IMMUNOLOGIE ET GLOBALITÉ

 

par Madeleine Bastide

Professeur Emérite

Laboratoire d'Immunologie et Parasitologie

Faculté de Pharmacie, Université Montpellier I


I - FONCTION DU SYSTEME IMMUNITAIRE
II - DYSFONCTIONNEMENT DU SYSTEME IMMUNITAIRE
III - LE SYSTEME IMMUNITAIRE DANS LA GLOBALITE DE L'INDIVIDU

1- Les signifiants corporels comme médiation entre le soma et la psyché
2- Le Soi Immunologique dans le paradigme des Signifiants Corporels
3- Le récepteur des lymphocytes T: moyen d'identification sémantique du Soi
IV - LES NIVEAUX DE COMMUNICATION DU VIVANT: APPLICATION AU SYSTEME IMMUNITAIRE
1- le paradigme des signifiants corporels
2- Les niveaux de communication dans le vivant
V - NOUVELLE INTERPRETATION DES PATHOLOGIES DU SYSTEME IMMUNITAIRE ET DE LEUR THERAPEUTIQUE




            Le système immunitaire intrigue toujours par sa complexité et son originalité; en effet, sa répartition dans tout l'organisme par le réseau lymphatique et les ganglions, sa présence matérialisée par divers organes aux fonctions apparemment différentes (moelle, thymus, rate, foie, etc...), et surtout son rôle lié avant tout aux phénomènes de communication cellulaire en font un candidat rêvé pour illustrer le concept de globalité. Ce système a été dénommé "le cerveau mobile", ce qui sous-entend une fonction qui dépasse largement la conception mécaniste classique et suggère déjà un rôle de qualité "informationnelle".

            Après un rappel rapide de la finalité et du fonctionnement du système immunitaire, nous allons analyser son dysfonctionnement conduisant à diverses pathologies en comparant la vision de ce système dans le concept mécaniste classique à celle réalisée dans une autre structure de pensée : si nous nous éloignons de la vision des interactions molécule-récepteur pour un autre modèle intégrant le système immunitaire dans la globalité de l'individu, dans l'interprétation signifiante de sa relation avec le monde extérieur, nous constatons que les pathologies (et leur thérapeutique) permettent une nouvelle interprétation.

            Plusieurs thérapeutiques non conventionnelles, éloignées de la thérapeutique allopathique mécaniste, semblent alors particulièrement bien adaptées à la correction des dysfonctionnements du système immunitaire.

 

I- FONCTION DU SYSTEME IMMUNITAIRE

 

            La distinction entre "le soi" et "le différent de soi" est le principe de base de la réponse immunitaire. La différence de soi (désignée couramment par le terme “ non soi ” ce qui présuppose son identification…) est identifiable par l'organisme qui déclenche les systèmes d'élimination de ce qui est différent : c'est la réaction anticorps (figure 1).

         

Le soi est figuré par des molécules de nature glycoprotéique exprimées sur la membrane de toutes les cellules de l'organisme désignées par "Complexe Majeur d'Histocompatibilité" ou CMH : en effet la diversité de ces molécules est telle d'un individu à l'autre qu'elles vont pouvoir caractériser l'individu : elles représentent le soi et participent au rejet d'une greffe basée sur la différence du CMH entre le donneur et le receveur.


      

Figure 2: Structure de la molécule de CMH (classe I ou II) présentant une partie rigide plissée b et deux hélices a entre lesquelles s'insère le peptide également sous forme d'hélice a

           

Ces molécules font partie de la super-famille des immunoglobulines. Les homologies apparaissant entre les structures des molécules de cette grande famille impliquent qu'elles dérivent d'une structure ancestrale (datant d'environ 500 millions d'années) qui est restée, à travers l'évolution, l'unité génétique et moléculaire de base. Dans cette famille moléculaire se trouvent, au sommet de la hiérarchie d'adaptation à la diversité, les molécules de reconnaissance du système immunitaire ( le récepteur de l'antigène des lymphocytes T ou TCR, le récepteur de l'antigène des lymphocytes B ou immunoglobulines), puis les molécules du CMH qui jouent le rôle de "marqueur" du soi et de molécule de "présentation" des peptides au récepteur des lymphocytes T. En effet, on sait maintenant que le CMH possède une structure particulière ménageant une poche dans laquelle des peptides provenant de l'antigène étranger à l'organisme s'installent (figure 2). L'ensemble CMH + peptide étranger se place à la surface de la cellule de présentation de l'antigène, prêt à être reconnu par les lymphocytes T au moyen du récepteur de l'antigène TCR (Figure 3). Il a été montré par analyse cristallographique (Bjorkman, 1987) que cette poche était en réalité toujours occupée: soit par des peptides du soi incapables de déclencher une réponse des lymphocytes T, soit par des peptides différents de soi (antigène), capables alors de déclencher l'activation des lymphocytes T. Dans cette famille des immunoglobulines, on trouve également de nombreuses molécules telles que molécules d'adhésion cellulaire, récepteurs des immunoglobulines, mais aussi molécules d'adhésion des neurones, confirmant une parenté d'origine entre le système nerveux et le système immunitaire dans l'évolution.


 

            Le déclenchement de la réponse immunitaire est liée à cette seule reconnaissance de la différence du soi. Dès que cette reconnaissance se produit, des cascades d'évènements biochimiques ont lieu dans le lymphocyte T conduisant à son activation par dérépression des gènes de facteurs de croissance (interleukine 2 ou 4). La fixation de l'interleukine 2 sur son récepteur exprimé par le lymphocyte T (par exemple lymphocyte T CD4 - TH1), dans un mécanisme autocrine, va déclencher la synthèse d'autres cytokines capables de provoquer l'activation des lymphocytes T CD8 cytotoxiques qui vont détruire les cellules porteuses de l'antigène par phénomène de cytotoxicité (réponse cellulaire). Les TCD8 encore désignés par lymphocytes cytotoxiques ou CTL seront aidés dans leur élimination des cellules indésirables (cible) par une cytokine, le tumor necrosis factor (TNF), et par l'action conjointe de deux autres types cellulaires, les cellules Natural Killer

                        

et les macrophages complètement activés : ces derniers vont produire du monoxyde d'azote (NO) qu'ils libèrent et qui diffuse dans la cible en la tuant. Si l'orientation de la réponse va dans le sens de la sécrétion d'anticorps (immunoglobulines spécifiques de l'antigène détecté par le lymphocyte B par une reconnaissance de "forme"), les TCD4 -TH2 activés libèrent les cytokines activant les lymphocytes B; ceux-ci, sous l'effet de diverses cytokines, vont évoluer vers la structure plasmocytaire et secréter abondamment l'immunoglobuline à fonction anticorps qui avait permis leur sélection par l'antigène.

            Les caractéristiques de ces deux types de réponses sont la spécificité (vis à vis de l'antigène inducteur) et l'établissement d'une mémoire de type cellulaire par maintien du clone spécifique.

            Le système immunitaire assure continuellement la survie des organismes dans un environnement où les agresseurs sont multiples et variés. Sa régulation est d'une importance particulière puisque l'équilibre se joue entre une activité permettant la défense vis à vis des éléments étrangers tout en préservant l'intégrité du soi. Pour cette raison, les régulations existent à tous les niveaux, faisant intervenir un équilibre subtil entre les diverses cellules, les cytokines (par exemple l'interféron gamma et l'interleukine 4 se régulent mutuellement), les récepteurs solubles, les anticorps régulateurs (anti-idiotypiques), les hormones (le régulateur négatif majeur est le cortisol), les neuropeptides et neuromédiateurs (régulateurs négatifs de l'activation des lymphocytes tels que le vaso-intestinal peptide ou VIP, le calcitonin gene-related peptide ou CGRP etc...).

 

 

II- DYSFONCTIONNEMENT DU SYSTEME IMMUNITAIRE

           

            Lorsque pour des raisons variables, l'équilibre du système immunitaire est perturbé (stress, pathologies virales, traitements immunosuppresseurs, etc....) diverses pathologies apparaissent qui se manifestent de façon variée selon la prédisposition génétique du sujet, son environnement, la nature de la fracture immunologique etc...

            Les pathologies peuvent être classées en trois groupes majeurs, si on excepte les déficits congénitaux provenant d'une anomalie génétique et le problème des greffes et transplantations; ceux-ci correspondent à une situation de dysfonction du système immunitaire totalement artificielle créée par un acte thérapeutique, le remplacement d'un organe par un organe d'un autre individu de même espèce ou non.

 

            Le premier groupe rassemble les pathologies dues à une insuffisance d'efficacité du système immunitaire dans le rejet de l'agresseur étranger (pouvant conduire à la mort).

Ce phénomène peut être léger ou atteindre le système dans son ensemble : le cas le plus évocateur est celui des infections virales affectant les TCD4 comme l'action du VIH dans le SIDA. Dans les pathologies de ce type on cherche soit à stimuler le système immunitaire (immunomodulateurs), soit à éliminer les agents pathogènes (antiviraux, antibiotiques, antiparasitaires), soit à éliminer la cause (ex: anti-retrovirus dans le SIDA associé à la thérapeutique de protection contre les agents pathogènes citée précédemment).

 

            Le deuxième groupe rassemble les pathologies dues à une "hypersensibilité" du système immunitaire dont la plus répandue (30% de la population) est l'hypersensibilité à effet immédiat ou allergie. Cette hypersensibilité est due théoriquement à une surproduction d'immunoglobulines E qui se fixant en abondance sur les granulocytes basophiles du sang ou sur les mastocytes des tissus vont provoquer la dégranulation de ces cellules chaque fois que des antigènes spécifiques vont se combiner au site anticorps : la conséquence de la dégranulation est la libération de substances inflammatoires diverses libérées à partir des phospholipides membranaires, la formation de cytokines proinflammatoires, de substances chimiotactiques diverses, le tout entretenant la pathologie. Deux types de thérapeutique existent: soit dans le but d'empêcher ou de neutraliser les effets de la dégranulation, soit par injection de petites doses de l'allergène en cause pour provoquer une "désensibilisation" .

On dit que l'allergique "voit le danger là où il n'est pas" ou qu'il est "hypersensible" à certains antigènes.

 

            Le troisième groupe rassemble les pathologies auto-immunes dans lesquelles on observe une réponse immunitaire dirigée contre certaines molécules appartenant à l'organisme (auto-antigènes) causant des lésions auto-entretenues par la permanence de l'auto-antigène dans l'organisme. La cause véritable des maladies auto-immunes est inconnue; on soupçonne cependant des infections virales ou bactériennes comme inductrices de rupture de tolérance à certains auto-antigènes; ils seraient dénaturés par l'élimination des germes au niveau des tissus par la réponse immunitaire elle-même (hépatites et réponse anti-foie, diabète juvénile et réponse anti-cellules b du pancréas, etc....). Il existe aussi des "réactions croisées"  résultant de parenté de structure entre antigènes de l'agresseur et auto-antigènes (streptocoques A et antigènes du coeur, etc..) . Les "prédispositions génétiques" liées à la structure du CMH dont certains allèles permettent une meilleure présentation des auto-antigènes  existent (le meilleur exemple est la relation  HLA B27 et le risque relatif de la spondylartrite ankylosante etc..). Et puis existe l'inconnu, le circonstantiel, "le stress" et sa relation avec le système immunitaire passant par le chemin hormonal ACTH-cortisol ou par la glande pinéale et la mélatonine etc....

            Il nous semble que l'on peut regrouper :

(i) les maladies auto-immunes de circonstances (réactions croisées, infections, etc..) dont l'apparition résulte vraiment d'une erreur de reconnaissance du système immunitaire qui est trompé et qui fonctionne avec une erreur "mécanique".

(ii) les maladies auto-immunes de "personnalité" , plus profondes, dans lesquelles on retrouvera certaines polyarthrites rhumatoïdes, des scléroses en plaque, le lupus érythémateux et toutes les connectivites, les maladies d'organes comme les thyroïdites (Hashimoto, Basedow) etc...dont on sait qu'elles se déclenchent souvent après un stress violent, ou un déséquilibre immunitaire, et pour lesquelles l'étiologie est inconnue. Il nous semble que dans ce cas, il existe une erreur d'interprétation profonde entre le soi et ce qui est différent et à rejeter, que le mécanisme de tolérance centrale du soi est perturbé et qu'il s'agit beaucoup plus d'une perte de personnalité "immunologique et/ou physiologique et/ou générale" que d'une cause mécanique. Cette interprétation correspond aux approches thérapeutiques obtenues avec certaines thérapeutiques non conventionnelles qui traitent beaucoup plus le malade que la maladie: en effet, l'approche allopathique est dans ce cas limitée aux palliatifs, immunosuppresseurs et anti-inflammatoires, ayant pour fonction de "limiter les dégats" sans élimination de la cause.

 

             

III- LE SYSTEME IMMUNITAIRE DANS LA GLOBALITE DE L'INDIVIDU

 

            Le terme de "globalité" ne peut être traduit par une somme d'interactions telles qu'elles sont décrites dans la notion classique de réponse immunitaire. Sa définition ne fait intervenir ni une réalité anatomique ni une localisation. La globalité est une propriété dynamique intrinsèque du vivant et ne peut être réduite à ses composants biologiques. Elle se situe au-dessus d'une interdépendance de tous les systèmes conduisant à une modification ou à une adaptation de l'ensemble du corps. L'organisme fait appel à tout mécanisme de régulation utilisable et mélange aussi bien le phénomène physique que la modification psychique. La globalité suppose une gestion générale des problèmes qui vont ensuite faire l'objet de réglements adaptés à chaque agression. Elle traduit les interactions dans le monde intérieur et avec le monde extérieur qui sont les caractéristiques du vivant. Il est certain que système immunitaire est un des outils qui va permettre à l'organisme de résister à certaines attaques. Il est certainement un composant physiologique très perfectionné qui a assuré la pérennité des espèces au milieu des situations hostiles et des agressions de toutes sortes, la plus importante étant constituée par le parasitisme microbien, c'est à dire l'invasion par tous les organismes viraux, monocellulaires ou pluricellulaires se développant aux dépens d'un organisme vivant. Le vivant n'est pas une juxtaposition de systèmes mécaniques basée sur le dogme du tout moléculaire : l'organisme possède les particularités du vivant, sa capacité créatrice, son adaptabilité, sa faculté de s'intégrer à l'environnement et sa temporalité.

            Il semblerait que le résultat obtenu par le fonctionnement du système immunitaire constitue une fonction "globale" de l'individu. Mais pour cela, les outils conceptuels permettant cette approche manquent car rien n'est proposé pour assurer la communication entre le soma et la psyché qui se présentent pourtant comme partie intégrante de la globalité.

 

            1- Les signifiants corporels comme médiation entre le soma et la psyché

 

            La seule médiation possible entre le soma et la psyché est proposée par A.Lagache (Lagache 1988, 1997a, 1997b) : nous lui devons la proposition d'un nouveau paradigme, le paradigme des signifiants corporels (figure 4) mettant en jeu la communication analogique, permettant des communications non symboliques au niveau corporel: "le corps et l'esprit ne sont pas des objets, ni non plus des "boîtes" closes sur leur substance, mais des réseaux d'information vivants, organisés selon des lois régulières et intelligibles".


Figure 4: le paradigme des signifiants corporels, médiation entre les paradigmes mécaniste et symbolique.

 

L'information va utiliser la présentation mimétique pour désigner son objet. Tout se passe sous la forme d'une communication purement sensible dont le support peut être supposé : le seul exemple de support que l'on puisse donner est celui apporté par les dilutions homéopathiques dont on sait qu'elles sont sensibles à des radiations électromagnétiques (Hadji & coll., 1992) ou que leur effet est transféré par des appareils adaptés (Endler & coll., 1994, 1995, 1997). Pourquoi ne pas proposer comme hypothèse que ces informations corporelles soient transmises par des radiations electromagnétiques de très faible intensité et de très basse fréquence émises de façon stable par les solvants aqueux dynamisés. L'eau qui représente 90% de notre corps est continuellement dynamisée à environ 90 pulsations par minute. Il a été reconnu que, de façon non traditionnelle, l'eau joue un rôle de ligand des macromolécules ce qui lui confère une fonction de médiation de contacts moléculaires (Douzou, 1994) ; cette fonction de médiation pourrait aussi se situer au niveau informationnel par émission electromagnétique endogène qui véhiculerait ainsi les informations des substances appartenant à l'organisme. Ce pourrait être le cas de certaines cytokines tels les "Colony Stimulating Factors" (CSFs, par exemple l'interleukine 3) libérés à des concentrations très faibles dans le microenvironnement des cellules immunocompétentes au cours des interactions cellulaires lors de la réponse immunitaire. Ces CSF sont capables d'effet à distance sur les cellules souches hématopoïétiques de la moelle (effet endocrine). Ce phénomène n'est pas explicable par un taux sérique comparable à celui des hormones étant donnée la très faible concentration initiale après libération locale et l'effet de dilution du sang circulant. Une hypothèse serait la communication aux cellules souches hématopoïétiques de la moelle par la nature "informante" de ces cytokines consécutive à leur dynamisation sanguine. Les informations reçues par le corps jouent alors le rôle de "signifiants biologiques ou corporels", capables de provoquer des modifications physiologiques après traitement de l'information par l'organisme. Cette communication suit des règles très précises différentes des échanges d'objets (Bastide & Lagache, 1992, 1995, 1999).

 

            2- Le Soi Immunologique dans le paradigme des Signifiants Corporels

 

            Nous pouvons alors introduire une nouvelle dimension dans le concept du Soi Immunologique qui, rappelons-le, joue un rôle fondamental dans l'identification de ce que l'organisme doit rejeter (cf. § I). Le Soi et la globalité d'un organisme sont complètement liés : en effet, la globalité repose sur la notion de "soi", cette entité "globale" qui définit une structure vivante, avec une complexité qui va croître avec sa place dans l'échelle de l'évolution. Nous nous intéressons bien sûr à l'organisme humain, le plus abouti dans l'évolution, donc le plus complexe, avec ses trois niveaux correspondants aux paradigmes indiqués précédemment : le niveau moléculaire avec sa complexité et ses systèmes de rétrocontrôles de type cybernétique; le niveau des informations biologiques, avec un transporteur que l'on peut suggérer de type électromagnétique, et le niveau psychique dans son ensemble. L'organisme communique sur le plan intérieur continuellement, échangeant à tous les niveaux, de la psyché au moléculaire (somatisation, allergie, etc...), construisant ses représentations corporelles en réponse aux informations biologiques (symptômes, etc...) (Bastide & Lagache, 1999).

            L'organisme communique également avec le milieu extérieur, de façon permanente. L'organisme qui reçoit une information ou un stimulus sur un niveau donné et qui peut y répondre sur le même niveau s'adapte sans risque de pathologie. Mais quand la réponse est partielle ou décalée vers un niveau inférieur, l'organisme se trouve dans une situation d'hyper-réponse de compensation : il est obligé de traiter à un niveau inférieur un évènement qui requerrait une régulation plus générale. Le symptôme d'une pathologie va apparaître comme étant une expression inadéquate qui a une tendance à la fixation, empêchant l'organisme de dialoguer avec le monde. Le symptôme est alors la représentation de la pathologie qui ne peut être traitée naturellement : l'organisme "montre" sa pathologie, chaque sujet avec sa particularité d'interprétation ( individualisation)

 

            Le soi immunologique se confond alors avec le soi biologique (Figure 5) : il n'en est que la particularité qui utilise pour survivre les outils immunologiques mis à sa disposition. La notion de symptôme, chère à l'homéopathie, puisqu'elle sert de base à la loi de similitude, peut y figurer également . Les maladies" inapparentes" qui valurent le prix Nobel à Charles Nicolle en sont un exemple frappant : ces pathologies infectieuses (toxoplasmose, rubéole, etc...), dues à un agresseur bien identifié, peuvent être traitées naturellement par l'organisme sans symptôme, d'où leur désignation par le terme "inapparentes" ; et pourtant la cicatrice sérologique est bien là, prouvant le phénomène immunologique de défense. Ceci signifie bien que le symptôme n'apparait que dans la situation où comportement normal ne peut pas s'exercer (en général, au cours d'une immunodépression même légère). 


 

            3- Le récepteur des lymphocytes T:  moyen d'identification sémantique du Soi

 

            Le corps vivant ne possède pas les qualités de l'objet qui sont la norme du paradigme mécaniste : il reçoit et traite des informations qui lui permettent d'organiser sa propre existence. L'interprétation mécaniste des interactions cellulaires en Immunologie conduit, par exemple, à une grande difficulté dans le concept de la présentation de l'antigène aux lymphocytes T: existe-t-il des structures spécifiques du soi identifiables par les lymphocytes qui seront tolérées et d'autres qui seront rejetées? L'approche structuraliste se trouve en difficulté à ce propos. Le système immunitaire considéré comme un système sémantique entre alors dans une autre logique.

            Si nous reprenons ce qui a été énoncé au § I, la présentation des antigènes par les cellules compétentes (cellules de présentation des antigènes) aux lymphocytes T se fait toujours dans une poche constituée par les régions terminales des deux chaînes du CMH (pour les molécules de classe II), ou par les deux derniers domaines de la chaîne du CMH (pour les molécules de classe I). Dans la poche du CMH se trouve donc un peptide capable d'être reconnu par le récepteur d'un lymphocyte T. Deux situations peuvent se présenter : soit le peptide provient d'une molécule "étrangère", soit le peptide appartient au soi. En effet, cette poche n'est jamais vide et en l'absence d'une stimulation antigènique, un peptide du soi va l'occuper. Le lymphocyte, au moyen de son récepteur TCR, va identifier simultanément le peptide et le CMH.(fig.3).

 

 

Deux situations sont donc possibles (fig. 6):

 

          ( 1) le lymphocyte va identifier le peptide provenant de molécules du soi et le couple SOI/CMH + SOI/PEPTIDE sera présenté au lymphocyte. Cette association ne déclenche pas l'activation du lymphocyte qui ne perçoit aucune différence puisqu'il s'agit dans les deux cas d'un peptide de même origine, le soi. 

           (2) au contraire, quand la poche est occupée par un peptide d'origine étrangère (SOI-CMH + ETRANGER/PEPTIDE), une différence apparaît qui devient signifiante pour le système immunitaire; en effet, au niveau sémantique, la différence engendre toujours une signification : "En fait, ce que nous désignons par information,-l'unité élémentaire d'information-, c'est une différence qui crée une différence" (Bateson, 1980). Le fait même que le peptide étranger soit inclus dans la molécule de CMH qui est un élément du soi crée la différence. L'antigène devient alors un objet identifiable par l'organisme: le CMH rend l'antigène signifiant pour l'organisme. A partir du moment où cette information est identifiée par le clone approprié de lymphocytes T CD4 (initiateurs de la réponse immunitaire) qui joue alors le rôle de receveur de cette information, une cascade d'évènements liés à la synthèse de cytokines et de récepteurs membranaires va provoquer l'expansion clonale des lymphocytes répondeurs qui vont induire à leur tour une série d'interactions cellulaires aboutissant à l'élimination de l'antigène par activation de cellules cytotoxiques ou par action de molécules anticorps (Bastide et Lagache, 1992, Bastide, Lagache & Missone, 1995).

Il faut souligner que le mécanisme de reconnaissance de l'antigène qui déclenche tous les phénomènes immunologiques spécifiques par analyse de "structures" (paradigme mécaniste) n'est toujours pas élucidé. Les peptides, constitués de quelques acides aminés, (7 à 11 pour les molécules de classe II et 10 à 17 pour les molécules de classe I) toujours structurés en hélice a, ne constituent pas une variabilité conformationnelle décisive et identifiable comme soi ou comme "non soi". On voit d'ailleurs que le terme "non soi" classiquement utilisé par les immunologistes, suppose une "identification" de l'antigène à détruire alors que le terme "différent de soi" ne suppose que l'analyse d'une différence; or la sélection positive des lymphocytes dans le thymus se fait uniquement par l'aptitude des lymphocytes à reconnaître et identifier le CMH, c'est à dire le soi.

 

 

IV-LES NIVEAUX DE COMMUNICATION DU VIVANT: APPLICATION

AU SYSTEME IMMUNITAIRE

 

            Nous avons pu répertorier diverses possibilités de communications dans le vivant (Bastide & Lagache, 1999). Pour cela, l'utilisation des trois paradigmes (§III-2) est nécessaire à l'établissement de cette hiérarchie (figure 7). Ceci nous amène à détailler le paradigme des signifiants corporels alors que les paradigmes mécaniste et symbolique sont connus dans notre culture philosophique.

 

            1- le paradigme des signifiants corporels

 

            Les informations reçues par le corps (§III-2) jouent le rôle de "signifiants biologiques", capables de provoquer des modifications physiologiques après traitement de l'information par l'organisme. Cette communication suit des règles très précises différentes des échanges d'objets (pas de perte après échange mais une situation différente avant et après l'information (Lagache, 1988, 1997a, 1997b). Les exemples les plus simples sont ceux analysant expérimentalement l'action de substances endogènes (appartenant à l'organisme lui-même). Lorsqu'il s'agit de substances endogènes hautement diluées et dynamisées, donc sous forme informationnelle, l'information apportée est automatiquement lue par l'organisme qui "connait" ses propres constituants; les molécules composant l'organisme ont naturellement un sens pour cet organisme; c'est ainsi que de hautes dilutions dynamisées de bursine (tripeptide isolé de la bourse de Fabricius du poulet) ont pu "remplacer" la bourse de Fabricius chez des poulets bursectomisés à tel point que ceux-ci ont pu sécréter et réguler leurs anticorps comme les poulets normaux (Youbicier-Simo & coll., 1993, 1996a, 1996b, 1997). 

            Lorsqu'au contraire il s'agit de molécules exogènes dont l'information n'est pas identifiable naturellement par l'organisme, un "cadre de lecture" est nécessaire pour que l'organisme puisse traiter ces informations. Cette clé peut être fournie soit par la loi d'identité, soit par la loi de la similitude proposée par l'homéopathie. Prenons l'exemple de la loi d'identité (il y a identité d'objet entre ce qui cause la pathologie et l'origine des dilutions dynamisées) : des cellules tubulaires rénales traitées par de hautes dilutions de cadmium ont reçu l'"information" cadmium (solution dynamisée à 10-40M) qui va provoquer leur résistance à l'intoxication par ce même métal (Cal & coll., 1986; Delbancut, 1994). Dans ce cas, nous sommes dans une loi d'identité: l'information et le stress toxique sont de même nature et la cellule a pu se prémunir; le phénomène est strictement spécifique comme cela a été démontré (Delbancut, 1994).

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Lorsque nous considérons la loi de similitude dans le domaine homéopathique stricto sensu, nous constatons que  la correspondance entre les symptômes observés dans la pathogénésie d'un remède donné à un sujet sain et ceux présentés par le malade permet la correction des symptômes du malade. Mais qu'est-ce qu'un symptôme? il correspond, chez le malade, à une expression de sa maladie; une expression n'est rien d'autre que la réalisation de soi dans une forme donnée, sous le double auspice de la finalité et de la totalité, en fonction des données et de l'histoire. Cependant les circonstances pathologiques font que le symptôme est une expression qui n'aboutit pas à une résolution, une expression inachevée, bloquée. Le symptôme devient alors une représentation corporelle de cette expression qui résulte de la conjonction de circonstances externes et internes: il devient une création signifiante de l'individu dans son ensemble, dans sa globalité, qui correspond à l'expression que le sujet donne à sa maladie. On retrouve la notion freudienne du symptôme comme tentative de guérison : le malade subit ses symptômes comme "imposés" , mais ils sont toujours une tentative active de solution. On comprend alors pourquoi la thérapeutique homéopatique possède une telle puissance : par observation de la représentation de la maladie lue dans sa globalité, le thérapeute peut renvoyer à cet organisme malade une image semblable de cette représentation apportée par le remède dilué et dynamisé. Cette image semblable reproduit les symptômes observés chez un sujet sain ayant reçu ce remède sous forme informationnelle. Cette image joue un rôle de réinformation sur la pathologie et l'organisme est alors capable de traiter lui-même ses symptômes par un effet qui pourrait être de type cathartique (Lagache, 1988, 1997a, 1997b; Bastide & Lagache, 1992, 1995, 1999). Ainsi le symptôme apparaît-il comme une sorte d'expression inachevée et quelque peu fourvoyée que la thérapeutique homéopathique, par la similitude, remet en train en direction de la capacité de changement, donc de l'équilibre de santé.

            Ce paradigme des signifiants biologiques prend donc en compte la similitude, l'utilisation de solutions hautement diluées et dynamisées et enfin l'individualisation dans la globalité. Il ne s'agit plus du corps réduit à l'état d'objet de la science mécaniste mais bien des propriétés du vivant, de son originalité et de son évolution au cours du temps.

 

            2- Les niveaux de communication dans le vivant

 

                        Le niveau 1 (Figures 7 et 8) est celui des interactions molécules-récepteurs. Toute la science biologique moderne est construite sur ce principe qui a permis de proposer une sorte d'unité conceptuelle des mécanismes moléculaires. Les conséquences de l'interaction sont, elles, très documentées et font l'objet de très nombreux travaux. L'immunologie n'échappe pas à cette analyse et en particulier toutes les interactions cellulaires au cours de la réponse immunitaire sont décortiquées. Les molécules d'adhésion, les diverses cytokines et leurs divers récepteurs font l'objet d'un nombre incalculable et toujours grandissant de publications. Nous sommes strictement dans l'échange d'objets, donc simplement dans une vision mécaniste.

 Hiérarchie des fonctions de communication du système immunitaire.

Hypothèse sur les niveaux de rupture de tolérance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le niveau 2 (Bastide & Lagache, 1999) correspond aux mécanismes de régulation (figures 7 et 8). A ce niveau apparaît déjà une fonction d'échange un peu plus évoluée, par l'apparition du "signal" non médiatisé qui déclenche des comportements différents qui correspond à la régulation cybernétique. On retrouve là tous les systèmes de régulation biologique, les signaux provoquant des transconformations de récepteurs qui donnent des effets inverses etc.... Les caractéristiques des systèmes cybernétiques sont, à côté de la fonction signal, une contrainte mutuelle des parties qui fait fonctionner l'ensemble comme une totalité et la présence d'une causalité rétroactive aboutissant à un effet action-réaction. On peut rattacher à ce niveau les interactions entre neuropeptides et lymphocytes, ou entre les interleukines agissant sur le système nerveux central comme les interleukines 1 et 6 qui provoquent la fièvre et le sommeil. La fièvre par la vasodilatation va faciliter la diapédèse des leucocytes appelés aux lieux de contamination et le sommeil est là pour éviter toutes les dépenses d'énergie non indispensables à la survie de l'organisme au moyen des phénomènes immunologiques. La majeure partie des régulations immunologiques (sécrétion des cytokines, production de clones de lymphocytes, synthèse des anticorps etc..) appartiennent à ce niveau. Ces sous-systèmes sont les éléments fonctionnels que l'ingéniérie des niveaux supérieurs va utiliser et coordonner .

 

            Le niveau 3 nous fait déjà pénétrer dans le paradigme des signifiants à un niveau très fruste. En effet la "dynamique du vivant" permet la survie et la conservation des espèces, quelle que soit leur place dans l'évolution. Il existe d'abord une lecture de l'environnement qui va permettre une "adaptabilité" organisée : il s'agit d'une capacité de copie de l'environnement permettant de ruser avec lui.

            Le darwinisme (Bastide & Lagache, 1999), par sa proposition des mutations faites au hasard et ensuite sélectionnées par la pression de l'environnement ne peut expliquer ces copies de l'environnement faites avec une telle exactitude. Combien de tentatives seraient nécessaires pour une telle perfection ? Il est beaucoup plus logique de penser que le principe de mutation/sélection ne se produit qu'au moment de "l'ajustage" et n'est que fignolage de l'évolution. Ceci peut être comparé à l'augmentation de l'affinité des anticorps qui, une fois synthétisés par le lymphocyte B sélectionné par son adéquation à reconnaître l'antigène, va subir des hyper-mutations au niveau du site anticorps; ceci se produit dans les structures périphériques des ganglions et non dans la zone de maturation des cellules souches (Kelsoe, 1999). C'est le même principe d'ajustage.

            L'évolution est plus subtile et il est logique de penser que cette dynamique du vivant va permettre des raccourcis dans l'adaptation aux meilleures méthodes de survie. Prenons les virus, structures les plus frustes, à la limite de l'objet, parasites obligatoires puisque n'ayant aucun appareil de reproduction sinon l'ingéniérie cellulaire de l'hôte qu'ils détournent à leur profit. Leur "ruse" leur permet de fabriquer des copies des molécules du système immunitaire pour échapper aux mécanismes immunologiques seuls  capables de les détruire (Ahuja & coll., 1993; Alcami  & coll., 1991). Parmi les microorganismes les plus adaptés à ce mécanisme de "copie" se trouvent les parasites: "la relation hôte-parasite, paradigme essentiel de la dépendance parasitaire, repose sur le dialogue permanent et raffiné au cours duquel s'expriment les stratégies de survie parasitaire et les mécanismes de défense de l'hôte". (Capron, 1995). Dans ces parties de cache-cache, les gagnants sont bien souvent les parasites qui se sont appropriés de nombreux signaux et messages de la communication cellulaire: cytokines, facteurs de croissance, neuropeptides, interférent directement avec les réseaux de la réponse immunitaire (Bastide & Lagache, 1999) .

 

           Le niveau 4  (Bastide & Lagache, 1999) nous fait basculer totalement dans la dynamique du vivant. La corrélation avec le phénomène immunologique est totale. Nous y trouvons d'abord le concept de l'effet rebond  (ou "self-recovery") qui provoque dans un organisme une récupération physiologique au cours du temps (figure 9a) alors que l'hormesis ou loi d'Arndt-Schultz montre l'effet stimulant sur la croissance de l'organisme de doses plus faibles d'un toxique (Figure 9b) et son corollaire la loi d'identité moléculaire (Figure 9c) qui s'applique exactement à l'immunologie (Figure 9d). Le vivant (le soi biologique et sa spécialisation immunologique) est capable globalement de s'organiser pour résister dès qu'il se trouve en présence d'un agresseur (chimique, viral, bactérien, parasitaire). Sa défense la moins spécifique est une stimulation de la croissance (hormesis). Le principe de l'hormesis est très simple puisque le vivant va choisir dans sa panoplie de défense le système de défense le plus adapté à l'effet pathologique induit. Le phénomène existe chez tous les organismes quelle que soit leur place dans l'évolution (bactéries, plantes, champignons, insectes, parasites mono ou pluricellulaires, organismes différenciés etc...). Lorsqu'il s'agit de stress chimique ou physique, la défense s'organise au moyen de molécules de protection du type Heat Shock Proteins (HSP) ou protéines de stress, qui sont présentes dans tous les organismes depuis la bactérie jusqu'à l'homme (Jarquier-Sarlin & coll.., 1994; van Wijk, 1993). Si l'agression est de type infectieux, on trouve chez tous les organismes inférieurs une gamme d'armes peptidiques synthétisées lors des agressions (Pattus, 1992). Les organismes unicellulaires, procaryotes (bactéries) ou eucaryotes (levures, protozoaires etc..) possèdent donc déjà un équipement de défense naturelle. Les plantes les rejoignent puisque elles possèdent également "des gènes de résistance" (Meller, 1994; Pernollet & coll., 1994; Dron & coll., 1995). Les insectes qui au plan de l'évolution constituent un monde à part ont à leur disposition un arsenal de défense phagocytaire. L'aspect humoral de leur défense est représenté par la présence de peptides à propriétés antibactériennes dont la libération augmente en présence des agresseurs (Therre, 1990; Lehrer & coll., 1999). Nous sommes toujours dans le même modèle agression-défense adaptée mais sans la "spécificité" immunologique. Ces molécules inductibles, non spécifiques de la bactérie en cause, sont sécrétées lors de l'agression microbienne. Nous sommes dans un cas typique d'hormesis: ceci va nous conduire directement à la loi d'identité qui est un corollaire de l'hormesis (Figure 9c). En effet, il suffit de prétraiter un organisme avec une dose non létale d'un toxique donné et ensuite d'intoxiquer cet organisme avec la même substance pour observer une protection vis à vis de ce toxique. L'hormesis nous apprend que l'agresseur déclenche toujours la réponse de défense adaptée. Lors de la deuxième introduction du toxique, celui-ci verra sa toxicité diminuée de façon proportionnelle à la quantité de molécules de défense synthétisées. Ce procédé a souvent été appliqué avec une idée d'"immunité", les plus célèbres utilisateurs étant Mithridate et Raspoutine.....Mais ce processus étant lié à la libération de molécules de défense de type HSP n'est que momentané: il n'y a pas de "mémoire" sinon de courte durée correspondant à la mécanique de sécrétion. Metalnikoff (1920) avait déjà observé que les chenilles de Galleria mellonella résistaient aux infections bactériennes lorsqu'elles étaient mises en contact au préalable avec de faibles quantités de bactéries. Les défensines des insectes ( Hoffman, 1992) n'étant pas spécifiques de l'agresseur, l'action croisée peut être observée. La loi d'identité moléculaire ne comporte ni mémoire, ni étroite spécificité. Ce phénomène est d'ailleurs responsable de toutes les formes dites de "résistance" (aux pesticides, aux insecticides, aux antibiotiques, aux antiparasitaires etc...) dans lesquelles l'organisme visé fait appel à toutes les ressources de son génome pour trouver une parade, soit en amplifiant une synthèse d'une substance préexistante, soit en "réveillant" un gène non transcrit (Vanden Bosche, 1994). Les vraies mutations sont très rares et représentent l'adaptation complète. Il est vrai qu'ensuite, la pression de sélection va favoriser toutes les souches ayant trouvé la parade de résistance.

            On comprend alors que le "soi biologique" qui est la possibilité synthétique de se mouvoir entre les différents niveaux d'information de l'organisme puisse accéder à des systèmes de plus en plus sophistiqués avec les organismes supérieurs. Il est vrai qu'il existe des structures très conservées comme la famille des récepteurs Toll (Kopp & coll., 1999) qui sont présents chez les insectes jusqu'aux mammifères. Ces récepteurs de la lignée germinale peuvent représenter le système le plus ancien de défense puisqu'ils communiquent avec les facteurs de transcription qui interviennent au cours de la réponse immunitaire. Le système immunitaire des mammifères, le plus sophistiqué, a fait un bond extraordinaire depuis les chordés primitifs. Il devient un système totalement adapté à la défense du soi biologique qui devient le "soi immunologique". On pressent que les organismes ont fait évoluer ce système qui devient plus efficace, plus adapté à la reconnaissance, qui sait garder et mémoriser ses outils de défense : en un mot, nous montons dans le niveau de l'information pour assister à la formation du système immunitaire qui devient donc un système hybride, mi-mécanique, mi-informationnel, qui crée des molécules à double face, servant de médiation entre la mécanique et l'information. Nous avons décrit ces molécules du CMH (§ I; III 2, III 3) puisqu'elles ont déjà une fonction de présentation et aident à la représentation du monde extérieur au sein de l'organisme. La réponse immunitaire n'est qu'une application très sophistiquée de la loi d'identité moléculaire. Nous verrons cependant que des niveaux supérieurs peuvent être atteints. (Bastide & Lagache, 1999).

 

            Le niveau 5 nous fait accéder directement à la médiation informationnelle puisqu'il ne fait plus appel à une sollicitation moléculaire mais à une "information" représentée par une dilution diluée et dynamisée, dépourvue de molécule (Bastide & Lagache, 1999). Il s'agit donc toujours de la loi d'identité mais le prétraitement n'est qu'un "avertissement" du danger par une information dont l'origine est rigoureusement identique au danger lui-même (figure 10). Ce modèle a été abondamment étudié dans la littérature homéopathique (Tisseyre, 1996). Il a été montré que, contrairement à l'identité moléculaire, cette protection est très spécifique et que des protections croisées ne sont pas observées (Delbancut, 1994). Les molécules de défense ne sont libérées qu'au moment de l'agression et non antérieurement, ce qui explique justement cette absence de réaction croisée (Delbancut, 1994).

 

Deux applications existent qui concernent les phénomènes immunitaires:

           l'isopathie est celle que l'on désigne à tort comme "vaccination homéopathique" par utilisation de vaccins ou d'antigènes viraux, bactériens ou parasitaires dilués et dynamisés. Si nous reprenons le principe de cette loi d'identité informationnelle, toujours dans le principe action-réaction, on voit que la première étape d'action sera incomplète puisque seule l'information est donnée; aucune molécule ne sera synthétisée après l'information qui est cependant reçue (et mémorisée?) par l'organisme. L'action et la réaction seront simultanées au moment de la réelle intoxication-objet, phénomène classique d'un apprentissage que l'on ne peut mettre en évidence qu'en situation d'agression réelle. La recherche d'anticorps après traitement informationnel d'un "vaccin" est donc impossible, ce qui a fait conclure dans certaines étude réalisée avec Influenzinum par exemple, à l'absence d'efficacité dans des essais thérapeutiques. Cette loi d'identité informationnelle est très spécifique ce qui explique les insuccès de traitement préventif d'une pathologie si l'information ne correspond pas très exactement à l'agent pathogène.

           la désensibilisation est une application immunologique qui concerne l'allergologie ou qui peut être plus générale. Les désensibilisations classiques prétextent toujours l'apparition d'"anticorps bloquants " qui n'ont été mis en évidence que dans le cas du venin d'hyménoptères. Que la désensibilisation allergique soit réalisée de façon allopathique (doses de plus en plus fortes) ou homéopathiques (dilutions de plus en plus grandes, Taylor-Reilly, 1986), le mécanisme semble le même: nous pouvons cette fois considérer qu'il s'agit d'un nouvel apprentissage chargé d'informer l'organisme que l'antigène considéré n'est pas un danger pour lui. (L'allergique est celui qui voit le danger où il n'est pas, § II). Nous sommes toujours dans la même logique de raisonnement.

 

            Le niveau 6 nous fait quitter le mécanisme action-réaction envisagé au niveau précédent (Bastide & Lagache, 1999). Nous entrons maintenant dans le monde de l'information ayant un "sens" pour l'organisme : l'information sera interprétée, traitée,  représentée; nous sommes dans la communication sensible.

            Notre expérience nous a montré que des molécules endogènes appartenant à l'organisme, utilisées sous la forme informationnelle, c'est à dire diluées et dynamisées, étaient comprises, traitées par cet organisme qui les reconnait; elles sont alors capables de provoquer des réponses physiologiques puissantes. Nous avons montré un effet immunomodulateur de hautes dilutions dynamisées de thymuline (hormone thymique), d'interféron leucocytaire etc..(Bastide & coll., 1985, 1994, 1995b ) avec un effet d'immunostimulation des souris immunodéprimées et un effet opposé chez les souris saines. Nous sommes également arrivés à la conclusion que l'information thymuline-interleukine 3, par exemple, pouvait avoir des effets contraires selon l'état des souris  fortement irradiées et traitées: si les sujets sont trop faibles donc si l'information est trop puissante, celle-ci ne peut être traitée et peut immunodéprimer fortement les souris qui meurent contrairement à l'effet physiologique d'immunostimulation qui lui est observé chez des souris moins immunodéprimées (Guennoun et coll., 1997). Nous entrons déjà dans ce que nous allons appeler la communication mimétique, encore très simple puisque il ne s'agit que d'informations physiologiquement naturelles. Le résultat le plus spectaculaire (et répétable) a été obtenu par le remplacement d'un organe d'éducation des lymphocytes B chez le poulet, la Bourse de Fabricius, par  de hautes dilutions dynamisées de bursine sous forme informationnelle(Youbicier-Simo & coll., 1993, 1996a, 1996b, 1997). Dans ce dernier modèle, nous sommes réellement dans l'effet physiologique authentique. Ceci nous permet d'émettre l'hypothèse que pendant la vie embryonnaire ou même après la naissance, les molécules du système immunitaire peuvent agir selon le mode informationnel, argument particulièrement important quand on songe au réseau des cytokines.      

 

            Les deux derniers niveaux 7 et 8 nous amènent au cœur de la communication sensible. Nous sommes dans le paradigme des signifiants corporels. Le niveau 7 correspond à la représentation du symptôme alors que le 8eme niveau ajoute une étape supplémentaire qui est la correction du symptôme par traitement de l'information par communication analogique (Lagache 1988, 1997a, 1997b, Bastide & Lagache 1997, 1998, Bastide & coll., 1995a, 1998). Nous ne reviendrons pas sur cette communication sensible par analogie des symptômes exprimés par le sujet sain (pathogénésie ou proving) et le sujet malade.

            De tels niveaux existent-ils ailleurs ? quelle place occupent-ils dans le système immunitaire, cet outil si perfectionné comparé à un "cerveau mobile" ?  Nous n'aurons évidemment pas le même modèle de mimesis que dans l'homéopathie, c'est à dire l'image de symptômes. Mais nous allons pouvoir montrer que la communication sensible peut exister dans le système immunitaire (Bastide & Lagache, 1999).

            Il faut d'abord souligner son extraordinaire plasticité, son adaptation à la défense de l'organisme qui au cours de l'évolution, le fait passer de la fonction hormétique simple, non spécifique, à une extraordinaire capacité de reconnaissance, à l'établissement d'une mémoire, qualité qui, nous l'avons vu, sont des caractéristiques de l'information.

            Cet outil si bien adapté à la diversité utilise les molécules particulières de présentation du CMH comme nous l'avons déjà vu (§ I & III). Les molécules du CMH nous font aborder des protéines particulières, qui semblent servir de médiation entre les deux systèmes de réponse, mécaniste et informationnel. Nous les désignerons par "protéines médiatrices d'information". Car il existe d'autres molécules de présentation avec une structure en berceau constituée d'une partie rigide de la molécule en plissé b surmontée de deux hélices a assez souples permettant d'enchâsser un composant d'une autre origine destiné à "être présenté". Le support général du berceau est constitué par les parties conservées des molécules-supports. On retrouve dans cette catégorie, à côté des molécules du CMH, les molécules CD1, premiers marqueurs de lymphocytes T à apparaître lors de la maturation thymique et reconnus actuellement comme structure de présentation des structures lipidiques ou glyco lipidiques aux lymphocytes T (Beckman & coll., 1995; Porcelli & coll., 1998). La vision mécaniste des interactions entre peptides et récepteurs des T est alors rendue très problématique par la capacité de ces mêmes récepteurs à reconnaître des structures lipidiques. A l'opposé, l'hypothèse informationnelle (§ III) ne souffre pas de cet élargissement de la reconnaissance.

            Ces protéines "médiatrices" se sont enrichies d'une dernière molécule tout à fait importante qui donne encore plus de crédibilité à notre hypothèse. En effet, il a été découvert (Burmeister & coll., 1994a, 1994b; Ravetch & coll., 1994) que le récepteur des immunoglobulines G chez le nouveau-né, désigné par Récepteur du Fc néonatal ou RFcn , présentait une forme semblable à celle du CMH classe I (figure 11).

 

         

Figure 11: Images du Récepteur neo-natal des Ig (a A et partie supérieure de B) et du CMH classe I (Ab avec le peptide antigénique, partie inférieure de B sans le peptide antigénique). Burmeister & coll., 1994.



 

Les immunoglobulines G sont les seules à pouvoir traverser le placenta: elles assurent la protection du foetus et du nouveau-né pendant les trois premiers mois de sa vie. Ces récepteurs ont alors une autre propriété fondamentale sur le plan informationnel, puisqu'ils transmettent au nouveau-né, selon un héritage non mendélien, le réseau idiotypique de la mère biologique constitué exclusivement par des immunoglobulines G (Bastide & Lagache, 1999).

            Le plus étrange est que les récepteurs des IgG ont ensuite des formes totalement différentes, dès le début de la maturation immunologique de l'enfant. Or le réseau idiotypique nous amène à la communication sensible. En effet, ce réseau est constitué par un ensemble d'immunoglobulines solubles ou exprimées sur la membrane des lymphocytes B comme récepteur de l'antigène. Chaque immunoglobuline, porteuse d'un site anticorps, va provoquer la formation d'un anticorps capable de se combiner à son tour avec ce site. Ce deuxième anticorps va à son tour provoquer la formation d'un troisième anticorps etc.. Ce réseau idiotypique, proposé par Jerne, va comporter des anticorps qui seront de véritables "images internes" des antigènes (figure 12). On entrevoit un héritage non génétique, un héritage du vécu immunologique et biologique, transmis par le réseau idiotypique dont justement le récepteur possède l'aspect d'une molécule médiatrice d'information. L'exemple est d'autant plus surprenant que la structure en berceau présente des parties non fonctionnelles, en particulier une des hélices a présente sur la partie rigide b.

                        Quel est le rôle des images internes des antigènes ? il a été démontré qu'elles miment un antigène qui peut être un composé chimique, par exemple, tout en fonctionnant dans une communication de type analogique comme la loi de similitude dans la communication sensible. Par exemple, dans un travail expérimental de tumeur chez le rat (Chagnaud & coll., 1991, 1993a, 1993b) par utilisation du benzo(a)pyrene, molécule cancérigène, Faiderbe & coll. (1991; 1997) ont démontré que l'image interne (anticorps de l'anticorps anti benzo(a)pyrene), utilisée préventivement chez le rat, a empêché la tumorisation par cette même molécule. Les délais de prétraitement étaient suffisants pour qu'il ne s'agisse pas d'une compétition. On ne peut interpréter un tel résultat qu'au plan informationnel: l'image du produit cancérigène créée par l'organisme a en quelque sorte prévenu l'organisme de façon beaucoup plus efficace que le toxique lui-même à faible dose (loi d'identité moléculaire). L'interprétation mécaniste supposerait le même effet des deux structures (Bastide & Lagache, 1999)..

 

 

V- NOUVELLE INTERPRETATION DES PATHOLOGIES DU SYSTEME IMMUNITAIRE ET DE LEUR THERAPEUTIQUE

 

            Cette nouvelle vision de la fonction du système immunitaire nous permet de reconsidérer son dysfonctionnement et sa thérapeutique.

            Nous avons divisé très schématiquement les pathologies en trois grands groupes (§ II) , les déficits congénitaux et les greffes constituant deux situations très particulières.

 

            Le premier groupe rassemble les pathologies dues à un manque d'efficacité du système immunitaire dans le rejet de l'agresseur étranger. Ce phénomène est lié à des causes diverses ce qui exclut une thérapeutique étiologique sauf en cas d'immunosuppression médicamenteuse (ce qui demande alors son interruption..!) Il faut souligner que la corticothérapie fréquemment  utilisée dans les pathologies infectieuses induit toujours une immunodépression (le cortisol est le régulateur négatif de l'activation des lymphocytes T). De proche en proche, des états immunodépressifs chroniques peuvent s'installer par effet iatrogène lié à l'abus de cette thérapeutique.

Les médicaments capables de stimuler le système immunitaire sont rares : leur autorisation de mise sur le marché (AMM) est souvent remise en cause car les essais cliniques présentent souvent une marge de positivité réduite. La plupart d'entre eux utilisent des dérivés de molécules d'origine bactérienne réputés pour leur aptitude à stimuler surtout les macrophages (dérivés de Klebsiella pneumoniæ, ribosomes bactériens, etc..). La balance immunitaire très régulée peut aussi bien annuler leurs effets que déclencher une immunodépression réactionnelle si la stimulation est trop forte. Il devient donc préférable de stimuler les lymphocytes T dans leur capacité de reconnaissance, ce que fait par exemple la thymuline, en utilisant seulement la forme informationnelle (dilutions Hahnemanniennes)(Bastide & coll, 1985, 1995).

 

            Le deuxième groupe rassemble les pathologies dues à une hypersensibilité ou allergies. Ces pathologies augmentent mondialement de près de 1% par an sans qu'aucune corrélation vraiment significative puisse être faite entre un mode de vie particulier, une thérapeutique immunodépressive, des pollutions spécifiques, des prédispositions génétiques (qui ne peuvent évoluer étant un élément stable de la population).

Une seule exception existe, à notre avis, pour les allergies alimentaires dues à des protéines de l'alimentation, en particulier dues au laits d'animaux. L'analyse de cette allergie rejoint les observations faites plus loin à propos des pathologies auto-immunes d'intoxication.

La seule thérapeutique immunologique véritable reconnue pour les allergies est la "désensibilisation". Les autres thérapeutiques allopathiques ne sont là que pour bloquer les mécanismes de dégranulation à diverses étapes ou pour neutraliser les médiateurs libérés. La pratique et les explications du mécanisme de la désensibilisation prouvent à quel point le raisonnement allopathique est désarmé lorsqu'il s'agit d'exprimer en termes mécaniste un procédé strictement informationnel (voir § IV, niveau 5).

 

            Le troisième groupe rassemble les pathologies auto-immunes  que nous avons réparties dans un but de simplification d'une part en maladies auto-immunes de circonstances (réactions croisées, infections, etc..) dont l'apparition résulte vraiment d'une erreur de reconnaissance du système immunitaire qui est trompé et qui fonctionne avec une erreur "mécanique" et d'autre part en maladies auto-immunes de "personnalité" . En effet, la maladie auto-immune, énigme tant au plan étiologique qu'au plan de la thérapeutique allopathique, met en jeu le principe même du système de reconnaissance: c'est la "différence" qui est mal analysée par l'organisme. Il nous semble, après étude de tous les niveaux de communication existant dans le système immunitaire, que la "rupture de tolérance", c'est à dire l'erreur de reconnaissance conduisant à une activation des clones de lymphocytes capables d'attaquer les molécules du soi, peut se situer à trois étages différents (figure 8).

             La première rupture pourrait être due à un phénomène d'"intoxication antigénique", le plus fréquent car le plus facile à atteindre. Les travaux de Jean Seignalet et sa thérapeutique de prévention par le régime alimentaire sont à prendre en considération dans cette hypothèse. Le nombre des protéines alimentaires "nouvelles" ne cesse d'augmenter puisque tout le matériel nutritif muté ou transgénique va être "inconnu" pour notre tube digestif. Il faut savoir qu'en plus des protéines "directes" d'un composant tel que le lait se trouvent également des composants de l'alimentation animale, dont l'origine parfois douteuse et dans la plupart des cas artificielle va faire des laits, fromages et dérivés, un élément très nocif pour les organismes sensibles. Les problèmes immunologiques liés à l'absorption de ces protéines se retrouvent dans l'allergie alimentaire au lait, si fréquente maintenant chez les enfants, et dans les patholmogies auto-immunes d'intoxication. Celles-ci forment certainement la majeure partie des pathologies auto-immunes guérissables par la diététique. Les autres sont liées à d'autres phénomènes.

            Le deuxième risque de la rupture de tolérance se situe au niveau 4, lorsque par la loi d'identité, l'organisme organise sa défense contre un agresseur qui possède des antigènes présents également dans le soi (streptocoque A) ou qui va dénaturer certains auto-antigènes (diabète juvénile, hépatite B ou C, etc..).

            Le troisième risque de rupture est plus subtil, d'un niveau très élevé, lié le plus souvent à un stress psychique (deuil, peur, traumatisme, vexation etc...). Il va se dérouler vers les niveaux inférieurs, faisant perdre à l'organisme sa propre identification qui se traduit par un manque de discernement entre le soi et ce qui est différent. Les relations entre le système psychique, le système nerveux central et le système immunitaire sont multiples (Bédard, 1995) et le résultat de cette perte d'identité, de discernement du soi amplifiée par toutes les interactions à tous les niveaux vont provoquer une reconnaissance erronée, une somatisation du stress, une immunodépression.   

            La meilleure thérapeutique est sans doute une thérapeutique de "ré-information" du sujet qui doit retrouver sa personnalité psychique et biologique: l'homéopathie pratiquée dans une similitude très profonde permet alors d'établir un nouvel équilibre du sujet, comme P.Servais a pu l'observer. Les thérapeutiques non conventionnelles ont des atouts supplémentaires puisqu'elles utilisent des moyens que l'organisme peut comprendre et traiter.

            Quant aux vaccinations, on réalise avec la loi d'identité que la meilleure protection sera toujours réalisée par "l'identique" et non par des structures plus ou moins chimériques comme les vaccins recombinants qui peuvent ne pas avoir de "sens" pour l'organisme. Les règles de comportement du système immunitaire définies dans la logique informationnelle nous aident à mieux analyser ce qui peut être "entendu" et ce qui peut déclencher des réactions anormales ou perverses comme certains vaccins recombinants.

 

           

            Le système immunitaire ne peut être assimilé à une mécanique protectrice : il est avant tout informationnel. Sa fonction sémantique liée à la présence des molécules de présentation en font une interface entre les objets et la globalité. L'analyse détaillée du sémantique permet en effet d'en étendre les lois au-delà du domaine psychologique où il était confiné, dans les réactions fines des systèmes vivants, telles par exemple qu'elles se montrent dans les phénomènes actifs des interactions immunologiques ou de l'homéopathie.

"Le monde extérieur  n'enseigne pas à l'organisme ce qu'il est censé savoir; l'organisme doit lui-même créer du sens à partir du monde extérieur, il n'existe aucune recette pour y parvenir" (Israel Rosenfield, L'invention de la mémoire, Eschel , Paris,1990.

 

 

 

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