">LE GIRI ET LA RECHERCHE FONDAMENTALE
SUR LES HAUTES DILUTIONS

Doyen Jean CAMBAR

Président du GIRI ( Groupe International de Recherche sur l'Infinitésimal )
Faculté de Pharmacie de Bordeaux - France

Le GIRI, Groupe International de Recherche sur l'Infinitésimal, a été créé à Paris par une quinzaine de chercheurs en 1987. Ses débuts furent difficiles malgré l'enthousiasme des premiers membres fondateurs, en raison des ambitions du projet. En effet, depuis sa création, l'objectif de ce groupe de recherche, totalement indépendant a voulu être le lieu privilégié de rencontre de tous les scientifiques intéressés par les hautes dilutions. Animé par des scientifiques, chercheurs, universitaires, cliniciens ou praticiens, il a essayé de les regrouper quels que soient leurs domaines de compétence, la physique, la chimie, la biologie, la pharmacologie ou la médecine, afin d'échanger leur expérience en présentant et en proposant des projets de recherche sur les hautes ou les très hautes dilutions.

Si les rapports du GIRI avec la thérapie homéopathique sont évidents, ils ne sont pas exclusivement dévoués à l'homéopathie. En effet, un certain nombre de travaux étudie l'effet des très hautes dilutions de principe actif sur différents modèles biologiques, que ce soient des organismes entiers, animaux, végétaux ou humains ou des modèles plus réductionnistes, comme les modèles in vitro, qu'ils soient cellulaires ou acellulaires.

L'état de la recherche en 1999 est donc l'aboutissement d'un travail régulier, en profondeur de près de 12 années, animées par les membres d'un Conseil d'Administration dynamique, notamment par le Pr Madeleine Bastide, fondatrice du GIRI et première Présidente pendant une dizaine d'années.

Au fil des années, ces confrontations scientifiques fructueuses ont eu lieu lors de réunions annuelles ou bisannuelles, notamment à Paris, à Montpellier, à Munich, à Jérusalem, plus récemment à Bordeaux et déjà deux fois dans le cadre des Entretiens de Monaco, témoignant de son intense activité.

La crédibilité scientifique d'un groupe de recherche se traduit bien évidemment par les publications lors de ses propres congrès, mais aussi lors de la parution dans des revues scientifiques largement reconnues indexées aux Current Contents, diffusant à l'extérieur de la communauté spécialisée dans l'infinitésimal, contribuant ainsi à revisiter l'approche conceptuelle des hautes dilutions.
Il est à noter le chemin parcouru depuis 12 ans par le GIRI, qui a su progressivement sensibiliser un grand nombre de chercheurs à l'intérêt croissant des hautes dilutions. C'est ainsi, qu'aujourd'hui près de 100 chercheurs universitaires ou praticiens, issus de 22 pays différents, disséminés dans les cinq continents, contribuent à développer ce genre de recherche peu encouragé par les instances académiques.

Un certain nombre de grandes lignes de développement ont été suivies depuis des années. Il semble intéressant de préciser les grands domaines de recherche dont nous dirons brièvement quelques mots.

Depuis une dizaine d'années, les recherches ont abordé aussi bien des problèmes de biologie fondamentale que de biologie appliquée, dans des domaines aussi variés que la physiopathologie ou la pharmaco-toxicologie expérimentales, ou les domaines de la clinique.

Il faut dissocier dans ces recherches, les approches sur organisme entier avec un niveau élevé d'intégration de système, notamment le problème de l'hormésis. Ainsi, des études ont porté sur des disciplines aussi variées que l'immunologie ou la toxicologie, s'adressant à des modèles plus ou moins complexes, comme la grenouille, le poulet, la souris ou le rat.

Comme on le note depuis plusieurs années, dans la recherche en général, les cultures cellulaires, ou plus largement les modèles in vitro, font progressivement leur apparition comme modèle de choix pour étudier les hautes dilutions. Des structures très simples, comme les cellules isolées, les cellules sanguines par exemple, des modèles plus intégrés comme le duodénum isolé ou enfin des modèles encore plus réductionnistes comme les cultures cellulaires ont servi récemment de modèles intéressants. Il est à noter que le modèle de culture de cellules rénales a été retenu pour mener des études multicentriques de reproductibilité de résultats par le Comité de Réflexion de la Recherche en Homéopathie.

Parallèlement à ces approches mécanistiques, qui tendent à mieux comprendre les mécanismes d'action des hautes dilutions, un grand nombre d'études s'intéresse à la clinique et à la thérapeutique. Sur le plan clinique, il est sûr que la médecine conventionnelle allopathique présente des arguments non objectifs de discrédit de la thérapeutique homéopathique. Il est bien évident que la conception holistique homéopathique va à l'encontre de certaines conceptions de la thérapeutique traditionnelle. Néanmoins, un certain nombre d'approches, soit avec des études randomisées en double aveugle, soit avec des études méta-analytiques ont déjà permis de montrer la qualité des recherches dans certains domaines de la clinique en montrant clairement que la thérapeutique homéopathique méritait d'être étudiée (études sur arnica, belladona, silicea).

De même, cette ouverture sur l'effet thérapeutique des hautes dilutions dans certaines pathologies très actuelles, comme la pollution industrielle en Pologne ou le Sida, a vu aussi ses applications dans certaines maladies du Tiers Monde, où a été proposée l'utilisation de remèdes homéopathiques ou de hautes dilutions dans la malaria au Ghana, dans la malnutrition ou la déshydratation infantile en l'Amérique Centrale.

Mais aussi, le GIRI s'intéresse à l'organisation de la diffusion de ses résultats scientifiques et à la formation des concepts et des méthodologies des hautes dilutions. C'est ainsi que, lors des derniers congrès, on a réfléchi au développement de l'enseignement de la recherche fondamentale et clinique avec les hautes dilutions dans les structures universitaires, notamment dans les facultés de Médecine et de Pharmacie. La mise en place, à l'échelle européenne de structures de collaboration scientifique, va nécessiter la demande de subventions auprès des Communautés Européennes, dans le cadre des programmes BIOMED (COST B4 et New COST B4), qui permettront l'éducation à la recherche, la création et le développement de modèles affinant les explications de l'effet des hautes dilutions.

Enfin, les études qui sont menées dans les différents laboratoires doivent être validées et le meilleur moyen sera de rechercher une reproductibilité dans différents laboratoires à partir d'une procédure bien définie, avec des échanges fréquents au sein de 2 ou 3 laboratoires, afin de montrer que la recherche homéopathique est reproductible et non, comme les critiques l'avancent, qu'elle est " non recherchable " avec une efficacité " non détectable".
Enfin, de nombreuses études ont été menées par certains membres du GIRI dans des méta-analyses bibliographiques, aussi bien dans la recherche fondamentale que clinique, afin de montrer le bien fondé de l'utilisation et de l'étude des hautes dilutions en insistant sur la valeur scientifique de certaines études déjà réalisées, sur la reproductibilité et l'utilisation de ces résultats pour leur exploitation en clinique humaine ou vétérinaire.

Le GIRI a largement contribué, par la somme des articles et des présentations, à montrer l'intérêt de l'utilisation des hautes dilutions dans de nombreux journaux, de biologie cellulaire, d'immunologie, de toxicologie, de pathologie, de pharmacologie ou de thérapeutique. Progressivement, s'est constitué grâce aux membres du GIRI, un véritable arsenal bibliographique, qui a contribué à montrer, au niveau des Communautés Européennes, que des études de recherche clinique et fondamentale en homéopathie, méritaient d'être encouragées et développées comme toute autre thérapeutique. De plus, l'invitation de certains de ses membres à des congrès internationaux sur les médecines alternatives démontre l'implication du GIRI dans l'évolution de la médecine moderne.

Mais, l'une des plus grandes innovations de ces dernières années a été de montrer que l'activité des hautes dilutions provenait aussi bien de la présence de la matière (même à l'état de quelques molécules) que de l'organisation du solvant et de l'information qu'il renferme. Il a été en effet démontré des activités biologiques avec de l'eau dynamisée ou avec de très hautes dilutions (10-30 ou 10-60M). Ainsi, à l'information matérielle traditionnelle, s'ajoute (ou s'établit) une information immatérielle basée sur des rayonnements énergétiques, dont la nature reste à préciser. Les dernières études semblent montrer une co-existence entre une pharmacologie moléculaire et une pharmacologie non moléculaire informationnelle, qui semble révolutionner la biologie et la physique traditionnelles, mais qui ouvre la voie à une nouvelle biologie et, par là-même, à une thérapeutique que le XXIème siècle contribuera à développer.

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