance des dilutions/dynamisation,
du solvant, des facteurs cybernétiques propres au matériel testé,...
En 1990, dans une courte communication au GIRI; Oberbaum et coll. présentent
un modèle de traitement d'une maladie auto-immune par l'administration de doses
homéopathiques de l'anticorps anti-idiotype de DNA 16/6 qui est connu pour induire
le Lupus érythémateux. La maladie est induite par 1 mg de l'idiotype dans l'adjuvant
complet de Freund et restimulation 3 semaines plus tard. Les dilutions 10-12,
10-15 et 10-30 de l'anticorps 16/6 administrées tous les deux jours pendant
175 jours n'entraînent pas l'effet protecteur attendu mais au contraire une
aggravation. Quelques paramètres biologiques sont cependant affectés par les
hautes dilutions de l'antigène anti-idiotype comme la protéinurie.
En 1992, Benveniste et Thomas présentent dans un travail préliminaire les effets
d'un toxique agissant comme un ligand sur des lignées cellulaires. La toxicité
du cadmium est étudiée sur des lignées cellulaires humaines et murines. Lorsque
les cellules sont cultivées en présence de 5 à 10 mM de cadmium, on observe
40 à 50% de mortalité. Cependant quand elles sont prétraitées par des doses
pondérales non toxiques ou par des hautes dilutions de cadmium (dilution log
16-25 ou log 26-35 pendant plusieurs jours, on observe une modulation significative
de l'activation et de la croissance cellulaire, soit directement au cours de
la culture, soit après addition de doses toxiques de cadmium. Ces travaux se
poursuivent actuellement. Depuis 1990 , Toper, Weissman et coll. étudient les
effets de hautes dilutions d'antigènes sur la génération d'anticorps spécifiques
en réponse primaire et secondaire. L'antigène utilisé est le KLH (Keyhole Limpet
Hemocyanin) une macromolécule extraite de l'hémolymphe d'un mollusque. Les auteurs
observent la production d'anticorps spécifiques IgM et IgG. Des souris C57 BL/6
sont traitées soit par des injections intra-péritonéales 2 fois par semaine
pendant 8 semaines de KLH à des dilutions 4, 5, 6 et 7 CH respectivement, soit
par administration per os de KLH 6 CH aux mêmes intervalles de temps. Les animaux
sont ensuite immunisés avec le KLH dans l'adjuvant complet de Freund et restimulés
3 semaines plus tard. Les animaux sont saignés avant et pendant l'immunisation
et le taux d'anticorps IgM et IgG anti-KLH dans le sérum sont déterminés par
la méthode classique ELISA. Un prétraitement des animaux provoque en réponse
primaire une augmentation fortement significative d'IgM dans tous les groupes
traités par voie intra-péritonéale. Le KLH administré par la voie orale entraîne
au contraire une suppression complète et spécifique de la réponse immunitaire
primaire. En réponse secondaire, soit après une seconde immunisation par le
KLH associé à l'adjuvant de Freund, tous les animaux répondent fortement, même
ceux ayant reçu la plus faible dose de 7 CH. Ces premiers résultats montrent
que l'exposition à de hautes dilutions d'antigène est suffisante pour moduler
de façon significative la réponse immunitaire normale. Ce travail indique également
que la pharmacocinétique des dilutions homéopathique est vraisemblablement différente
en fonction de la voie d'administration préconisée. En continuant leurs expériences,
les auteurs observent qu'une 18 CH de KLH (10-36 M) est encore capable d'induire
une augmentation significative des IgM spécifiques, le contrôle étant une solution
dynamisée de sérum physiologique. Ainsi des dilutions homéopathiques de KLH
au delà du nombre d'Avogadro, sont encore capables de conditionner la réponse
immunitaire spécifique.
Des observations récentes (1992) confirment les observations précédentes. Le
protocole vient d'être repris avec des dilutions 7 et 15 CH de KLH et d'un autre
antigène la thyroglobuline. Les dilutions 7 et 15 CH de KLH et 15 CH de thyroglobuline
sont capables d'augmenter la réponse immunitaire secondaire au niveau des IgG.
Travaux sur des immunomodulateurs.
En 1982, sont publiés les premiers travaux de Doucet-Jaboeuf et coll. dans un
compte rendu de l'Académie des Sciences. Cette première publication fait suite
à quatre années de recherches effectuées au laboratoire d'immunologie et parasitologie
de la Faculté de Pharmacie de Montpellier sur une idée du Pr Madeleine Bastide1
:"nous avons émis l'hypothèse suivante: d'une part, le système immunitaire est
soumis à des mécanismes de régulation multiples et complexes; d'autre part,
la caractéristique de fonctionnement des médicaments à usage homéopathique est
le rétablissement d'un équilibre déclenché dans l'organisme par un signal donné
par une substance utilisée à très faible dose ou même à haute dilution. Certaines
molécules actives appartenant au système immunitaire, diluées et dynamisées
selon le procédé des médicaments homéopathiques, pourraient-elles corriger le
fonctionnement de ce système lorsqu'il est en situation anormale par stimulation
directe des systèmes régulateurs et jouer le rôle de médicaments immunomodulateurs."
Les travaux vont d'abord porter sur les hormones thymiques et plus particulièrement
sur la thymuline, sur l'interféron leucocytaire et l'interleukine 2. Ces travaux
du plus grand intérêt sont rapportés dans un autre article de ce cahier. Comme
le système immunitaire de la souris est voisin de celui de l'homme, L'idée d'utiliser
des dilutions de thymuline en pathologie humaine est la conséquence logique
des travaux précédents réalisés in vivo. Tétau est le premier à avoir testé
ce remède sur des patients immuno-déprimés dès 1987 Actuellement des essais
cliniques sur la Thymuline se déroulent. La thymuline semble apporter une réponse
spécifique aux problèmes des pathologies infectieuses récidivantes, notamment
chez l'enfant, plus particulièrement chez les enfants "tuberculiniques". C'est
la première fois que la recherche pharmacologique de laboratoire a pour conséquence
des applications thérapeutiques. A l'inverse des autres auteurs, le Pr Bastide
n'a pas choisis d'utiliser dans ces travaux un remède de la pharmacopée homéopathique
pour prouver son efficacité; elle a étudié les mécanismes d'actions de l'homéopathie
et vérifié ses principes sur des modèles appartenant complètement à l'immunologie.
Cette approche originale et nouvelle de la pharmacologie homéopathique semble
très prometteuse aussi bien pour la recherche fondamentale que pour l'enrichissement
de la pharmacopée homéopathique.
Depuis les années 80, la recherche expérimentale en homéopathie ne cesse de se plier aux impératifs méthodologiques de l'expérimentation moderne. Des chercheurs totalement étranger au milieu homéopathiques commencent à s'intéresser aux travaux des pharmacologues "homéopathes". Des concordances d'observations rapprochent des scientifiques d'origines diverses et des orientations communes vont se développer dans un certain nombre de programmes de recherche. Ce besoin de coordination est à l'origine de la création du GIRI ( Groupe International de Recherche sur l'Infinitésimal ) en 1987 sur une initiative du Pr Madeleine Bastide. C'est la première structure indépendante qui a réussi à s'organiser. Les deux premières réunions du GIRI se sont ainsi déroulées à Monaco en 1987 et 1988, puis les trois suivantes à Paris à la Maison de la Recherche. La réunion de 1992 qui représente le 6ème symposium du GIRI a été organisée à Munich, puis à Jerusalem, Montpellier, Bordeaux et encore Monaco...Aujourd'hui le GIRI regroupe plus d'une centaine de membres venant de 21 pays différents! Le GIRI comprend dans sa structure un bureau constitué de 15 membres renouvelés aux tiers tous les trois ans, un comité d'organisation ou bureau exécutif avec un président, un vice président, un secrétaire, un trésorier et un comité scientifique. Dans un communiqué de presse destiné à présenter les travaux du GIRI, le Pr Bastide explique l'intérêt d'un tel groupe de recherche:"le GIRI est issu de la réflexion de quelques chercheurs. En effet les travaux scientifiques sur les hautes dilutions sont très difficiles à conduire et à communiquer; il nous a semblé qu'il serait intéressant de structurer une société scientifique où chacun pourrait publier et discuter ses résultats comme c'est le cas pour les autres disciplines. La particularité des travaux publiés réside dans l'utilisation de très grandes dilutions de principe actif ou dans la caractérisation de très faibles concentrations de principe actif; nous avons considéré que ces faibles concentrations pouvaient être dénommées "infinitésimales". Notre groupe a donc pris le nom de GIRI ou Groupe International de Recherches sur l'Infinitésimal. La notion de dose infinitésimale qui constitue le thème central de ces travaux intéresse les physiciens, les chimistes, les pharmacologues, les biologistes et les thérapeutes, spécialisations toutes représentées dans le GIRI. En effet, l'utilisation de très hautes dilutions de produit dites infinitésimales pose des problèmes aussi bien du point de vue de la composition et de la structure des dilutions utilisées qu'en ce qui concerne leur activité in vivo ou in vitro ou leur techniques de détection. Plusieurs membres du groupe ont déjà publié leurs résultats dans des revues scientifiques internationales à comité de lecture ou dans des congrès internationaux. Les faibles doses utilisées demandent une réflexion approfondie au point de vue concept, méthodologie, et interprétation des résultats qui demandent l'élimination de tous les biais possibles." C'est grâce aux rencontres du GIRI que la recherche expérimentale en homéopathie s'est rapprochée de l'hormesis, qu'une nouvelle approche épistémologique de l'homéopathie s'est consolidée. Toutes les hypothèses sur les mécanismes d'action des remèdes y sont régulièrement présentés. Il est débattu en présence des plus éminents spécialistes de chaque théorie : chaos déterministe, électromagnétisme, structure du solvant, nature et spécificité de l'information... Des "Abstracts" sont édités à chaque symposium réunissant en résumé l'ensemble des communications. De la "loi" d'Arndt-Schultz à l'hormesis. La loi d'Arndt-Scultz est bien connue des homéopathes. Elle à pour base une réflexion de Rudolf Arndt :"si véritablement de faibles stimulations favorisent l'activité vitale des organes et des organismes, un poison, quand il est administré à des doses suffisamment faibles, doit exercer un effet non pas néfaste mais au contraire bénéfique sur le substrat qui est sous son influence". Cette notion sera généralisée par Hugo Schultz :"des stimulations légères attisent l'activité vitale, des stimulations d'intensité moyennes les favorisent, des stimulations fortes les paralysent, des stimulations très fortes les détruisent ou les suppriment." Cette loi sera reprise et complétée par deux homéopathes, Koetschau et Wilder comme l'explique Coulter dans son ouvrage " Science homéopathique et médecine moderne". En 1956 Luckey et coll. observent que des volatils, dépourvus de germes pathogènes voient leur croissance améliorée par de faibles doses d'antibiotiques rajoutés à leur alimentation.. Luckey rapproche ses observations de celles de Southam et Ehrlich qui dès 1943 ont démontré l'action diphasique d'un extrait végétal sur la croissance de champignons agents de putréfaction du bois. Luckey reprend le terme d'hormesis (du Grec hormeticos: excitation, stimulation) pour le généraliser à toutes les observations concernant l'activité diphasique caractérisant un nombre sans cesse croissant de substances d'origine diverses: toxiques, antibiotiques, chaleur et même rayons atomiques. Dès 1988, Boxenbaum et Neafsey démontrent que toxicité et hormesis ont des mécanisme d'action différents Tous ces chercheurs orientés sur les phénomènes hormétiques ne connaissaient pas les travaux de Schultz. Dès la réunion du GIRI de 1990, le professeur Bastide cite un grand nombre de travaux pharmacologiques classiques selon lesquels des substances toxiques deviennent facteur de croissance à très faibles concentrations. D'autre part dès 1988 Wagner et Kreher selon ce même type de mécanisme ont présenté un travail au GIRI. Ces auteurs ont pu démontrer que des agents cytostatiques tels que l'azathioprine, la colchicine, le methotrexate et la vincristine qui inhibent les granulocytes et les lymphocytes traités par des concentrations de l'ordre du microgramme (10-6), les stimulaient pour des concentrations de l'ordre du nanogramme( 10-9) ou du fentogramme. Dès lors il semble logique de rapprocher certains travaux expérimentaux en toxicologie homéopathique de l'hormesis. Il s'agit de tous les travaux concernant la protection d'un organisme ou d'une culture cellulaire par prétraitement par de très hautes dilutions du toxique ensuite administré. Les travaux de Cambar et coll. en sont un exemple. Ainsi la recherche expérimentale en homéopathie rejoint un autre type de recherche expérimentale. Certains mécanismes d'action des remèdes homéopathiques correspondent vraisemblablement à une loi plus générale de la biologie, déjà entrevue par Rudolf Arndt et Hugo Schultz. En 1990, Van Wijk et coll. soulignent dans une publication au GIRI les traits communs qui concernent l'induction d'un effet bénéfique par une faible dose de toxique qui peut contrecarrer l'effet toxique ou létal dû à la présence du principe actif à dose nocive pendant une période de temps plus longue."Les systèmes pathologiques ou d'intoxication s'opposent à l'effet nocif par: - l'acquisition d'un état de résistance ou de tolérance, - l'augmentation de la prolifération cellulaire d'une partie de la population." L'auteur affirme que ces modifications dans l'activité cellulaire sont accompagnées parallèlement d'un changement dans l'expression des gènes. Avec ses collaborateurs, il reprend une étude concernant l'hormesis de croissance. Van Vijk et coll. étudient ainsi l'effet de faibles concentrations d'arséniate de sodium et d'un choc thermique sur le développement de plusieurs cellules non prolifératives en culture notamment une culture de fibroblastes de souris . Une incubation de ces cellules avec 300 mM d'arséniate pendant 2 heures entraîne la mort de toute la population. Par contre la même incubation avec 2 à 3 mg d'arséniate induit une prolifération des cellules. Cet effet mitogène dépend de la concentration en cellules dans le sérum et du temps d'incubation. Quand les fibroblastes sont soumis à une élévation de température (45°), le même phénomène est observé en fonction de la durée d'exposition à la plus haute température. Une exposition de 20 minutes ou plus conduit à une inhibition de la prolifération. Par contre pour de plus courtes expositions cette prolifération cellulaire est augmentée, une induction mitogénique est observé. Dans ce phénomène, le facteur de croissance spécifique ( EGF, PDGF 2 ) est impliqué. Les stimulations observées coïncident avec une augmentation de la réponse des gènes codant à l'intérieur de chaque cellule pour les protéines de stress 1 nécessaires à l'acquisition d'un état de tolérance et les protéines c-fos 2 actives dans les phénomènes de prolifération. Cette stimulation génétique spécifique implique nécessairement une participation des ARN messager correspondants. Les mécanismes d'action de l'hormesis concerneraient ainsi les structures cellulaires les plus profondes, les acides nucléiques. Ils est impossible de parler ici de l'important travail épistémologique du Dr Agnes Lagache et de sa conception originale du passage de l'information portée par le remède entraînant la constitution d'un signifiant. Il faudrait de nombreuses pages encore. Nous pouvons cependant dire que le professeur Bastide a vérifié le nouveau paradigme proposé par le docteur Lagache sur un modèle immunologique classique . Elle a ensuite analysée de façon fort pertinente divers modèles expérimentaux homéopathique selon ce paradigme du "sens" et a réussi à discerner quatre niveaux d'informations différent permettant de classer les modèles expérimentaux. L'ensemble de ce travail est expliqué dans un ouvrage commun publié aux éditions alpha bleue.
Depuis les années cinquante, la recherche expérimentale en homéopathie s'est progressivement organisée selon des critères scientifiques de plus en plus rigoureux. Des scientifiques d'horizons divers s'intéressent aujourd'hui aux mécanismes de l'homéopathie: universitaires, directeurs de recherche d'organismes publics ou privés. Cette diversité d'origine des chercheurs a permis de rapprocher des travaux comme ceux portant sur l'hormesis ou des disciplines comme l'immunologie de la recherche pharmacologique en homéopathie. La création du GIRI en 1986 a été déterminante dans cette évolution. La question se pose maintenant de savoir si les principes de l'homéopathie ne correspondent pas à des lois plus générales, que l'on retrouve à différents niveau de la recherche, et que l'homme n'a jamais voulu voir avant la perception d'Hahnemann. L'homéopathie est vraisemblablement à intégrer dans une nouvelle approche du vivant, pas uniquement physico-chimique. Cette recherche est actuelle: le nombre des publications scientifiques de qualité est sans cesse croissant. Elle est moderne car elle s'organise autour des plus récentes découvertes concernant la régulation des équilibres biologiques. Quarante années de recherches expérimentales nous ont montré que les techniques classiques de la pharmacologie peuvent être employées pour vérifier ou mettre en doute certaines hypothèses. L'action des remèdes homéopathiques peut être analysée par les méthodes scientifiques usuelles même si celles ci ne peuvent pas fournir tous les éléments nécessaires à la compréhension de tous les mécanismes de l'homéopathie C'est à partir de la compréhension des mécanismes complexes de régulation des organismes vivants, en tenant compte du type d'information qui leur est spécifique, que l'on doit élaborer des modèles expérimentaux fiables, de tels "outils" devant permettre à une nouvelle génération de chercheurs de procéder à tous les contrôles nécessaires pour confirmer ou infirmer les hypothèses et les théories. La recherche expérimentale en homéopathie à déjà conduit à la découverte de nouveaux remèdes, à la construction d'un nouveau paradigme conforme à la logique hahnemannienne. Une classification des remèdes en fonction de leur pouvoir informatif vient d'être proposée. On imagine mal aujourd'hui un homéopathe capable de s'enfermer dans une attitude dogmatique rejetant une telle approche scientifique. Karl Popper à révolutionné la recherche scientifique en disant :"ce qui est scientifique, c'est ce dont la fausseté peut être démontrée!" Il propose de remplacer le principe de la vérification par celui de la mise en doute: plus la remise en question d'une théorie fera l'objet d'un échec et plus cette dernière s'avérera probable. Tous les résultats significatifs rapportés dans cet ouvrage ne peuvent être infirmés par quelques rares travaux de vérification négatifs réalisés hâtivement, souvent dans un esprit de polémique, et ne tenant pas compte de toute la complexité de l'homéopathie. Dans son état actuel et sous cet aspect, la recherche expérimentale en homéopathie ne permet pas de réfuter la théorie, bien au contraire. Elle illustre parfaitement la conception définie par de Popper de la démarche scientifique.
Bastide M. Signaux et images; ouvrage collectif; atelier Alpha Bleue, 1990.
Bastide M. Lagache A. Le paradigme du sens; atelier Alpha Bleue, 1992.
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GIRI, comptes rendus des symposiums 1987, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 95, 96, 97,
99...
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BIBLIOGRAPHIE DES PRINCIPALES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES CONCERNANT L'HOMEOPATHIE ET LES TRES HAUTES DILUTIONS DE SUBSTANCE
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une idée de l'importante activité scientifique engendrée par l'approche hahnemannienne
de la médecine.
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Député Européen, Belgique
“Les médecines non conventionnelles et le Parlement Européen”
Présidente du Groupe d'étude des Psychiatres Homéopathe de France,
France
PHARMAKON, PHARMAKOS, HOMEOPATHIE, PLACEBO'
"50 années de recherche expérimentale en homéopathie maintien de certaines orientations antérieures."
Médecin ostéopathe, directeur du collège ostéopathique européen,
Etre vivant “ostéopathie nouvelle médecine humaniste”, ed Carrière