IMMUNOLOGIE
ET GLOBALITÉ
par Madeleine Bastide
Professeur Emérite
Laboratoire d'Immunologie et Parasitologie
Faculté de Pharmacie, Université Montpellier
I
I
- FONCTION DU SYSTEME IMMUNITAIRE
II - DYSFONCTIONNEMENT DU SYSTEME IMMUNITAIRE
III - LE SYSTEME IMMUNITAIRE DANS LA GLOBALITE DE L'INDIVIDU
1- Les signifiants corporels comme médiation entre le soma
et la psyché
2- Le Soi Immunologique dans le paradigme des Signifiants Corporels
3- Le récepteur des lymphocytes T: moyen d'identification sémantique
du Soi
IV - LES NIVEAUX
DE COMMUNICATION DU VIVANT: APPLICATION AU SYSTEME IMMUNITAIRE
1- le paradigme des signifiants corporels
2- Les niveaux de communication dans le vivant
V - NOUVELLE
INTERPRETATION DES PATHOLOGIES DU SYSTEME IMMUNITAIRE ET DE LEUR THERAPEUTIQUE
Le
système immunitaire intrigue toujours par sa complexité et son originalité; en
effet, sa répartition dans tout l'organisme par le réseau lymphatique et les
ganglions, sa présence matérialisée par divers organes aux fonctions
apparemment différentes (moelle, thymus, rate, foie, etc...), et surtout son
rôle lié avant tout aux phénomènes de communication cellulaire en font un
candidat rêvé pour illustrer le concept de globalité. Ce système a été dénommé
"le cerveau mobile", ce qui sous-entend une fonction qui dépasse
largement la conception mécaniste classique et suggère déjà un rôle de qualité
"informationnelle".
Après
un rappel rapide de la finalité et du fonctionnement du système immunitaire,
nous allons analyser son dysfonctionnement conduisant à diverses pathologies en
comparant la vision de ce système dans le concept mécaniste classique à celle
réalisée dans une autre structure de pensée : si nous nous éloignons de la
vision des interactions molécule-récepteur pour un autre modèle intégrant le
système immunitaire dans la globalité de l'individu, dans l'interprétation
signifiante de sa relation avec le monde extérieur, nous constatons que les
pathologies (et leur thérapeutique) permettent une nouvelle interprétation.
Plusieurs
thérapeutiques non conventionnelles, éloignées de la thérapeutique allopathique
mécaniste, semblent alors particulièrement bien adaptées à la correction des
dysfonctionnements du système immunitaire.
I- FONCTION
DU SYSTEME IMMUNITAIRE
La
distinction entre "le soi" et "le différent de soi" est
le principe de base de la réponse immunitaire. La différence de soi (désignée couramment par le terme “ non soi ”
ce qui présuppose son identification…) est identifiable par l'organisme qui
déclenche les systèmes d'élimination de ce qui est différent : c'est la réaction anticorps
(figure 1).
Le soi est figuré par des molécules de nature
glycoprotéique exprimées sur la membrane de toutes les cellules de l'organisme
désignées par "Complexe Majeur d'Histocompatibilité" ou CMH : en
effet la diversité de ces molécules est telle d'un individu à l'autre qu'elles
vont pouvoir caractériser l'individu : elles représentent le soi et participent
au rejet d'une greffe basée sur la différence du CMH entre le donneur et le
receveur.
Figure 2:
Structure de la molécule de CMH (classe I ou II) présentant une partie rigide
plissée b et deux hélices a entre lesquelles s'insère le peptide également sous
forme d'hélice a
Ces molécules font partie de la super-famille des
immunoglobulines. Les homologies apparaissant entre les structures des
molécules de cette grande famille impliquent qu'elles dérivent d'une structure
ancestrale (datant d'environ 500 millions d'années) qui est restée, à travers
l'évolution, l'unité génétique et moléculaire de base. Dans cette famille
moléculaire se trouvent, au sommet de la hiérarchie d'adaptation à la
diversité, les molécules de reconnaissance du système immunitaire ( le
récepteur de l'antigène des lymphocytes T ou TCR, le récepteur de l'antigène
des lymphocytes B ou immunoglobulines), puis les molécules du CMH qui jouent le
rôle de "marqueur" du soi et de molécule de "présentation"
des peptides au récepteur des lymphocytes T. En effet, on sait maintenant que
le CMH possède une structure particulière ménageant une poche dans laquelle des
peptides provenant de l'antigène étranger à l'organisme s'installent (figure
2). L'ensemble CMH + peptide étranger se place à la surface de la cellule de
présentation de l'antigène, prêt à être reconnu par les lymphocytes T au moyen
du récepteur de l'antigène TCR (Figure 3). Il a été montré par analyse
cristallographique (Bjorkman, 1987) que cette poche était en réalité toujours
occupée: soit par des peptides du soi incapables de déclencher une réponse des
lymphocytes T, soit par des peptides différents de soi (antigène), capables
alors de déclencher l'activation des lymphocytes T. Dans cette famille des
immunoglobulines, on trouve également de nombreuses molécules telles que
molécules d'adhésion cellulaire, récepteurs des immunoglobulines, mais aussi
molécules d'adhésion des neurones, confirmant une parenté d'origine entre le
système nerveux et le système immunitaire dans l'évolution.
Le
déclenchement de la réponse immunitaire est liée à cette seule reconnaissance
de la différence du soi. Dès que cette reconnaissance se produit, des cascades
d'évènements biochimiques ont lieu dans le lymphocyte T conduisant à son
activation par dérépression des gènes de facteurs de croissance (interleukine 2
ou 4). La fixation de l'interleukine 2 sur son récepteur exprimé par le
lymphocyte T (par exemple lymphocyte T CD4 - TH1), dans un mécanisme autocrine,
va déclencher la synthèse d'autres cytokines capables de provoquer l'activation
des lymphocytes T CD8 cytotoxiques qui vont détruire les cellules porteuses de
l'antigène par phénomène de cytotoxicité (réponse cellulaire). Les TCD8 encore
désignés par lymphocytes cytotoxiques ou CTL seront aidés dans leur élimination
des cellules indésirables (cible) par une cytokine, le tumor necrosis factor
(TNF), et par l'action conjointe de deux autres types cellulaires, les cellules
Natural Killer
et les macrophages complètement activés : ces
derniers vont produire du monoxyde d'azote (NO) qu'ils libèrent et qui diffuse
dans la cible en la tuant. Si l'orientation de la réponse va dans le sens de la
sécrétion d'anticorps (immunoglobulines spécifiques de l'antigène détecté par
le lymphocyte B par une reconnaissance de "forme"), les TCD4 -TH2
activés libèrent les cytokines activant les lymphocytes B; ceux-ci, sous
l'effet de diverses cytokines, vont évoluer vers la structure plasmocytaire et
secréter abondamment l'immunoglobuline à fonction anticorps qui avait permis
leur sélection par l'antigène.
Les caractéristiques de ces deux
types de réponses sont la spécificité (vis
à vis de l'antigène inducteur) et l'établissement d'une mémoire de type cellulaire par maintien du clone spécifique.
Le
système immunitaire assure continuellement la survie des organismes dans un
environnement où les agresseurs sont multiples et variés. Sa régulation est
d'une importance particulière puisque l'équilibre se joue entre une activité permettant
la défense vis à vis des éléments étrangers tout en préservant l'intégrité du
soi. Pour cette raison, les régulations existent à tous les niveaux, faisant
intervenir un équilibre subtil entre les diverses cellules, les cytokines (par
exemple l'interféron gamma et l'interleukine 4 se régulent mutuellement), les
récepteurs solubles, les anticorps régulateurs (anti-idiotypiques), les
hormones (le régulateur négatif majeur est le cortisol), les neuropeptides et
neuromédiateurs (régulateurs négatifs de l'activation des lymphocytes tels que
le vaso-intestinal peptide ou VIP, le calcitonin gene-related peptide ou CGRP
etc...).
II-
DYSFONCTIONNEMENT DU SYSTEME IMMUNITAIRE
Lorsque
pour des raisons variables, l'équilibre du système immunitaire est perturbé
(stress, pathologies virales, traitements immunosuppresseurs, etc....) diverses
pathologies apparaissent qui se manifestent de façon variée selon la
prédisposition génétique du sujet, son environnement, la nature de la fracture
immunologique etc...
Les
pathologies peuvent être classées en trois groupes majeurs, si on excepte les
déficits congénitaux provenant d'une anomalie génétique et le problème des
greffes et transplantations; ceux-ci correspondent à une situation de
dysfonction du système immunitaire totalement artificielle créée par un acte
thérapeutique, le remplacement d'un organe par un organe d'un autre individu de
même espèce ou non.
Le
premier groupe rassemble les pathologies
dues à une insuffisance d'efficacité du système immunitaire dans le rejet de
l'agresseur étranger (pouvant conduire à la mort).
Ce phénomène peut être léger ou atteindre le système
dans son ensemble : le cas le plus évocateur est celui des infections virales
affectant les TCD4 comme l'action du VIH dans le SIDA. Dans les pathologies de
ce type on cherche soit à stimuler le système immunitaire (immunomodulateurs),
soit à éliminer les agents pathogènes (antiviraux, antibiotiques,
antiparasitaires), soit à éliminer la cause (ex: anti-retrovirus dans le SIDA
associé à la thérapeutique de protection contre les agents pathogènes citée
précédemment).
Le
deuxième groupe rassemble les pathologies
dues à une "hypersensibilité" du système immunitaire dont la plus
répandue (30% de la population) est l'hypersensibilité à effet immédiat ou
allergie. Cette hypersensibilité est due théoriquement à une surproduction
d'immunoglobulines E qui se fixant en abondance sur les granulocytes basophiles
du sang ou sur les mastocytes des tissus vont provoquer la dégranulation de ces
cellules chaque fois que des antigènes spécifiques vont se combiner au site
anticorps : la conséquence de la dégranulation est la libération de substances
inflammatoires diverses libérées à partir des phospholipides membranaires, la
formation de cytokines proinflammatoires, de substances chimiotactiques
diverses, le tout entretenant la pathologie. Deux types de thérapeutique
existent: soit dans le but d'empêcher ou de neutraliser les effets de la
dégranulation, soit par injection de petites doses de l'allergène en cause pour
provoquer une "désensibilisation" .
On dit que l'allergique "voit le danger là où il
n'est pas" ou qu'il est "hypersensible" à certains antigènes.
Le
troisième groupe rassemble les pathologies
auto-immunes dans lesquelles on observe une réponse immunitaire dirigée
contre certaines molécules appartenant à l'organisme (auto-antigènes) causant
des lésions auto-entretenues par la permanence de l'auto-antigène dans
l'organisme. La cause véritable des maladies auto-immunes est inconnue; on
soupçonne cependant des infections virales ou bactériennes comme inductrices de
rupture de tolérance à certains auto-antigènes; ils seraient dénaturés par
l'élimination des germes au niveau des tissus par la réponse immunitaire
elle-même (hépatites et réponse anti-foie, diabète juvénile et réponse
anti-cellules b du pancréas, etc....). Il existe aussi des "réactions
croisées" résultant de parenté de
structure entre antigènes de l'agresseur et auto-antigènes (streptocoques A et
antigènes du coeur, etc..) . Les "prédispositions génétiques" liées à
la structure du CMH dont certains allèles permettent une meilleure présentation
des auto-antigènes existent (le
meilleur exemple est la relation HLA
B27 et le risque relatif de la spondylartrite ankylosante etc..). Et puis
existe l'inconnu, le circonstantiel, "le stress" et sa relation avec
le système immunitaire passant par le chemin hormonal ACTH-cortisol ou par la
glande pinéale et la mélatonine etc....
Il
nous semble que l'on peut regrouper :
(i) les maladies auto-immunes de circonstances
(réactions croisées, infections, etc..) dont l'apparition résulte vraiment
d'une erreur de reconnaissance du système immunitaire qui est trompé et qui
fonctionne avec une erreur "mécanique".
(ii) les maladies auto-immunes de
"personnalité" , plus profondes, dans lesquelles on retrouvera
certaines polyarthrites rhumatoïdes, des scléroses en plaque, le lupus
érythémateux et toutes les connectivites, les maladies d'organes comme les thyroïdites
(Hashimoto, Basedow) etc...dont on sait qu'elles se déclenchent souvent après
un stress violent, ou un déséquilibre immunitaire, et pour lesquelles
l'étiologie est inconnue. Il nous semble que dans ce cas, il existe une erreur
d'interprétation profonde entre le soi et ce qui est différent et à rejeter,
que le mécanisme de tolérance centrale du soi est perturbé et qu'il s'agit
beaucoup plus d'une perte de personnalité "immunologique et/ou
physiologique et/ou générale" que d'une cause mécanique. Cette
interprétation correspond aux approches thérapeutiques obtenues avec certaines
thérapeutiques non conventionnelles qui traitent beaucoup plus le malade que la
maladie: en effet, l'approche allopathique est dans ce cas limitée aux
palliatifs, immunosuppresseurs et anti-inflammatoires, ayant pour fonction de
"limiter les dégats" sans élimination de la cause.
III- LE
SYSTEME IMMUNITAIRE DANS LA GLOBALITE DE L'INDIVIDU
Le
terme de "globalité" ne peut être traduit par une somme
d'interactions telles qu'elles sont décrites dans la notion classique de
réponse immunitaire. Sa définition ne fait intervenir ni une réalité anatomique
ni une localisation. La globalité est une propriété dynamique intrinsèque du
vivant et ne peut être réduite à ses composants biologiques. Elle se situe
au-dessus d'une interdépendance de tous les systèmes conduisant à une
modification ou à une adaptation de l'ensemble du corps. L'organisme fait appel
à tout mécanisme de régulation utilisable et mélange aussi bien le phénomène
physique que la modification psychique. La globalité suppose une gestion
générale des problèmes qui vont ensuite faire l'objet de réglements adaptés à
chaque agression. Elle traduit les interactions dans le monde intérieur et avec
le monde extérieur qui sont les caractéristiques du vivant. Il est certain que
système immunitaire est un des outils qui va permettre à l'organisme de
résister à certaines attaques. Il est certainement un composant physiologique
très perfectionné qui a assuré la pérennité des espèces au milieu des
situations hostiles et des agressions de toutes sortes, la plus importante
étant constituée par le parasitisme microbien, c'est à dire l'invasion par tous
les organismes viraux, monocellulaires ou pluricellulaires se développant aux
dépens d'un organisme vivant. Le vivant n'est pas une juxtaposition de systèmes
mécaniques basée sur le dogme du tout moléculaire : l'organisme possède les
particularités du vivant, sa capacité créatrice, son adaptabilité, sa faculté
de s'intégrer à l'environnement et sa temporalité.
Il
semblerait que le résultat obtenu par le fonctionnement du système immunitaire
constitue une fonction "globale" de l'individu. Mais pour cela, les
outils conceptuels permettant cette approche manquent car rien n'est proposé
pour assurer la communication entre le soma et la psyché qui se présentent
pourtant comme partie intégrante de la globalité.
1- Les signifiants corporels comme
médiation entre le soma et la psyché
La
seule médiation possible entre le soma et la psyché est proposée par A.Lagache
(Lagache 1988, 1997a, 1997b) : nous lui devons la proposition d'un nouveau
paradigme, le paradigme des signifiants corporels (figure 4) mettant en jeu
la communication analogique, permettant des communications non symboliques
au niveau corporel: "le corps et
l'esprit ne sont pas des objets, ni non plus des "boîtes" closes
sur leur substance, mais des réseaux d'information vivants, organisés selon
des lois régulières et intelligibles".
Figure
4: le paradigme des signifiants corporels, médiation entre les paradigmes
mécaniste et symbolique.
L'information va utiliser la présentation mimétique
pour désigner son objet. Tout se passe sous la forme d'une communication
purement sensible dont le support peut être supposé : le seul exemple de
support que l'on puisse donner est celui apporté par les dilutions
homéopathiques dont on sait qu'elles sont sensibles à des radiations
électromagnétiques (Hadji & coll., 1992) ou que leur effet est transféré
par des appareils adaptés (Endler & coll., 1994, 1995, 1997). Pourquoi ne
pas proposer comme hypothèse que ces informations corporelles soient transmises
par des radiations electromagnétiques de très faible intensité et de très basse
fréquence émises de façon stable par les solvants aqueux dynamisés. L'eau qui
représente 90% de notre corps est continuellement dynamisée à environ 90
pulsations par minute. Il a été reconnu que, de façon non traditionnelle, l'eau
joue un rôle de ligand des macromolécules ce qui lui confère une fonction de
médiation de contacts moléculaires (Douzou, 1994) ; cette fonction de médiation
pourrait aussi se situer au niveau informationnel par émission
electromagnétique endogène qui véhiculerait ainsi les informations des
substances appartenant à l'organisme. Ce pourrait être le cas de certaines
cytokines tels les "Colony Stimulating Factors" (CSFs, par exemple
l'interleukine 3) libérés à des concentrations très faibles dans le
microenvironnement des cellules immunocompétentes au cours des interactions
cellulaires lors de la réponse immunitaire. Ces CSF sont capables d'effet à
distance sur les cellules souches hématopoïétiques de la moelle (effet
endocrine). Ce phénomène n'est pas explicable par un taux sérique comparable à
celui des hormones étant donnée la très faible concentration initiale après
libération locale et l'effet de dilution du sang circulant. Une hypothèse
serait la communication aux cellules souches hématopoïétiques de la moelle par
la nature "informante" de ces cytokines consécutive à leur
dynamisation sanguine. Les informations reçues par le corps jouent alors le
rôle de "signifiants biologiques ou corporels", capables de provoquer
des modifications physiologiques après traitement de l'information par
l'organisme. Cette communication suit des règles très précises différentes des
échanges d'objets (Bastide & Lagache, 1992, 1995, 1999).
2- Le Soi Immunologique dans le paradigme
des Signifiants Corporels
Nous
pouvons alors introduire une nouvelle dimension dans le concept du Soi
Immunologique qui, rappelons-le, joue un rôle fondamental dans l'identification
de ce que l'organisme doit rejeter (cf. § I). Le Soi et la globalité d'un
organisme sont complètement liés : en effet, la globalité repose sur la notion
de "soi", cette entité "globale" qui définit une structure
vivante, avec une complexité qui va croître avec sa place dans l'échelle de
l'évolution. Nous nous intéressons bien sûr à l'organisme humain, le plus
abouti dans l'évolution, donc le plus complexe, avec ses trois niveaux
correspondants aux paradigmes indiqués précédemment : le niveau moléculaire
avec sa complexité et ses systèmes de rétrocontrôles de type cybernétique; le
niveau des informations biologiques, avec un transporteur que l'on peut
suggérer de type électromagnétique, et le niveau psychique dans son ensemble.
L'organisme communique sur le plan intérieur continuellement, échangeant à tous
les niveaux, de la psyché au moléculaire (somatisation, allergie, etc...),
construisant ses représentations corporelles en réponse aux informations
biologiques (symptômes, etc...) (Bastide & Lagache, 1999).
L'organisme communique également avec le milieu extérieur, de façon permanente. L'organisme qui reçoit une information ou un stimulus sur un niveau donné et qui peut y répondre sur le même niveau s'adapte sans risque de pathologie. Mais quand la réponse est partielle ou décalée vers un niveau inférieur, l'organisme se trouve dans une situation d'hyper-réponse de compensation : il est obligé de traiter à un niveau inférieur un évènement qui requerrait une régulation plus générale. Le symptôme d'une pathologie va apparaître comme étant une expression inadéquate qui a une tendance à la fixation, empêchant l'organisme de dialoguer avec le monde. Le symptôme est alors la représentation de la pathologie qui ne peut être traitée naturellement : l'organisme "montre" sa pathologie, chaque sujet avec sa particularité d'interprétation ( individualisation)
Le
soi immunologique se confond alors avec le soi biologique (Figure 5) : il n'en
est que la particularité qui utilise pour survivre les outils immunologiques
mis à sa disposition. La notion de symptôme, chère à l'homéopathie, puisqu'elle
sert de base à la loi de similitude, peut y figurer également . Les
maladies" inapparentes" qui valurent le prix Nobel à Charles Nicolle
en sont un exemple frappant : ces pathologies infectieuses (toxoplasmose,
rubéole, etc...), dues à un agresseur bien identifié, peuvent être traitées
naturellement par l'organisme sans symptôme, d'où leur désignation par le terme
"inapparentes" ; et pourtant la cicatrice sérologique est bien là,
prouvant le phénomène immunologique de défense. Ceci signifie bien que le
symptôme n'apparait que dans la situation où comportement normal ne peut pas
s'exercer (en général, au cours d'une immunodépression même légère).
3- Le récepteur des lymphocytes T: moyen d'identification sémantique du Soi
Le
corps vivant ne possède pas les qualités de l'objet qui sont la norme du
paradigme mécaniste : il reçoit et traite des informations qui lui permettent
d'organiser sa propre existence. L'interprétation mécaniste des interactions
cellulaires en Immunologie conduit, par exemple, à une grande difficulté dans
le concept de la présentation de l'antigène aux lymphocytes T: existe-t-il des
structures spécifiques du soi identifiables par les lymphocytes qui seront
tolérées et d'autres qui seront rejetées?
L'approche structuraliste se trouve en difficulté à ce propos. Le système
immunitaire considéré comme un système sémantique entre alors dans une autre
logique.
Si
nous reprenons ce qui a été énoncé au § I, la présentation des antigènes par
les cellules compétentes (cellules de présentation des antigènes) aux
lymphocytes T se fait toujours dans une poche constituée par les régions
terminales des deux chaînes du CMH (pour les molécules de classe II), ou par
les deux derniers domaines de la chaîne du CMH (pour les molécules de classe
I). Dans la poche du CMH se trouve donc un peptide capable d'être reconnu par
le récepteur d'un lymphocyte T. Deux situations peuvent se présenter : soit le
peptide provient d'une molécule "étrangère", soit le peptide
appartient au soi. En effet, cette poche n'est jamais vide et en l'absence
d'une stimulation antigènique, un peptide du soi va l'occuper. Le lymphocyte,
au moyen de son récepteur TCR, va identifier simultanément le peptide et le CMH.(fig.3).
Deux situations sont donc possibles (fig. 6):
( 1)
le lymphocyte va identifier le peptide provenant de molécules du soi et le
couple SOI/CMH + SOI/PEPTIDE sera présenté au lymphocyte. Cette association
ne déclenche pas l'activation du lymphocyte qui ne perçoit aucune différence
puisqu'il s'agit dans les deux cas d'un peptide de même origine, le soi.
(2)
au contraire, quand la poche est occupée par un peptide d'origine étrangère
(SOI-CMH + ETRANGER/PEPTIDE), une différence apparaît qui devient signifiante
pour le système immunitaire; en effet, au niveau sémantique, la différence
engendre toujours une signification : "En fait, ce que nous désignons
par information,-l'unité élémentaire d'information-, c'est une différence
qui crée une différence" (Bateson, 1980). Le fait même que le peptide
étranger soit inclus dans la molécule de CMH qui est un élément du soi crée
la différence. L'antigène devient alors un objet identifiable par l'organisme:
le CMH rend l'antigène signifiant pour l'organisme. A partir du moment où
cette information est identifiée par le clone approprié de lymphocytes T CD4
(initiateurs de la réponse immunitaire) qui joue alors le rôle de receveur
de cette information, une cascade d'évènements liés à la synthèse de cytokines
et de récepteurs membranaires va provoquer l'expansion clonale des lymphocytes
répondeurs qui vont induire à leur tour une série d'interactions cellulaires
aboutissant à l'élimination de l'antigène par activation de cellules cytotoxiques
ou par action de molécules anticorps (Bastide et Lagache, 1992, Bastide, Lagache
& Missone, 1995).
Il faut souligner que le mécanisme de reconnaissance
de l'antigène qui déclenche tous les
phénomènes immunologiques spécifiques par analyse de "structures"
(paradigme mécaniste) n'est toujours pas élucidé. Les peptides, constitués de
quelques acides aminés, (7 à 11 pour les molécules de classe II et 10 à 17 pour
les molécules de classe I) toujours structurés en hélice a, ne constituent
pas une variabilité conformationnelle décisive et identifiable comme soi ou
comme "non soi". On voit d'ailleurs que le terme "non soi"
classiquement utilisé par les immunologistes, suppose une "identification"
de l'antigène à détruire alors que le terme "différent de soi" ne
suppose que l'analyse d'une différence; or la sélection positive des
lymphocytes dans le thymus se fait uniquement par l'aptitude des lymphocytes à
reconnaître et identifier le CMH, c'est à dire le soi.
IV-LES
NIVEAUX DE COMMUNICATION DU VIVANT: APPLICATION
AU SYSTEME
IMMUNITAIRE
Nous
avons pu répertorier diverses possibilités de communications dans le vivant
(Bastide & Lagache, 1999). Pour cela, l'utilisation des trois paradigmes
(§III-2) est nécessaire à l'établissement de cette hiérarchie (figure 7). Ceci
nous amène à détailler le paradigme des signifiants corporels alors que les
paradigmes mécaniste et symbolique sont connus dans notre culture
philosophique.
1- le paradigme des signifiants
corporels
Les
informations reçues par le corps (§III-2) jouent le rôle de "signifiants
biologiques", capables de provoquer des modifications physiologiques après
traitement de l'information par l'organisme. Cette communication suit des
règles très précises différentes des échanges d'objets (pas de perte après
échange mais une situation différente avant et après l'information (Lagache,
1988, 1997a, 1997b). Les exemples les plus simples sont ceux analysant
expérimentalement l'action de substances endogènes (appartenant à l'organisme
lui-même). Lorsqu'il s'agit de substances endogènes hautement diluées et
dynamisées, donc sous forme informationnelle, l'information apportée est
automatiquement lue par l'organisme qui "connait" ses propres
constituants; les molécules composant l'organisme ont naturellement un sens
pour cet organisme; c'est ainsi que de hautes dilutions dynamisées de bursine
(tripeptide isolé de la bourse de Fabricius du poulet) ont pu
"remplacer" la bourse de Fabricius chez des poulets bursectomisés à
tel point que ceux-ci ont pu sécréter et réguler leurs anticorps comme les
poulets normaux (Youbicier-Simo & coll., 1993, 1996a, 1996b, 1997).
Lorsqu'au contraire il s'agit de molécules exogènes dont l'information
n'est pas identifiable naturellement par l'organisme, un "cadre de lecture"
est nécessaire pour que l'organisme puisse traiter ces informations. Cette
clé peut être fournie soit par la loi d'identité, soit par la loi de la similitude
proposée par l'homéopathie. Prenons l'exemple de la loi d'identité (il y a identité d'objet entre ce qui cause la pathologie
et l'origine des dilutions dynamisées) : des cellules tubulaires rénales traitées
par de hautes dilutions de cadmium ont reçu l'"information" cadmium
(solution dynamisée à 10-40M) qui va provoquer leur résistance
à l'intoxication par ce même métal (Cal & coll., 1986; Delbancut, 1994).
Dans ce cas, nous sommes dans une loi d'identité: l'information et le stress
toxique
Lorsque
nous considérons la loi de similitude
dans le domaine homéopathique stricto
sensu, nous constatons que la
correspondance entre les symptômes observés dans la pathogénésie d'un remède
donné à un sujet sain et ceux présentés par le malade permet la correction
des symptômes du malade. Mais qu'est-ce qu'un symptôme? il correspond, chez
le malade, à une expression de sa
maladie; une expression n'est rien d'autre que la réalisation de soi dans
une forme donnée, sous le double auspice de la finalité et de la totalité,
en fonction des données et de l'histoire. Cependant les circonstances pathologiques
font que le symptôme est une expression qui n'aboutit pas à une résolution,
une expression inachevée, bloquée. Le symptôme devient alors une représentation
corporelle de cette expression qui résulte de la conjonction de circonstances
externes et internes: il devient une création signifiante de l'individu dans
son ensemble, dans sa globalité, qui correspond à l'expression que le sujet
donne à sa maladie. On retrouve la notion freudienne du symptôme comme tentative
de guérison : le malade subit ses symptômes comme "imposés" , mais
ils sont toujours une tentative active de solution. On comprend alors pourquoi
la thérapeutique homéopatique possède une telle puissance : par observation
de la représentation de la maladie lue dans sa globalité, le thérapeute peut
renvoyer à cet organisme malade une image semblable de cette représentation
apportée par le remède dilué et dynamisé. Cette image semblable reproduit
les symptômes observés chez un sujet sain ayant reçu ce remède sous forme
informationnelle. Cette image joue un rôle de réinformation sur la pathologie
et l'organisme est alors capable de traiter lui-même ses symptômes par un
effet qui pourrait être de type cathartique (Lagache, 1988, 1997a, 1997b;
Bastide & Lagache, 1992, 1995, 1999). Ainsi le symptôme apparaît-il comme
une sorte d'expression inachevée et quelque peu fourvoyée que la thérapeutique
homéopathique, par la similitude, remet en train en direction de la capacité
de changement, donc de l'équilibre de santé.
Ce
paradigme des signifiants biologiques prend donc en compte la similitude,
l'utilisation de solutions hautement diluées et dynamisées et enfin
l'individualisation dans la globalité.
Il ne s'agit plus du corps réduit à l'état d'objet de la science mécaniste mais
bien des propriétés du vivant, de son originalité et de son évolution au cours
du temps.
2- Les niveaux de communication dans
le vivant
Le niveau 1 (Figures 7 et 8) est celui des interactions molécules-récepteurs.
Toute la science biologique moderne est construite sur ce principe qui a permis
de proposer une sorte d'unité conceptuelle des mécanismes moléculaires. Les
conséquences de l'interaction sont, elles, très documentées et font l'objet
de très nombreux travaux. L'immunologie n'échappe pas à cette analyse et en
particulier toutes les interactions cellulaires au cours de la réponse immunitaire
sont décortiquées. Les molécules d'adhésion, les diverses cytokines et leurs
divers récepteurs font l'objet d'un nombre incalculable et toujours grandissant
de publications. Nous sommes strictement dans l'échange d'objets, donc simplement
dans une vision mécaniste.
Hiérarchie des fonctions de communication du système immunitaire.
Hypothèse sur les niveaux de rupture de tolérance.
Le niveau 2
(Bastide & Lagache, 1999) correspond aux mécanismes
de régulation (figures 7 et 8). A ce niveau apparaît déjà une fonction d'échange
un peu plus évoluée, par l'apparition du "signal" non médiatisé
qui déclenche des comportements différents qui correspond à la régulation
cybernétique. On retrouve là tous les systèmes de régulation biologique, les
signaux provoquant des transconformations de récepteurs qui donnent des effets
inverses etc.... Les caractéristiques des systèmes cybernétiques sont, à côté
de la fonction signal, une contrainte mutuelle des parties qui fait fonctionner
l'ensemble comme une totalité et la présence d'une causalité rétroactive aboutissant
à un effet action-réaction. On peut rattacher à ce niveau les interactions
entre neuropeptides et lymphocytes, ou entre les interleukines agissant sur
le système nerveux central comme les interleukines 1 et 6 qui provoquent la
fièvre et le sommeil. La fièvre par la vasodilatation va faciliter la diapédèse
des leucocytes appelés aux lieux de contamination et le sommeil est là pour
éviter toutes les dépenses d'énergie non indispensables à la survie de l'organisme
au moyen des phénomènes immunologiques. La majeure partie des régulations
immunologiques (sécrétion des cytokines, production de clones de lymphocytes,
synthèse des anticorps etc..) appartiennent à ce niveau. Ces sous-systèmes
sont les éléments fonctionnels que l'ingéniérie des niveaux supérieurs va
utiliser et coordonner .
Le niveau 3 nous fait déjà pénétrer dans le paradigme des
signifiants à un niveau très fruste. En effet la "dynamique du
vivant" permet la survie et la conservation des espèces, quelle que soit
leur place dans l'évolution. Il existe d'abord une lecture de l'environnement
qui va permettre une "adaptabilité" organisée : il s'agit d'une
capacité de copie de l'environnement permettant de ruser avec lui.
Le
darwinisme (Bastide & Lagache, 1999), par sa proposition des mutations
faites au hasard et ensuite sélectionnées par la pression de l'environnement ne
peut expliquer ces copies de l'environnement faites avec une telle exactitude.
Combien de tentatives seraient nécessaires pour une telle perfection ? Il est
beaucoup plus logique de penser que le principe de mutation/sélection ne se
produit qu'au moment de "l'ajustage" et n'est que fignolage de
l'évolution. Ceci peut être comparé à l'augmentation de l'affinité des
anticorps qui, une fois synthétisés par le lymphocyte B sélectionné par son
adéquation à reconnaître l'antigène, va subir des hyper-mutations au niveau du
site anticorps; ceci se produit dans les structures périphériques des ganglions
et non dans la zone de maturation des cellules souches (Kelsoe, 1999). C'est le
même principe d'ajustage.
L'évolution
est plus subtile et il est logique de penser que cette dynamique du vivant va
permettre des raccourcis dans l'adaptation aux meilleures méthodes de survie.
Prenons les virus, structures les plus frustes, à la limite de l'objet,
parasites obligatoires puisque n'ayant aucun appareil de reproduction sinon
l'ingéniérie cellulaire de l'hôte qu'ils détournent à leur profit. Leur
"ruse" leur permet de fabriquer des copies des molécules du système
immunitaire pour échapper aux mécanismes immunologiques seuls capables de les détruire (Ahuja & coll.,
1993; Alcami & coll., 1991). Parmi
les microorganismes les plus adaptés à ce mécanisme de "copie" se
trouvent les parasites: "la relation
hôte-parasite, paradigme essentiel de la dépendance parasitaire, repose sur le
dialogue permanent et raffiné au cours duquel s'expriment les stratégies de
survie parasitaire et les mécanismes de défense de l'hôte". (Capron,
1995). Dans ces parties de cache-cache, les gagnants sont bien souvent les
parasites qui se sont appropriés de nombreux signaux et messages de la
communication cellulaire: cytokines, facteurs de croissance, neuropeptides,
interférent directement avec les réseaux de la réponse immunitaire (Bastide
& Lagache, 1999) .
Le niveau 4
(Bastide & Lagache, 1999) nous fait basculer totalement dans
la dynamique du vivant. La corrélation avec le phénomène immunologique est
totale. Nous y trouvons d'abord le concept de l'effet rebond (ou "self-recovery") qui provoque dans un organisme une
récupération physiologique au cours
du temps (figure 9a) alors que l'hormesis ou loi d'Arndt-Schultz montre l'effet
stimulant sur la croissance de l'organisme de doses plus faibles d'un toxique
(Figure 9b) et son corollaire la loi d'identité moléculaire (Figure 9c) qui
s'applique exactement à l'immunologie (Figure 9d). Le vivant (le soi biologique
et sa spécialisation immunologique) est capable globalement de s'organiser
pour résister dès qu'il se trouve en présence d'un agresseur (chimique, viral,
bactérien, parasitaire). Sa défense la moins spécifique est une stimulation
de la croissance (hormesis). Le principe de l'hormesis est très simple puisque
le vivant va choisir dans sa panoplie de défense le système de défense le
plus adapté à l'effet pathologique induit. Le phénomène existe chez tous les
organismes quelle que soit leur place dans l'évolution (bactéries, plantes,
champignons, insectes, parasites mono ou pluricellulaires, organismes différenciés
etc...). Lorsqu'il s'agit de stress chimique ou physique, la défense s'organise
au moyen de molécules de protection du type Heat Shock Proteins (HSP) ou protéines
de stress, qui sont présentes dans tous les organismes depuis la bactérie
jusqu'à l'homme (Jarquier-Sarlin & coll.., 1994; van Wijk, 1993). Si l'agression
est de type infectieux, on trouve chez tous les organismes inférieurs une
gamme d'armes peptidiques synthétisées lors des agressions (Pattus, 1992).
Les organismes unicellulaires, procaryotes (bactéries) ou eucaryotes (levures,
protozoaires etc..) possèdent donc déjà un équipement de défense naturelle.
Les plantes les rejoignent puisque elles possèdent également "des gènes
de résistance" (Meller, 1994; Pernollet & coll., 1994; Dron &
coll., 1995). Les insectes qui au plan de l'évolution constituent un monde
à part ont à leur disposition un arsenal de défense phagocytaire. L'aspect
humoral de leur défense est représenté par la présence de peptides à propriétés
antibactériennes dont la libération augmente en présence des agresseurs (Therre,
1990; Lehrer & coll., 1999). Nous sommes toujours dans le même modèle
agression-défense adaptée mais sans la "spécificité" immunologique.
Ces molécules inductibles, non spécifiques de la bactérie en cause, sont sécrétées
lors de l'agression microbienne. Nous sommes dans un cas typique d'hormesis:
ceci va nous conduire directement à la loi d'identité qui est un corollaire
de l'hormesis (Figure 9c). En effet, il suffit de prétraiter un organisme
avec une dose non létale d'un toxique donné et ensuite d'intoxiquer cet organisme
avec la même substance pour observer une protection vis à vis de ce toxique.
L'hormesis nous apprend que l'agresseur déclenche toujours la réponse de défense
adaptée. Lors de la deuxième introduction du toxique, celui-ci verra sa toxicité
diminuée de façon proportionnelle à la quantité de molécules de défense synthétisées.
Ce procédé a souvent été appliqué avec une idée d'"immunité", les
plus célèbres utilisateurs étant Mithridate et Raspoutine.....Mais ce processus
étant lié à la libération de molécules de défense de type HSP n'est que momentané:
il n'y a pas de "mémoire" sinon de courte durée correspondant à
la mécanique de sécrétion. Metalnikoff (1920) avait déjà observé que les chenilles
de Galleria mellonella résistaient aux infections
bactériennes lorsqu'elles étaient mises en contact au préalable avec de faibles
quantités de bactéries. Les défensines des insectes ( Hoffman, 1992) n'étant
pas spécifiques de l'agresseur, l'action croisée peut être observée. La loi
d'identité moléculaire ne comporte ni mémoire, ni étroite spécificité. Ce
phénomène est d'ailleurs responsable de toutes les formes dites de "résistance"
(aux pesticides, aux insecticides, aux antibiotiques, aux antiparasitaires
etc...) dans lesquelles l'organisme visé fait appel à toutes les ressources
de son génome pour trouver une parade, soit en amplifiant une synthèse d'une
substance préexistante, soit en "réveillant" un gène non transcrit
(Vanden Bosche, 1994). Les vraies mutations sont très rares et représentent
l'adaptation complète. Il est vrai qu'ensuite, la pression de sélection va
favoriser toutes les souches ayant trouvé la parade de résistance.
On
comprend alors que le "soi biologique" qui est la possibilité synthétique de se mouvoir entre les différents
niveaux d'information de l'organisme puisse accéder à des systèmes de plus en
plus sophistiqués avec les organismes supérieurs. Il est vrai qu'il existe des
structures très conservées comme la famille des récepteurs Toll (Kopp &
coll., 1999) qui sont présents chez les insectes jusqu'aux mammifères. Ces
récepteurs de la lignée germinale peuvent représenter le système le plus ancien
de défense puisqu'ils communiquent avec les facteurs de transcription qui interviennent
au cours de la réponse immunitaire. Le système immunitaire des mammifères, le
plus sophistiqué, a fait un bond extraordinaire depuis les chordés primitifs.
Il devient un système totalement adapté à la défense du soi biologique qui
devient le "soi immunologique".
On pressent que les organismes ont fait évoluer ce système qui devient plus
efficace, plus adapté à la reconnaissance, qui sait garder et mémoriser ses
outils de défense : en un mot, nous montons dans le niveau de l'information
pour assister à la formation du système immunitaire qui devient donc un système
hybride, mi-mécanique, mi-informationnel, qui crée des molécules à double face,
servant de médiation entre la mécanique et l'information. Nous avons décrit ces
molécules du CMH (§ I; III 2, III 3) puisqu'elles ont déjà une fonction de
présentation et aident à la représentation du monde extérieur au sein de
l'organisme. La réponse immunitaire n'est qu'une application très sophistiquée
de la loi d'identité moléculaire. Nous verrons cependant que des niveaux
supérieurs peuvent être atteints. (Bastide & Lagache, 1999).
Le niveau 5 nous fait accéder directement à la médiation
informationnelle puisqu'il ne fait plus appel à une sollicitation moléculaire
mais à une "information" représentée par une dilution diluée et
dynamisée, dépourvue de molécule (Bastide & Lagache, 1999). Il s'agit donc
toujours de la loi d'identité mais le prétraitement n'est qu'un
"avertissement" du danger par une information dont l'origine est
rigoureusement identique au danger lui-même (figure 10). Ce modèle a été
abondamment étudié dans la littérature homéopathique (Tisseyre, 1996). Il a été
montré que, contrairement à l'identité moléculaire, cette protection est très
spécifique et que des protections croisées ne sont pas observées (Delbancut,
1994). Les molécules de défense ne sont libérées qu'au moment de l'agression et
non antérieurement, ce qui explique justement cette absence de réaction croisée
(Delbancut, 1994).
Deux applications existent qui concernent les
phénomènes immunitaires:
• l'isopathie
est celle que l'on désigne à tort comme "vaccination homéopathique"
par utilisation de vaccins ou d'antigènes viraux, bactériens ou parasitaires
dilués et dynamisés. Si nous reprenons le principe de cette loi d'identité informationnelle,
toujours dans le principe action-réaction, on voit que la première étape
d'action sera incomplète puisque seule l'information est donnée; aucune
molécule ne sera synthétisée après l'information qui est cependant reçue (et
mémorisée?) par l'organisme. L'action et la réaction seront simultanées au
moment de la réelle intoxication-objet, phénomène classique d'un apprentissage
que l'on ne peut mettre en évidence qu'en situation d'agression réelle. La
recherche d'anticorps après traitement informationnel d'un "vaccin"
est donc impossible, ce qui a fait conclure dans certaines étude réalisée avec Influenzinum par exemple, à l'absence
d'efficacité dans des essais thérapeutiques. Cette loi d'identité
informationnelle est très spécifique ce qui explique les insuccès de traitement
préventif d'une pathologie si l'information ne correspond pas très exactement à l'agent pathogène.
• la
désensibilisation est une application immunologique qui concerne
l'allergologie ou qui peut être plus générale. Les désensibilisations
classiques prétextent toujours l'apparition d'"anticorps bloquants "
qui n'ont été mis en évidence que dans le cas du venin d'hyménoptères. Que la
désensibilisation allergique soit réalisée de façon allopathique (doses de plus
en plus fortes) ou homéopathiques (dilutions de plus en plus grandes,
Taylor-Reilly, 1986), le mécanisme semble le même: nous pouvons cette fois
considérer qu'il s'agit d'un nouvel
apprentissage chargé d'informer l'organisme que l'antigène considéré n'est pas un danger pour lui.
(L'allergique est celui qui voit le danger où il n'est pas, § II). Nous sommes
toujours dans la même logique de raisonnement.
Le niveau 6 nous fait quitter le mécanisme action-réaction
envisagé au niveau précédent (Bastide & Lagache, 1999). Nous entrons
maintenant dans le monde de l'information ayant un "sens" pour
l'organisme : l'information sera interprétée, traitée, représentée; nous sommes dans la communication sensible.
Notre
expérience nous a montré que des molécules endogènes appartenant à l'organisme,
utilisées sous la forme informationnelle, c'est à dire diluées et dynamisées,
étaient comprises, traitées par cet organisme qui les reconnait; elles sont
alors capables de provoquer des réponses physiologiques puissantes. Nous avons
montré un effet immunomodulateur de hautes dilutions dynamisées de thymuline
(hormone thymique), d'interféron leucocytaire etc..(Bastide & coll., 1985,
1994, 1995b ) avec un effet d'immunostimulation des souris immunodéprimées et
un effet opposé chez les souris saines. Nous sommes également arrivés à la
conclusion que l'information thymuline-interleukine 3, par exemple, pouvait
avoir des effets contraires selon l'état des souris fortement irradiées et traitées: si les sujets sont trop faibles
donc si l'information est trop puissante, celle-ci ne peut être traitée et peut
immunodéprimer fortement les souris qui meurent contrairement à l'effet
physiologique d'immunostimulation qui lui est observé chez des souris moins
immunodéprimées (Guennoun et coll., 1997). Nous entrons déjà dans ce que nous
allons appeler la communication mimétique, encore très simple puisque il ne
s'agit que d'informations physiologiquement naturelles. Le résultat le plus
spectaculaire (et répétable) a été obtenu par le remplacement d'un organe
d'éducation des lymphocytes B chez le poulet, la Bourse de Fabricius, par de hautes dilutions dynamisées de bursine
sous forme informationnelle(Youbicier-Simo & coll., 1993, 1996a, 1996b,
1997). Dans ce dernier modèle, nous sommes réellement dans l'effet
physiologique authentique. Ceci nous permet d'émettre l'hypothèse que pendant
la vie embryonnaire ou même après la naissance, les molécules du système
immunitaire peuvent agir selon le mode informationnel, argument
particulièrement important quand on songe au réseau des cytokines.
Les deux derniers niveaux 7 et 8 nous amènent au cœur de la communication sensible.
Nous sommes dans le paradigme des signifiants corporels. Le niveau 7 correspond
à la représentation du symptôme alors que le 8eme niveau ajoute une étape
supplémentaire qui est la correction du symptôme par traitement de
l'information par communication analogique (Lagache 1988, 1997a, 1997b, Bastide
& Lagache 1997, 1998, Bastide & coll., 1995a, 1998). Nous ne
reviendrons pas sur cette communication sensible par analogie des symptômes
exprimés par le sujet sain (pathogénésie ou proving) et le sujet malade.
De
tels niveaux existent-ils ailleurs ? quelle place occupent-ils dans le système
immunitaire, cet outil si perfectionné comparé à un "cerveau mobile"
? Nous n'aurons évidemment pas le même
modèle de mimesis que dans l'homéopathie, c'est à dire l'image de symptômes.
Mais nous allons pouvoir montrer que la communication sensible peut exister
dans le système immunitaire (Bastide & Lagache, 1999).
Il
faut d'abord souligner son extraordinaire plasticité, son adaptation à la
défense de l'organisme qui au cours de l'évolution, le fait passer de la
fonction hormétique simple, non spécifique, à une extraordinaire capacité de
reconnaissance, à l'établissement d'une mémoire, qualité qui, nous l'avons vu,
sont des caractéristiques de l'information.
Cet
outil si bien adapté à la diversité utilise les molécules particulières de
présentation du CMH comme nous l'avons déjà vu (§ I & III). Les molécules
du CMH nous font aborder des protéines particulières, qui semblent servir de
médiation entre les deux systèmes de réponse, mécaniste et informationnel. Nous
les désignerons par "protéines
médiatrices d'information". Car il existe d'autres molécules de
présentation avec une structure en
berceau constituée d'une partie rigide de la molécule en plissé b surmontée de
deux hélices a assez souples permettant d'enchâsser un composant
d'une autre origine destiné à "être présenté". Le support général du
berceau est constitué par les parties conservées des molécules-supports. On
retrouve dans cette catégorie, à côté des molécules du CMH, les molécules CD1,
premiers marqueurs de lymphocytes T à apparaître lors de la maturation thymique
et reconnus actuellement comme structure de présentation des structures
lipidiques ou glyco lipidiques aux lymphocytes T (Beckman & coll., 1995;
Porcelli & coll., 1998). La vision mécaniste des interactions entre
peptides et récepteurs des T est alors rendue très problématique par la
capacité de ces mêmes récepteurs à reconnaître des structures lipidiques. A
l'opposé, l'hypothèse informationnelle (§ III) ne souffre pas de cet
élargissement de la reconnaissance.
Ces
protéines "médiatrices" se sont enrichies d'une dernière molécule
tout à fait importante qui donne encore plus de crédibilité à notre hypothèse.
En effet, il a été découvert (Burmeister & coll., 1994a, 1994b; Ravetch
& coll., 1994) que le récepteur des
immunoglobulines G chez le nouveau-né, désigné par Récepteur du Fc néonatal
ou RFcn , présentait une forme semblable
à celle du CMH classe I (figure 11).
Figure
11: Images du Récepteur neo-natal des Ig (a A et partie supérieure de B) et du
CMH classe I (Ab avec le peptide antigénique, partie inférieure de B sans le
peptide antigénique). Burmeister & coll., 1994.
Les immunoglobulines G sont les seules à pouvoir
traverser le placenta: elles assurent la protection du foetus et du nouveau-né
pendant les trois premiers mois de sa vie. Ces récepteurs ont alors une autre
propriété fondamentale sur le plan informationnel, puisqu'ils transmettent au
nouveau-né, selon un héritage non mendélien, le réseau idiotypique de la mère
biologique constitué exclusivement par des immunoglobulines G (Bastide &
Lagache, 1999).
Le
plus étrange est que les récepteurs des IgG ont ensuite des formes totalement
différentes, dès le début de la maturation immunologique de l'enfant. Or le
réseau idiotypique nous amène à la communication sensible. En effet, ce réseau
est constitué par un ensemble d'immunoglobulines solubles ou exprimées sur
la membrane des lymphocytes B comme récepteur de l'antigène. Chaque immunoglobuline,
porteuse d'un site anticorps, va provoquer la formation d'un anticorps capable
de se combiner à son tour avec ce site. Ce deuxième anticorps va à son tour
provoquer la formation d'un troisième anticorps etc.. Ce réseau idiotypique,
proposé par Jerne, va comporter des anticorps qui seront de véritables "images
internes" des antigènes (figure 12). On entrevoit un héritage non génétique,
un héritage du vécu immunologique et biologique, transmis par le réseau idiotypique
dont justement le récepteur possède l'aspect d'une molécule médiatrice d'information.
L'exemple est d'autant plus surprenant que la structure en berceau présente
des parties non fonctionnelles, en particulier une des hélices a présente sur la partie rigide b.
Quel
est le rôle des images internes des antigènes ? il a été démontré qu'elles
miment un antigène qui peut être un composé chimique, par exemple, tout en
fonctionnant dans une communication de type analogique comme la loi de
similitude dans la communication sensible. Par exemple, dans un travail
expérimental de tumeur chez le rat (Chagnaud & coll., 1991, 1993a, 1993b)
par utilisation du benzo(a)pyrene, molécule cancérigène, Faiderbe & coll.
(1991; 1997) ont démontré que l'image interne (anticorps de l'anticorps anti
benzo(a)pyrene), utilisée préventivement chez le rat, a empêché la tumorisation
par cette même molécule. Les délais de prétraitement étaient suffisants pour
qu'il ne s'agisse pas d'une compétition. On ne peut interpréter un tel résultat
qu'au plan informationnel: l'image du produit cancérigène créée par l'organisme
a en quelque sorte prévenu l'organisme de façon beaucoup plus efficace que le
toxique lui-même à faible dose (loi d'identité moléculaire). L'interprétation
mécaniste supposerait le même effet des deux structures (Bastide & Lagache,
1999)..
V- NOUVELLE
INTERPRETATION DES PATHOLOGIES DU SYSTEME IMMUNITAIRE ET DE LEUR THERAPEUTIQUE
Cette
nouvelle vision de la fonction du système immunitaire nous permet de
reconsidérer son dysfonctionnement et sa thérapeutique.
Nous
avons divisé très schématiquement les pathologies en trois grands groupes (§
II) , les déficits congénitaux et les greffes constituant deux situations très
particulières.
Le premier groupe rassemble les
pathologies dues à un manque d'efficacité du système immunitaire dans le rejet
de l'agresseur étranger. Ce phénomène est lié à des causes diverses ce qui
exclut une thérapeutique étiologique sauf en cas d'immunosuppression
médicamenteuse (ce qui demande alors son interruption..!) Il faut souligner que
la corticothérapie fréquemment utilisée
dans les pathologies infectieuses induit toujours une immunodépression (le cortisol
est le régulateur négatif de l'activation des lymphocytes T). De proche en
proche, des états immunodépressifs chroniques peuvent s'installer par effet
iatrogène lié à l'abus de cette thérapeutique.
Les médicaments capables de stimuler le système
immunitaire sont rares : leur autorisation de mise sur le marché (AMM) est
souvent remise en cause car les essais cliniques présentent souvent une marge
de positivité réduite. La plupart d'entre eux utilisent des dérivés de
molécules d'origine bactérienne réputés pour leur aptitude à stimuler surtout
les macrophages (dérivés de Klebsiella
pneumoniæ, ribosomes bactériens, etc..). La balance immunitaire très
régulée peut aussi bien annuler leurs effets que déclencher une
immunodépression réactionnelle si la stimulation est trop forte. Il devient
donc préférable de stimuler les lymphocytes T dans leur capacité de
reconnaissance, ce que fait par exemple la thymuline, en utilisant seulement la
forme informationnelle (dilutions Hahnemanniennes)(Bastide & coll, 1985,
1995).
Le
deuxième groupe rassemble les pathologies
dues à une hypersensibilité ou
allergies. Ces pathologies augmentent mondialement de près de 1% par an
sans qu'aucune corrélation vraiment significative puisse être faite entre un
mode de vie particulier, une thérapeutique immunodépressive, des pollutions
spécifiques, des prédispositions génétiques (qui ne peuvent évoluer étant un
élément stable de la population).
Une seule exception existe, à notre avis, pour les
allergies alimentaires dues à des protéines de l'alimentation, en particulier
dues au laits d'animaux. L'analyse de cette allergie rejoint les observations
faites plus loin à propos des pathologies
auto-immunes d'intoxication.
La seule thérapeutique immunologique véritable
reconnue pour les allergies est la "désensibilisation". Les autres
thérapeutiques allopathiques ne sont là que pour bloquer les mécanismes de
dégranulation à diverses étapes ou pour neutraliser les médiateurs libérés. La
pratique et les explications du mécanisme de la désensibilisation prouvent à
quel point le raisonnement allopathique est désarmé lorsqu'il s'agit d'exprimer
en termes mécaniste un procédé strictement informationnel (voir § IV, niveau
5).
Le
troisième groupe rassemble les pathologies
auto-immunes que nous avons
réparties dans un but de simplification d'une part en maladies auto-immunes de
circonstances (réactions croisées, infections, etc..) dont l'apparition résulte
vraiment d'une erreur de reconnaissance du système immunitaire qui est trompé
et qui fonctionne avec une erreur "mécanique" et d'autre part en
maladies auto-immunes de "personnalité" . En effet, la maladie
auto-immune, énigme tant au plan étiologique qu'au plan de la thérapeutique
allopathique, met en jeu le principe même du système de reconnaissance: c'est
la "différence" qui est mal analysée par l'organisme. Il nous semble,
après étude de tous les niveaux de communication existant dans le système
immunitaire, que la "rupture de tolérance", c'est à dire l'erreur de
reconnaissance conduisant à une activation des clones de lymphocytes capables
d'attaquer les molécules du soi, peut se situer à trois étages différents
(figure 8).
La première rupture pourrait être due à un
phénomène d'"intoxication
antigénique", le plus fréquent car le plus facile à atteindre. Les
travaux de Jean Seignalet et sa thérapeutique de prévention par le régime
alimentaire sont à prendre en considération dans cette hypothèse. Le nombre des
protéines alimentaires "nouvelles" ne cesse d'augmenter puisque tout
le matériel nutritif muté ou transgénique va être "inconnu" pour
notre tube digestif. Il faut savoir qu'en plus des protéines
"directes" d'un composant tel que le lait se trouvent également des
composants de l'alimentation animale, dont l'origine parfois douteuse et dans
la plupart des cas artificielle va faire des laits, fromages et dérivés, un
élément très nocif pour les organismes sensibles. Les problèmes immunologiques
liés à l'absorption de ces protéines se retrouvent dans l'allergie alimentaire
au lait, si fréquente maintenant chez les enfants, et dans les patholmogies
auto-immunes d'intoxication. Celles-ci forment certainement la majeure partie
des pathologies auto-immunes guérissables par la diététique. Les autres sont
liées à d'autres phénomènes.
Le
deuxième risque de la rupture de tolérance se situe au niveau 4, lorsque par la
loi d'identité, l'organisme organise sa défense contre un agresseur qui possède des antigènes présents également dans
le soi (streptocoque A) ou qui va dénaturer certains auto-antigènes (diabète
juvénile, hépatite B ou C, etc..).
Le
troisième risque de rupture est plus subtil, d'un niveau très élevé, lié le
plus souvent à un stress psychique (deuil, peur, traumatisme, vexation etc...).
Il va se dérouler vers les niveaux inférieurs, faisant perdre à l'organisme sa
propre identification qui se traduit par un manque de discernement entre le soi
et ce qui est différent. Les relations entre le système psychique, le système
nerveux central et le système immunitaire sont multiples (Bédard, 1995) et le
résultat de cette perte d'identité, de discernement du soi amplifiée par toutes
les interactions à tous les niveaux vont provoquer une reconnaissance erronée,
une somatisation du stress, une immunodépression.
La
meilleure thérapeutique est sans doute une thérapeutique de
"ré-information" du sujet qui doit retrouver sa personnalité
psychique et biologique: l'homéopathie pratiquée dans une similitude très
profonde permet alors d'établir un nouvel équilibre du sujet, comme P.Servais a
pu l'observer. Les thérapeutiques non conventionnelles ont des atouts
supplémentaires puisqu'elles utilisent des moyens que l'organisme peut
comprendre et traiter.
Quant
aux vaccinations, on réalise avec la loi
d'identité que la meilleure protection sera toujours réalisée par
"l'identique" et non par des structures plus ou moins chimériques
comme les vaccins recombinants qui peuvent ne pas avoir de "sens"
pour l'organisme. Les règles de comportement du système immunitaire définies
dans la logique informationnelle nous aident à mieux analyser ce qui peut être
"entendu" et ce qui peut déclencher des réactions anormales ou
perverses comme certains vaccins recombinants.
Le
système immunitaire ne peut être assimilé à une mécanique protectrice : il est
avant tout informationnel. Sa fonction sémantique liée à la présence des
molécules de présentation en font une interface entre les objets et la
globalité. L'analyse détaillée du sémantique permet en effet d'en étendre les
lois au-delà du domaine psychologique où il était confiné, dans les réactions
fines des systèmes vivants, telles par exemple qu'elles se montrent dans les
phénomènes actifs des interactions immunologiques ou de l'homéopathie.
"Le monde
extérieur n'enseigne pas à l'organisme
ce qu'il est censé savoir; l'organisme doit lui-même créer du sens à partir du
monde extérieur, il n'existe aucune recette pour y parvenir" (Israel
Rosenfield, L'invention de la mémoire, Eschel , Paris,1990.
Références
Ahuja SK, Murphy PM. Molecular piracy
of mammalian interleukin 8 receptor type b by Herpes virus
Saimiri, J.Biol.Chem., 268: 20691-20694, 1993.
Alcami A., Smith G.L., a soluble
receptor for interleukin 1 b encoded by vaccinia virus: a novel mechanism of virus
modulation of the host response to infection, Cell, 71: 153-167, 1991.
Bastide M et Lagache A - The Paradigme of signifiers , Alpha Bleue, Paris,
1992.
Bastide M. Lagache A., Unité du
savoir, pluralité des méthodes: une introduction à la compréhension de
l'homéopathie, Esculape, N°9: 2-12, 1997.
Bastide M., Boudard F., A novel
concept of immunomodulation, in Forum sur
l'Immunomodulation, M.Guenounou Ed, John Libbey Publishers Paris, 303-316,
1995b.
Bastide M., Doucet-Jaboeuf M., Daurat
V, Activity and chronopharmacology of very low doses of physiological immune
inducers, Immunol. Today, 6: 234-235,
1985.
Bastide M., Immunological Examples on
Ultra High dilution Research, in Ultra
High Dilution, Physiology and Physics, Endler and Schulte Eds, Kluwer
Academic Publisher, Dordrecht, 27-33, 1994.
Bastide M., Lagache A, Lemaire-Missone
C. Le paradigme des signifiants: schème d'information applicable à
l'Immunologie et à l'Homéopathie, Revue
Intern. Systémique, 9 : 237-249, 1995.
Bastide M., Information and
Communication in living organisms, in: Fundamental Research in Ultra High
Dilution and Homeopathy, Schulte J and Endler C.Eds, Kluwer Academic Publisher,
Dordrecht, 229-239, 1998.
Bastide M., Lagache A. A new paradigm applied to high dilution
effects on the living body. in: C Taddei and P Marotta eds: High dilution effects on cells and
integrated systems. World Scientific Publ. Singapore, New Jersey, London,
1998.
Bastide M., Lagache A. Globalité et le
phénomène immunologique, Congrès de la Fédération Nationale des Sociétés
Médicales Homéopathiques de France, Nantes, 13-14 Mai 1999.
Bateson G.- Vers une écologie de l'esprit,.
Le Seuil (1980), Paris.
Beckman EM., Brenner MB., MHC class I-like, Class
II-like and CD1 molecules: distinct roles in immunity. Imm.Today, 16: 349-352,
1995.
Bédard M.A. et Godbout R. Sciences
cognitives et neuropharmacologie, Médecine/Sciences, 11: 1515-1517, 1995.
Bjorkman PJ, Saper MJ, Samaraoui B et al.. Crystal structure at 2.2 Å
resolution of the MHC molecule,
Nature,329, 506-512,1987.
Burmeister WP., Gastinel LN., Simister NE., Blum ML.,
Bjorkman PJ., Crystal structure at 2.2 Ä resolution of the MHC- related
neonatal Fc receptor, Nature, 372: 336-343, 1994.
Burmeister WP., Huber AH., Bjorkman PJ., Crystal
structure of the complex of rat neonatal Fc receptor with Fc, Nature, 372:
379-383, 1994.
Cal, F.Larue JC,
J.Guillemain, J.Cambar. Chronobiological approach of protective effects of
Mercurius corrosivus against mercury-induced nephrotoxicity. Ann. Rev.
Chrnonopharmacol.; 3 : 99-102, 1986.
Capron A. Le langage moléculaire des
parasites, Médecine/Sciences, 11: 431-439, 1995.
Chagnaud JL, Boureme A, Faiderbe S, Geffard M. Cancer Letters,60: 229-235, 1991.
Chagnaud JL, Faiderbe S, Geffard M.- (PAH XIII), P.Garrigues &M.Lamotte Eds,
Gordon and Breach Science Publishers , 663-672.1993a
Chagnaud JL, Faiderbe S, Gosset, Geffard M.-, (PAH
XIII), P.Garrigues &M.Lamotte Eds, Gordon and Breach Science Publishers ,
1119-1126.1993b
Chagnaud, J.L., Faiderbe, S. and Geffard, M., Effet
d'un anticorps monoclonal anti-idiotypique, image interne du benzo(a)pyrène sur
des sarcomes de rats, C.R. Acad. Sci.
Paris 316, 1266-1269, 1993.
Delbancut A,
Contribution à l'étude des effets de hautes dilutions de métaux vis-à-vis de la
cytotoxicité du Cadmium sur des cultures de cellules tubulaires rénales, Thèse
Université Bordeaux II, France, Juillet 1994.
Douzou P. Un rôle
"non traditionnel" de l'eau dans les systèmes et les régulations de
l'expression génétique , Médecine/Sciences, 10: 448-449, 1994.
Dron M., Geffroy V., Adam-Blondon AF.,
Chez les plantes aussi, les gènes font de la résistance, La Recherche, 26:
462-463, 1995.
Endler P C,
W.Pongratz, R.Van Wijk, F.A.C.Wiegant, K.Waltl, M.Gehrer, H.Hilgers, A
zoological example on ultra high dilution research. Energetic coupling between
the dilution and the organism in a model of amphibia,. In Endler PC, Schulte J
editors, Ultra High Dilution, Physiology and Physics. Dordrecht, Kluwer Academic Publisher, p 39-68,1994.
Endler P.C,
W.Pongratz, G.Kastberger, F.A.C.Wiegant, J.Schulte, The effect of highly
diluted agitated thyroxine on the climbing activity of frogs, J.Vet.Hum.Tox.;
36 : 56-59, 1994.
Endler P.C,
W.Pongratz, CW Smith, J.Schulte. Non-molecular information transfer from
thyroxine to frogs with regards to 'homeopathic' toxicology, J.Vet.Hum.Tox., 37 : 259-260 1995.
Endler PC, W.Pongratz,
C.W.Smith, J.Schulte, F.Senekowitsch, M.Citro, "Non molecular information
transfer from thyroxine to frogs", in Signal
and Images, M.Bastide Ed, Kluwer Academic Publisher, Dordrecht, 149-160,
1997,.
Faiderbe S, Chagnaud JL, Geffard
M.Cancer Research , 52: 2862-2865, 1992.
Faiderbe S., Chagnaud JL., Bastide M., Dorfman P.,
Geffard M., Preventive effects of a monoclonal anti-idiotypic antibody compared
to a hormetic model on rat sarcomas, Signal
and Images, M.Bastide Ed, Kluwer Academic Publisher, Dordrecht, 63-70,
1997.
Guennoun M, Boudard F, Cabaner C, Robbe Y., Dubois
J.B., Bastide M. Radioprotective effect of immunomediators in total body
irradiated BALB/c mice according to the season., Chronobiology International,
14: 60 (Sup 1), 1997.
Hadji L, B.Arnoux and
J.Benveniste, "Effect of dilute histamine on coronary flow of guinea-pig
isolated heart. Inhibition by a magnetic field". FASEB, n°7040, 1992.
Hoffman JA., Hetru C., Insect
defensins: inducible antibacterial peptides, Imm. Today, 13: 411-415, 1992.
Jacquier-Sarlin MR., Polla BS.,
Protéines de stress: soi, non-soi et réponse immune, Médecine/Sciences, 10:
31-41, 1994.
Kelsoe G., V(D)J hypermutation and receptor revision:
coloring outside the lines, Current Opinion Immunol., 11: 70-75, 1999.
Lagache
A - Echos du sensible.Alpha Bleue,
Paris, 1988.
Lagache A,"Notes on the
conceptual basis of Science", Signal
and Images, M.Bastide Ed, Kluwer Academic Publisher, Dordrecht, pp265-279,
1997a.
Lagache A,"What is
Information", Signal and Images,
M.Bastide Ed, Kluwer Academic Publisher, Dordrecht, 279-292, 1997b.
Lehrer RI., Ganz T., Antimicrobial
peptides in mammalian and insect host defence, Curr.Opinion Immunol., 11:
23-27, 1999.
Meller Y., Des protéines qui défendent
les plantes, La Recherche, 25: 334-335, 1994.
Pattus F., Les armes peptidiques de la
défense antimicrobienne: un champ d'investigation en pleine expansion,
Médecine/Sciences, 8: 420-422, 1992.
Pernollet J.C., Les élicitines,
alliées des plantes contre les parasites, La Recherche, 25: 82-84, 1994.
Porcelli SA., Segelke BW., Sugita M., Wilson IA.,
Brenner MB., The CD7 family of lipid antigen-presenting molecules, Imm.Today,
19: 362-368, 1998.
Ravetch JV, Margulies DH., New tricks for old
molecules, Nature, 372: 323-324, 1994.
Metalnikoff S., "Immunité
naturelle ou acquise des chenilles de Galleria mellonella, C.R.Soc.Biol., 83,
pp 278-280, 1920.
Straub R.H., Westermann J.,
Schlömerich J., Falk W. Dialogue between the CNS and the immune system in
lymphoid organs, Imm.Today, 19: 409-412, 1998.
Taylor-Reilly D, Taylor MA., Mc Sharry
C., Is homeopathy a placebo response ? Controlled trial of homeopathic potency
with pollen in hayfever as model, Lancet, 8512: 881-885, 1986.
Therre H., Immunologie des insectes,
un monde à part, Biofutur, p.12, Mars 1990.
Tisseyre H. Analyse et évaluation de la recherche fondamentale en Homéopathie:
proposition de critères méthodologiques. Thèse
Doctorat Pharmacie, Université Montpellier I, Novembre 1996.
Van Wijk R, M.Welters, J.A.Souren,
H.Ovelgonne, F.A.Wiegant. "Serum-stimulated cell cycle progression and
stress protein synthesis in C3H10T1/2 fibroblasts treated with sodium
arsenite", J.Cell.Physiology,
155, pp 265-272, 1993.