">PLACE DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

EN 1999

Mr Jean Blancher, enseignant en médecine traditionnelle chinoise

 

 Acupuncture et phytothérapie traditionnelle

 

L’exemple du système chinois :

 Cursus universitaire, services hospitaliers, recherche,

et publications scientifiques

 

 

 

À l'heure où, en Europe, les instances officielles ont envisagé d’évaluer l’efficacité et le champ d’application des médecines non conventionnelles, où l’on aborde les questions de l’éthique, de l’enseignement, du rôle préventif de ces thérapies, il est intéressant de tourner son regard vers la Chine qui, depuis 40 ans, a intégré au sein de l'enseignement universitaire, au niveau de la recherche et dans la pratique hospitalière, la médecine traditionnelle chinoise.

 

Notre intention n’est pas de présenter d’une manière conventionnelle cette médecine déjà très présente en Occident, mais d’observer l’organisation et les subtilités du système médical chinois.

 

Révéler les applications de l’acupuncture et de la phytothérapie chinoise notamment dans le domaine des maladies chroniques ou dégénératives, aborder les différents secteurs de l’enseignement universitaire, dévoiler les orientations d’une recherche très diversifiée et préciser le rôle de l’Académie Nationale de Médecine Traditionnelle, sont les différents sujets que nous allons présenter.

 

Ce qui différencie tout d’abord la médecine chinoise des autres médecines non conventionnelles, c’est qu’elle rassemble en elle-même plusieurs branches bien distinctes les unes des autres : la médecine proprement dite qui utilise les vertus des substances médicinales traditionnelles d’origines minérale, végétale et animale, l’acupuncture et la moxibustion, le Qigong (méthode gymnique qui associe la respiration et des mouvements choisis pour canaliser l’énergie dans les différentes parties du corps) et enfin le massage. Ces disciplines, dissemblables sur le plan technologique et complémentaires dans leurs applications thérapeutiques, bénéficient d’une source commune :  la théorie fondamentale de la médecine chinoise.

 

Rassemblée au sein des ouvrages médicaux classiques, celle-ci constitue un véritable trésor qu’il s’agit de sauvegarder. Les innombrables observations cliniques, les approches étiologiques et diagnostiques, les protocoles thérapeutiques issus d’un patrimoine médical millénaire sont tour à tour mis à l’étude, analysés, évalués, confrontés aux données de la médecine et de la science modernes. Une entreprise colossale engagée par les chinois depuis deux décennies.

 

La Chine est en effet devenu la référence, dans ce domaine, par les structures qu’elle a mises en place : universités, centres hospitaliers, instituts de recherche, laboratoires de pharmacologie, plusieurs milliers de praticiens, de chercheurs, de techniciens répartis dans l’ensemble du pays, et une pharmacopée particulièrement riche en plantes médicinales.

 

Il est utile de préciser que la médecine chinoise, dans sa philosophie et sa thérapeutique, ne s'oppose en rien aux principes et aux règles de la médecine occidentale, si celle-ci est utilisée à bon escient. Ainsi, médecins traditionnels et chercheurs ont-ils entrepris des études pour établir des ponts entre les deux médecines et les intégrer dans un système commun.

 

Des départements spécialisés pour le “rapprochement des deux médecines” ont été créés au sein de l’Université de Pékin et de l’Académie Nationale de Médecine Traditionnelle dès 1980.

 

 

 

 

1 - Les études universitaires

 

 

La Chine propose un cursus universitaire très complet dans le domaine de la médecine traditionnelle.

 

Deux sortes d’établissements se partagent l’enseignement : les universités comme celles de Pékin, Nanjing, Shanghai, Canton ou Chengdu et les instituts de médecine et de pharmacie chinoises répartis dans les autres villes universitaires.

 

Le programme de formation défini par l’Etat est le même pour l’ensemble des établissements, mais ces derniers se distinguent les uns des autres par la réputation de leurs professeurs, la nature des spécialisations proposées, le niveau de connaissance que l’on peut y acquérir. L’université de Pékin, et plus particulièrement l’Ecole de l’Académie Nationale de Médecine Traditionnelle Chinoise sont les plus renommées.

 

Le cursus universitaire officiel comporte trois degrés :  la licence, la maîtrise et le doctorat.

 

La licence est le diplôme de base nécessaire à l’exercice de la profession. Plusieurs sections universitaires sont alors proposées à l’étudiant :

 

-  le département d’acupuncture et de moxibustion qui forme des praticiens généralistes en cinq années.

 

- le département de médecine chinoise qui forme des médecins que nous nommerons “phytothérapeutes” chargés de prescrire les substances médicinales traditionnelles après un diagnostic dans les règles de la médecine chinoise. (durée des études : 5 ans)

 

- le département de pharmacologie chinoise qui forme d’une part des pharmaciens chargés de vendre et de conseiller les plantes médicinales, d’autre part, des préparateurs chargés de la fabrication des médicaments et de la préparation des formules magistrales (durée des études :  4 ans).

 

- le département de médecine préventive et de rééducation (durée des études : 5 ans).

 

Le programme d’études comprend la théorie fondamentale de la médecine chinoise et l’ensemble des matières nécessaires à l’exercice de la profession associant les connaissances de médecine occidentale et de médecine traditionnelle. Une année d’internat clinique et un examen terminal seront nécessaires pour obtenir la licence.

 

L’université propose également une formation pour les infirmiers (3 ans d’études) et pour le personnel administratif : gestion, documentation, informatique, librairie (durée des études : 3 à 5 ans).

 

           

Le deuxième niveau est la maîtrise qui n’est accessible qu’aux praticiens licenciés en acupuncture, en phytothérapie ou en pharmacologie. Il s’agit d’une spécialisation sur 3 années, dont deux consacrées aux études médicales et une pour rédiger un mémoire.

 

Les spécialités proposées recouvrent trois grands domaines : la médecine (gynécologie, pédiatrie, traumatologie, oto-rhino-laryngologie, médecine interne et bien d’autres spécialités), la pharmacologie (matière médicale, botanique, formules traditionnelles..) et l’étude de la théorie de la médecine, du chinois classique et des grands traités médicaux.

 

Note : Lorsqu’on parle de la langue chinoise, on doit constamment garder à l’esprit la distance qui existe entre le chinois moderne et la langue classique écrite, ancienne, celle des traités médicaux fondamentaux et de la “grande” littérature. 

L’université forme également des spécialistes chargés de confronter les éléments diagnostiques de la médecine chinoise et de la médecine occidentale dans les différents domaines de la pathologie et d’étudier les associations thérapeutiques des deux médecines.

 

3  niveau, le doctorat, dont nous reparlerons dans le dernier chapitre, qui engage le médecin à soutenir une thèse après 3 années d’études passées généralement auprès d’un professeur qualifié ou d’un maître.

 

Par ailleurs, les universités possèdent généralement d’autres secteurs d’enseignement :

 

- des cours de préparation aux études de médecine   

- une école de massage et mobilisations articulaires

- un collège d’enseignement international pour les étudiants étrangers (enseignement dispensé en plusieurs langues)

- un département de formation complémentaire pour adultes (sorte de formation continue)

- un centre d’étude audiovisuelle

 

auxquels il faut ajouter des unités de recherche et de nombreux laboratoires en pharmacologie.

 

Des entreprises homologuées attachées aux universités fabriquent des médicaments totalement naturels selon les données de la pharmacopée chinoise.

 

 

Côté publications, les universités éditent leurs revues médicales et possèdent dans leurs bibliothèques de nombreux ouvrages. Celle de l’Université de Pékin présente plus de 370 000 publications dont un grand nombre de livres rares sur la médecine chinoise.

 

 

 

2 - Champ d’application de la médecine chinoise et services hospitaliers

 

 

Dans l'ensemble, il y a peu de cabinets privés en Chine. Les hôpitaux dispensent les soins dans les différentes spécialités médicales, chirurgicales et traditionnelles. Ils assurent chaque jour un nombre impressionnant de consultations externes. Certains sont directement rattachés aux universités, aux instituts de recherche ou à l’Académie de Médecine Traditionnelle.

 

Les services de médecine occidentale, d'acupuncture et de phytothérapie sont généralement bien différenciés. Le malade peut choisir sa médecine. Dans les grandes villes, certains hôpitaux ne pratiquent que la médecine traditionnelle chinoise.

 

L’évaluation des résultats thérapeutiques obtenus en pratiquant la médecine occidentale, l’acupuncture et la phytothérapie  chinoise dans les différents domaines de la pathologie, a permis de préciser le champ d’indications des différentes médecines et favorisé la création de services spécialisés.

 

Ainsi, par exemple, à Pékin, les hôpitaux de médecine traditionnelle Xi Yuan et Guang An Men, affilié à l’Académie de Nationale de Médecine Chinoise, disposent de services spécialisés en gynécologie, urologie, pédiatrie, dermatologie, cancérologie, orthopédie et traumatologie, ophtalmologie, oto-rhino-laryngologie, stomatologie, médecine interne, massage, Qigong et un service pour les urgences.

 

Le département de médecine interne est lui-même subdivisé en plusieurs sections  : cardiologie, pneumologie, pathologies digestives, endocrinologie, hématologie, neurologie et gérontologie.   

 

Le champ d’application de la médecine traditionnelle chinoise concerne un grand nombre de pathologies classiques mais aussi des affections difficiles à traiter en médecine occidentale.

 

 

 

 

 

Nous pouvons citer, à titre d’exemple :

 

Traumatologie : consolidations de fractures, syndrome algodystrophique...       

Rhumatologie : états inflammatoires, arthrites, tendinites, polyarthrite rhumatoïde...

Algies :  céphalées, névralgies, algies vertébrales...

Gastro-entérologie : ulcères (93% de guérisons par acupuncture), gastrites, entérites, colites

Infectiologie :  infections ORL, dentaires, intestinales, urinaires, dysenterie bacillaire (92% de guérisons en moins de 9 jours), parasitoses (paludisme), maladies virales (grippe, hépatite B aiguë : 90% de guérisons en 10 jours par acupuncture)...

Pneumologie : bronchite chronique, asthme (71% de guérisons définitives par acupuncture)

Maladies des vaisseaux sanguins : varices, phlébites, artérites, athérosclérose...

Cardiologie : cardiopathies coronariennes (taux de réussites : 84%), hypertension artérielle

Dermatologie : eczéma, herpès, acné, psoriasis, allergies cutanées...

Ophtalmologie-ORL : maladies des yeux (glaucome, myopie, certaines cécités), des oreilles (surdité, acouphènes), infections du rhinopharynx, sinusite...

Gynécologie-obstétrique : stérilité, fibromes utérins, perturbations du cycle menstruel, malposition fœtale...

Urologie : adénome de la prostate, prostatite, infections urinaires, troubles de la miction

Endocrinologie : diabète non-insulinodépendant, pathologies de la thyroïde (hyperthyroïdie, nodule, goitre, maladie de Basdow), troubles de la ménopause...

Neurologie : paralysies dans leur ensemble, épilepsie...

Troubles du système nerveux :  dépression, angoisse, spasmophilie...

Urgences (en collaboration avec la médecine occidentale) : état de choc, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, colique néphrétique, appendicite aiguë...

 

Sans oublier l’aspect préventif de cette médecine qui, à partir de l'étude des symptômes fonctionnels et de la prise des pouls chinois, peut révéler des perturbations dans l’énergie vitale avant l’apparition d’une maladie lésionnelle.

 

 

 

3 - Une recherche diversifiée

 

 

L’importance du patrimoine bibliographique classique, le champ d’application très large de la médecine chinoise et le vif désir de coopérer avec le milieu scientifique moderne ont déterminé les axes de la recherche. Des instituts spécialisés en acupuncture, en pharmacologie et en Qigong se sont développés dans les grandes villes chinoises. Qu’ils soient privés, municipaux ou nationaux comme l’Institut de Recherche de l’Académie de Médecine Traditionnelle à Pékin, ils possèdent en général leurs propres services de consultation, travaillent en collaboration avec les hôpitaux et orientent leurs recherches dans différents domaines :

 

- l’étude des ouvrages fondamentaux et historiques de la médecine chinoise

- l’évaluation des résultats thérapeutiques obtenus dans les services hospitaliers

- la recherche de nouveaux traitements dans les différents secteurs de la pathologie et leurs applications expérimentales

- l’étude des pathologies mal connues ou difficiles à traiter, en associant les connaissances des médecines traditionnelles et occidentales

- la compréhension des mécanismes physiologiques des traitements par acupuncture

- l’étude des substances médicinales traditionnelles à la lumière de la pharmacologie moderne.

 

L’analyse méthodique des grands classiques de la médecine, dont certains chapitres n’ont pas encore été véritablement interprétés, dans le Neijing Lingshu par exemple qui est l’un des plus grands ouvrages de la MTC, l’étude de la littérature médicale publiée au cours des siècles passés, l’étude minutieuse de la théorie fondamentale de la médecine chinoise tiennent une place essentielle dans la recherche. Ces études permettent de mieux comprendre les fondements de cette médecine, d’affiner les diagnostics et de concevoir de nouveaux protocoles thérapeutiques.

 

Certaines unités spécialisées dans l’étiologie et la pathologie cherchent à découvrir les causes des maladies en associant les connaissances traditionnelles et occidentales. Les saisons, le climat, le lieu géographique, l’état psychique du sujet, sa manière de vivre, de manger  sont autant d’éléments capables de fragiliser l’énergie vitale et les défenses de l’organisme vis-à-vis des germes, des substances toxiques, des agents physiques. C’est sur ces bases que les médecins essaient de déterminer les causes souvent multiples des maladies chroniques, dégénératives ou auto-immunes.

 

Des études statistiques dans les services hospitaliers permettent d’évaluer l’efficacité des protocoles   couramment utilisés pendant que les instituts de recherche élaborent de nouvelles stratégies thérapeutiques ou découvrent de nouveaux remèdes.

 

Des résultats encourageants ont été ainsi obtenus dans la prévention et le traitement de maladies difficiles à guérir comme la bronchite chronique, les allergies respiratoires ou cutanées, le psoriasis, la cataracte et le glaucome, le diabète non-insulinodépendant, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques,  les accidents vasculaires cérébraux et leurs séquelles, l’hyperthyroïdie, le fibrome utérin, les colites chroniques, l’hépatite B, les cardiopathies coronariennes, et maintenant le SIDA et une certaine forme de cancers (sein, estomac, œsophage notamment).

 

Des études sont en cours sur les leucémies, en relation avec les départements d’hématologie, de cytologie et biologie moléculaire. On analyse aussi les effets de la médecine chinoise sur les troubles du comportement et de la mémoire, sur les démences séniles en collaboration avec les départements de neurophysiologie. En psychiatrie, des résultats ont été obtenus dans la schizophrénie, la neurasthénie, l’hystérie.

 

On expérimente les points d'acupuncture mal connus et de nouvelles formules médicinales. Des unités spécialisées en endocrinologie, en immunologie et en neurophysiologie analysent les effets de l’acupuncture point par point sur l’organisme.

 

Enfin, de nombreux laboratoires étudient la composition et les effets des plantes traditionnelles sur l’organisme. Jamais la fabrication et la commercialisation des plantes chinoises n’ont atteint un tel essor.

 

 

 

4 - L’Académie Nationale de M.T.C. à Pékin

 

 

Fondée en 1955, l’Académie de médecine traditionnelle de PÉKIN est responsable de la recherche sur le plan national et de la formation des chercheurs et des professeurs de haut niveau.

 

Elle est chargée d’établir les programmes universitaires,  de contrôler la diffusion de publications médicales,  d’étudier les projets de développement de la médecine chinoise en collaboration avec le Ministère de la Santé et l’OMS.

 

L’Académie possède trois centres de formation principaux : un département d’études supérieures, un collège d’acupuncture, de traumatologie et d’orthopédie, et une école de santé pour les auxiliaires médicaux. 

 

Le Département d’études supérieures se distingue par la qualité de son enseignement et le nombre de spécialités proposées. Le niveau minimum requis pour présenter le concours d’entrée est la licence et plus généralement la maîtrise. L’objectif : sélectionner les étudiants les plus doués afin de former des spécialistes, des enseignants, des chercheurs dans les domaines les plus pointus. Les licenciés peuvent y préparer une maîtrise en médecine en 3 ou 4 ans, mais le but est le doctorat qui réclame 3 années d’études supplémentaires.

 

Ces dernières se préparent auprès d’un professeur qualifié ou d’un maître renommé pour ses connaissances dans un domaine très spécifique. Ainsi chaque année, des élèves spécialistes présentent des thèses en bénéficiant des travaux et de l’expérience d’un vétéran.

 

Le choix de la spécialité dépend des notes obtenues au concours d’entrée et des places disponibles dans les différents secteurs d’études. L’élève peut opter pour une spécialité médicale, scientifique, ou pharmaceutique, exercer dans une unité de recherche, se plonger dans l’étude de la théorie fondamentale ou dans l’interprétation des grands classiques, étudier l’histoire de la médecine ou la matière médicale.

 

En outre, l’Académie possède un centre de formation pour les diplômés en médecine occidentale et un centre international d’acupuncture destiné aux praticiens étrangers.

 

 

L’Institut de Recherche de l’Académie de Pékin est considéré comme le plus important du pays. 3000 chercheurs, médecins, techniciens y exercent. Plus de 300 projets d’études sont en cours dans les secteurs que nous avons cités ci-dessus. Il faut souligner qu’un certain nombre d’unités travaillent sans relâche dans le domaine des maladies incurables, le cancer, les hépatites, les maladies cardiovasculaires, le diabète, le paludisme, le SIDA.

 

Établir un parallèle entre les théories médicales traditionnelles et la médecine moderne est aussi l’un des objectifs essentiels de l’Institut.

 

En pharmacologie, l’étude des substances médicinales permet d’établir des normes de qualité, de préciser les effets et les indications des préparations pharmaceutiques. À l’heure actuelle, plus de    8 000 plantes sont répertoriées et utilisées !

 

Des services de consultation au sein de l’Académie et deux hôpitaux (Xi Yuan et Gange An Mens)  collaborent aux recherches cliniques et expérimentales.

 

Par ailleurs, l’office de documentation et la bibliothèque détiennent 300 000 ouvrages médicaux dont 60 000 livres anciens incluant des éditions rares et des exemplaires uniques.

 

Les services de publications rédigent plusieurs revues spécialisées (1) à l’intention des médecins  ainsi que des ouvrages regroupant les thèses et les résultats de la recherche dans les différentes spécialités médicales et scientifiques. Un site Internet a été ouvert.

 

(1)   Revues spécialisées :                 “Médecine Traditionnelle Chinoise”, “Médecine chinoise et médecine occidentale”, “Journal de la matière médicale chinoise”, “Acupuncture et moxibustion”, “Histoire et littérature de la médecine”.

 

 

 

L’Europe peut-elle s’inspirer du modèle chinois ?

 

 

L’organisation du système médical chinois est sans aucun doute un exemple pour les nations occidentales et garantit la survie de cette médecine séculaire dans un monde en pleine expansion économique. Et sans avoir l’intention, pour l’heure, de mettre en place une telle structure, les pays européens pourraient envisager un cursus universitaire propre à la médecine chinoise.

 

Il faut avouer cependant, au-delà des débats politiques et économiques soulevés par les médecines non conventionnelles en Europe, que le développement de l’acupuncture et de la phytothérapie chinoise suscite quelques questions.

 

En matière d’enseignement, une formation générale et approfondie est effectivement possible. Elle existe du reste sous diverses formes suivant les pays. En revanche, l’apprentissage dans des domaines très spécialisés ne semble réalisable qu’en Chine à l’heure actuelle, car c’est probablement le seul pays à posséder les structures hospitalières et le personnel enseignant capable de dispenser une telle formation.

 

Dans le domaine de la phytothérapie, si la Chine a établi des contrôles stricts sur les herbes médicinales et institué des normes de qualité sur leur provenance et leur pureté, encore faut-il que ces plantes satisfassent aux normes européennes et qu’elles soient admises et contrôlées dans le pays d’arrivée. À l’heure actuelle, seuls quelques importateurs commercialisent des plantes dont l’origine est fiable et l’on est loin de trouver, du moins en France, l’ensemble des herbes nécessaires à la pratique de la médecine chinoise.

 

Pour ce qui est de la recherche, il nous paraît difficile d’évaluer l’efficacité et le champ d’application réel de la médecine chinoise sans une collaboration avec la Chine très en avance dans ce domaine.

 

Et que de temps gagné dans nos propres recherches si nous pouvions bénéficier des publications scientifiques (actuellement éditées en chinois, pour la plupart !) et collaborer officiellement avec l’Académie de Médecine Traditionnelle Chinoise de Pékin.

 

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